La suspension de la motion de grève par trois centrales et confédérations syndicales, depuis ce lundi 9 avril 2018, devrait ralentir l’élan de la grève dans les secteurs d’activités paralysés, notamment l’enseignement. Mais le constat au niveau des écoles ce mardi laisse perplexe. Le Front d’action des syndicats de l’éducation (Front) maintient sa motion de quatre-vingt-seize heures, se désolidarisant une deuxième fois des centrales et confédérations syndicales.

« En réalité, contrairement à ce que pensent plusieurs personnes, le Front ne dépend pas des centrales et confédérations syndicales. Il jouit d’une totale autonomie organisationnelle et fonctionnelle et n’entretient avec ces dernières que des relations de coopération ». Ainsi se sont expliqués les porte-paroles du Front, Jean Adadja et Eric Roméo Pethos, dans une déclaration en date du lundi 9 avril dernier. Par cette déclaration, le Front prend une deuxième fois ses distances d’avec les centrales et confédérations syndicales qui ont levé leur motion de grève. 

En effet, le 6 mars dernier, le Front a introduit sa propre motion de grève de quatre-vingt-seize heures, se passant ainsi de celle de soixante-douze heures lancée par les secrétaires généraux des centrales et confédérations syndicales.
La suspension de la motion de grève par la Confédération générale des travailleurs du Bénin (Cgtb), la Confédération des syndicats autonomes (Csa-
Bénin) et la Confédération des syndicats unis du Bénin (Csub) le lundi dernier pour dire non à une année blanche a fait réagir le Front. A travers sa déclaration, ce regroupement de syndicats d’enseignants (cinquante-cinq secrétaires généraux au total) a indiqué qu’il était toujours à une motion de quatre-vingt-seize heures, tacitement reconductible, toutes les semaines depuis le 6 mars dernier,qui ne saurait être suspendue sans une consultation de la base.
Les porte-paroles du Front expliquent que les centrales et confédérations syndicales sont signataires d’une motion de soixante-douze heures qui porte les revendications transversales à tous les secteurs d’activités alors que la leur est relative aux revendications spécifiques aux enseignants. Entre autres, ils signalent l’application sans délai des décrets n°2015-592 et n°2015-593 du 21 novembre 2015 portant respectivement statuts particuliers des corps des personnels enseignants de l’enseignement du second degré, et statuts particuliers des corps des personnels enseignants de l’enseignement du premier degré notamment l’indexation des salaires des enseignants de la maternelle, du primaire et du secondaire, la jouissance effective des avantages contenus dans les huit premiers projets d’arrêtés dont l’incidence financière a été déjà évaluée dans les deux sous-secteurs, la régularisation de la situation administrative et financière des différentes catégories d’enseignants de la maternelle, du primaire et du secondaire, le règlement de tous les problèmes de formation et l’achèvement des différents reversements en Ace et en Ape, la signature du nouvel arrêté portant modalité de recrutement et d’emploi des enseignants vacataires, le relèvement effectif du taux horaire de vacation conformément aux propositions retenues lors des travaux de la dernière commission interministérielle mise sur pied par arrêté n°566/Mestfp/Dc/Sgm/Daf/Sa du 04 décembre 2017 et le recrutement d’enseignants prévu au titre de l’année 2018 au profit du Memp et du Mestfp…Le Front invite le chef de l’Etat à jouer sa partition au plus tôt pour sortir l’école béninoise de cette crise dans laquelles elle s’enlise et qui risque d’être fatale pour tout le peuple.

Assemblée générale improvisée de la Cstb

Les militants de la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (Cstb) ont convoqué tard dans la nuit du lundi dernier, une assemblée générale ‘’improvisée’’, d’après la secrétaire générale adjointe, Mathurine Sossoukpè, professeure certifiée. La rencontre a mobilisé tous les secrétaires généraux départementaux à l’école primaire publique Gbégamey Sud, ce mardi 10 avril 2018. Il s’agit en premier lieu, d’après la syndicaliste, de faire le point des tractations qui ont eu lieu tout au long de la grève et également de présenter l’évolution de la grève puis enfin la suspension de la motion de grève par trois centrales. Cet acte consiste à fragiliser le mouvement en cours, a affirmé Mathurine Sossoukpè, Sga/Cstb, prétextant que la Cgtb, la Csa et la Csub ont « trahi » les travailleurs. « Nous faisons la grève pour sauver l’école béninoise, nous faisons la grève pour que le système sanitaire soit revu… », a-t-elle indiqué, toute furieuse, soutenue par des acclamations des militants remontés et décidés visiblement à poursuivre la grève jusqu’à la satisfaction totale des revendications.

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