Les professeurs d’université Moïse Oladé Okunlola Lalèyè et Mohamed Chérif-Deen Rahimy ont officiellement lancé, mercredi 25 avril dernier à Cotonou, une œuvre d’analyse intitulée Le Cames : la nébuleuse qui entrave l’essor du Bénin et de l’Afrique. C’est une critique acerbe sur le fonctionnement de cette institution africaine.

« Une institution qui prône les titres et les grades à la place des compétences. Un véritable mal qui répand la médiocrité, l’inculture… ». C’est la conclusion à laquelle sont parvenus les professeurs d’université Moïse Oladé Okunlola Lalèyè et Mohamed Cherif-Deen Rahimy aux termes de leurs investigations sur le fonctionnement du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (Cames). Ils ont co-rédigé à cet effet un ouvrage d’analyse intitulé Le Cames : la nébuleuse qui entrave l’essor du Bénin et de l’Afrique.

Dans cette œuvre scientifique, les deux universitaires présentent un éventail des maux, des irrégularités, des pratiques nébuleuses qui déshonorent l’institution. De l’absence de textes fondamentaux à l’absence de critères d’appréciation objectifs pour l’évolution des enseignants et la reconnaissance des diplômes en passant par des guerres de leadership, les auteurs peignent en noir le fonctionnement du Cames. Ils portent également des griefs contre les enseignants béninois qui cautionnent de telles pratiques et les enseignants lésés qui, par crainte, préfèrent subir le mal en silence. Face à cette situation, les auteurs appellent les autorités à des actions urgentes pour que les valeurs intellectuelles béninoises ne subissent plus les affres du Cames. Les deux professeurs d’université soutiennent d’ailleurs qu’aucun texte ne prouve la ratification du Bénin au Cames. L’institution ne disposant pas, selon eux, de textes fondamentaux, ils proposent alors que les nations africaines installent des structures au plan national, pour porter leurs fils qui ont du mérite intellectuel ».
Présenté par le journaliste chroniqueur Thanguy Agoï, l’ouvrage a été lancé en présence de professeurs d’université qui y ont apporté leurs appréciations. A en croire les auteurs, c’est pour que cesse cette mystification du Cames que l’œuvre a été publiée. « C’est pour que ça s’arrête. Ce n’est pas une rébellion par rapport au Cames. C’est une analyse de ce qui s’y passe », a clarifié l’enseignant à la Faculté des sciences de la santé (Fss), Mohamed Chérif-Deen Rahimy. « Nous n’affirmons pas que tout ce qui vient du Cames est mauvais. Mais l’institution elle-même est mauvaise. Et nous en avons les preuves », a soutenu, pour sa part, Moïse Oladé Okunlola Lalèyè, enseignant de droit et de science politique.

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