L’appel à la reprise des classes dans les établissements scolaires publics à partir de ce mardi 10 avril, n’a pas reçu un écho favorable à Parakou et ses environs. Après avoir tourné en dérision les trois centrales et confédérations qui l’ont lancé, les enseignants ont préféré se retrouver en assemblée générale à l’Epp Ocbn, pour décider de la poursuite de leur mouvement. 

Tel un coup d’épée dans l’eau, le mot d’ordre de suspension de la grève et d’appel à la reprise des classes annoncé par la Csa-Bénin, la Cgtb et la Csub, n’aura produit aucun effet à Parakou et ses environs. Les établissements scolaires publics sont restés fermés, qu’il s’agisse des écoles maternelles ou du cours primaire, puis dans les collèges et lycées. Dans les rangs des apprenants, rares parmi eux sont ceux qui ont également effectué le déplacement. Ils n’ont pas voulu se gêner. Pendant ce temps, leurs enseignants réunis au sein du Front d’actions des trois ordres de l’éducation dans le Borgou ont préféré se retrouver à l’Epp Ocbn, pour une assemblée générale extraordinaire.

Ils ont décidé de la non-reprise des activités pédagogiques, sans la satisfaction totale de leurs revendications par le gouvernement. « Toutes les portes des établissements scolaires resteront hermétiquement fermées jusqu’à nouvel ordre », a menacé le secrétaire du Front des enseignants du Borgou, Rachidi Karim. Ces enseignants estiment ne pas être concernés par cette suspension de la motion décidée par les trois organisations syndicales. « Lors des assemblées organisées en janvier, des clauses avaient été signées. Il avait été convenu que, quelle que soit la tournure que va prendre les évènements, on devrait descendre à la base pour poser les problèmes et prendre l’avis de tout le monde », a rétabli Rachidi Karim. « Cette manière unilatérale de lever ou de suspendre la motion n’a pas rencontré l’assentiment des enseignants. Une chose est sûre, c’est le gouvernement qui décidera de ce que sera la couleur de l’année. Les enseignants ont déjà joué leur partition et démontré leur bonne foi », a-t-il poursuivi.
Pour le secrétaire général départemental du Syndicat national des enseignants du Bénin, Fidèle Logbo, ce ne sont pas ces trois centrales qui ont mis les enseignants en mouvement. C’est plutôt le Front qui, jusque-là, ne s’est pas encore prononcé. Selon Fidèle Logbo, la levée de la motion qu’elles ont annoncée, lundi 9 avril dernier, ne pouvait produire aucun effet. « Notre souhait, ce n’est pas que l’année soit blanche, mais que le gouvernement permette qu’on s’entende sur le minimum afin que les activités pédagogiques reprennent », a confié ce responsable syndical.
Le porte-parole du Front d’actions dans le Borgou, Maurice Fadégnon, abondera dans le même sens. Il a appelé le gouvernement à vite prendre langue avec les responsables du Front afin qu’une porte de sortie honorable de crise puisse être rapidement trouvée, pour sauver année scolaire en cours.

Évaluer cet élément
(0 Votes)
Lu 683 fois