La mayonnaise de la reprise des classes dès ce mardi 10 avril n’a pas correctement pris à Porto-Novo. Et ce, en dépit de l’appel lancé par la Confédération des syndicats autonomes du Bénin (Csa-Bénin), la Confédération générale des travailleurs du Bénin (Cgtb) et la Centrale des syndicats unis du Bénin (Csub) qui ont suspendu leur motion de grève déclenchée depuis le 16 janvier dernier. Un tour de ville hier dans les écoles et collèges a permis de faire ce constat.

Les activités sont au ralenti dans la plupart des établissements visités. Le mouvement de grève est maintenu dans les collèges d’enseignement général de Djassin, de Bio Guerra et au Lycée Béhanzin de Porto-Novo. Les cours n’ont pas encore atteint leur vitesse de croisière. Seuls les professeurs vacataires et de rares enseignants permanents étaient au poste et dispensaient les cours aux élèves. Mais leur effectif était très insignifiant par rapport au nombre attendu.
La situation est plus criante dans les écoles primaires où la plupart des salles sont fermées. D’autres étaient ouvertes mais sans enseignants et les écoliers étaient laissés à eux-mêmes. Ce constat a été fait dans plusieurs écoles primaires dont le complexe scolaire public Ouinlinda et à l’Ecole urbaine centre de Porto-Novo. Quelques enseignants rencontrés sur les lieux expliquent la poursuite du mouvement de grève par le fait que les centrales et confédérations syndicales habilitées n’ont pas lancé d’appel à la suspension et à la reprise du chemin de l’école. Ils attendent le mot d’ordre de la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (Cstb) et surtout du Front des trois ordres d’enseignement avant de reprendre. Ce qui passe par la satisfaction des revendications des enseignants et la rétrocession des fonds défalqués aux grévistes sur les salaires du mois de février dernier pour fait de grève, insistent-ils.
Cette position de durcissement de la grève a été martelée par les enseignants surpris en assemblée générale hier à l’Ecole urbaine centre. Ils disent être vraiment décidés à aller jusqu’au bout, accusant de « haute trahison » les secrétaires généraux des centrales syndicales ayant suspendu la motion de grève. « La grève aujourd’hui, c’est la base et non les centrales et confédérations syndicales. C’est nous autres à la base qui conduisons le mouvement », précise Joseph Aïmassè, président du collectif des travailleurs en lutte de l’Ouémé/Plateau, pour montrer comment la situation a échappé complètement aux secrétaires généraux des organisations syndicales faîtières.

 

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