La suspension de la motion de grève par la Csa-Bénin, la Cgtb et la Csub est loin d’avoir fait son effet dans les établissements scolaires de Natitingou. Les salles de classe sont restées fermées comme l’a voulu la coordination départementale des syndicats de l’Atacora.

Cours primaires et secondaires déserts. Les enseignants de la commune de Natitingou n’ont pas suivi le mot d’ordre de suspension de la grève lancé par les centrales syndicales Csa-Bénin, Cgtb et Csub, lundi 9 avril dernier. Les cours ne se sont pas déroulés dans tous les écoles primaires et collèges publics. Aussi bien au complexe scolaire de Ourbouga, à l’école urbaine centre que dans les trois collèges de la ville, l’heure était à la trêve. Pas grand monde au rendez-vous si ce n’est le personnel administratif ou la direction. 

Au Ceg III, dans les rangs des vacataires, c’est une surprise que de devoir retourner sur leurs pas. Eux dont les arriérés de salaires viennent d’être payés ne pourront point vaquer à leurs occupations. « Nous devrions reprendre les cours ce matin mais grand est notre étonnement de constater que les élèves ont été renvoyés chez eux. Nous allons devoir rentrer chez nous et attendre le dénouement effectif de cette crise », confie l’un d’eux ayant requis l’anonymat. Comme le confirmera également la direction de cet établissement scolaire, les cours n’ont pas pu se tenir par le fait des enseignants titulaires. Ces derniers, au nom de la lutte syndicale, auraient intimé l’ordre aux élèves de rentrer. Un comportement que déplore la direction du collège vu que la situation n’est guère reluisante. Déjà, le collège a enregistré par le fait de cette lassante grève dix cas de grossesses dans les rangs des filles. De fâcheux revers qui affectent la directrice. « Que Dieu touche le cœur de nous tous pour la reprise normale des cours ! » prie-t-elle.
A défaut de prendre le chemin des classes, les enseignants se sont réunis en assemblée générale à l’école urbaine centre sous l’égide du collectif des secrétaires généraux des syndicats de l’Atacora. Tels des insurgés, ils admonestent les responsables de la Csa-Bénin, de la Cgtb et de la Csub pour avoir levé la motion de grève sans avoir fait recours à la base qu’ils constituent. « Les apprenants n’ont rien à gagner de leur décision puisqu’il revient à la base de décider. Il ne sert à rien de reprendre les cours pour connaître encore les mêmes déboires. Qu’on règle pour de bon les problèmes que nous posons », affirme, l’air courroucé Félix Okotè, membre de la Coordination départementale des syndicats de l’Atacora.
La tension monte par ailleurs dans la salle où se tient l’assemblée générale à tel point que certains en sont venus à mettre feu aux fanions et emblèmes des centrales sur la cour de l’école. Un acte applaudi vigoureusement.
Passé ce tumulte, une déclaration du Collectif des secrétaires généraux communaux et départementaux des Enseignements maternel, primaire et secondaire de l’Atacora a été lue.
Selon Daniel Gnami, membre de ce collectif, la grève démarrée le 27 novembre 2017 et généralisée le 16 janvier 2018, a été levée par des secrétaires généraux de certaines centrales sans conviction de lutte syndicale sans que la couche enseignante n’obtienne la signature des arrêtés d’application des statuts particuliers, l’indexation du point indiciaire, la sédentarisation des vacataires qui sont à plus de 80%, le reversement des enseignants contractuels locaux en attente de contrat depuis plus de 10 ans, la parution des actes de reclassement et d’avancement, le payement des 5% impayés des 25 %, le transfert des cotisations des agents contractuels de l’Etat (Ace) de la Cnss au Fnrb.
Aussi les enseignants de l’Atacora déclarent-ils que la motion de suspension de grève de ces trois secrétaires généraux n’engage qu’eux seuls. Ils demandent donc au gouvernement de rétrocéder la défalcation, point d’achoppement, pour la reprise des négociations et promettent continuer la lutte avec les fédérations et confédérations syndicales qui poursuivraient la grève jusqu’à satisfaction totale des revendications. Par ailleurs, ils recommandent au collectif départemental de prendre ses dispositions pour poursuivre la grève en cas de déception au niveau national.

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