L’ambassadrice de bonne volonté de l’Unicef, Angélique Kidjo ne se lasse pas d’appuyer l’éducation des enfants. A la faveur d’une conférence de presse, ce mardi 8 octobre, suite à une tournée dans le Centre et le Nord-Bénin, elle a réaffirmé sa détermination ‘‘sans répit’’ à œuvrer pour la scolarisation et le maintien des enfants à l’école.

Les enfants du centre et du Nord sont au cœur de la tournée de l’ambassadrice de bonne volonté de l’Unicef, Angélique Kidjo. En visite dans son pays d’origine depuis quelques jours, elle s’est rendue dans ces différentes localités afin de s’imprégner de leurs réalités. Trois étapes principales marquent sa tournée : la distribution des Toms Shoes aux enfants de la 6e en 3e, la réception officielle du document de plaidoyer intitulé, « le Bénin dont rêvent les enfants » et la visite d’un foyer d’enfants victimes de violences au Nord.
Le constat qu’elle fait au terme de son périple la laisse pantoise : « C’est toujours difficile pour moi d’évoquer la douleur des enfants ; ils souffrent aux mains des adultes censés les protéger ».
« Il existe beaucoup de traumatismes et de  violations des droits des enfants dans notre pays. J’ai vu des enfants, victimes de violences dont les parents en sont les auteurs », déplore-t-elle.
L’ambassadrice de bonne volonté de l’Unicef y était surtout en tant que mère et éducatrice. « Beaucoup d’entre eux ont des rêves. Je les ai écoutés. Ils ont compris à leur âge d’innocence qu’ils sont responsables d’eux-mêmes. Nous devons les encourager et les protéger », exhorte-t-elle.
« Le seul métier dont on ne prend jamais de retraite, c’est l’éducation des enfants », conseille-t-elle.
Elle insiste sur la sensibilisation, l’alphabétisation et l’éducation des parents, en touchant surtout la fibre sensible des hommes pour sortir les enfants de l’abîme. « Il faut toucher les hommes pour qu’ils comprennent l’ampleur des violences. Tant qu’ils ne comprendront pas ce que signifient des rapports sexuels sans consentement, la sexualité dans la douleur, ils vont toujours se réfugier derrière leur masque ».
Selon elle, il est temps que les femmes cessent de se résigner. « Les femmes africaines sont les colonnes vertébrales du continent…Imaginez nos pays sans elles ! On ne peut pas être asservie à un homme et accepter de souffrir. Etre une femme, c’est aimer et aider ses enfants à grandir, c’est porter toute une famille, quel que soit le prix à payer », indique-t-elle.

Actions solidaires

La star internationale appelle à une action urgente et collective en faveur des enfants. « Chaque jour qu’on perd, c’est un enfant qu’on perd. Si on mettait ensemble tous les efforts et ressources du pays, on arrivera à résoudre le problème », dit-elle en lançant cet avertissement : « Si nous n’impactons pas la vie des jeunes filles, nous risquons d’avoir des problèmes dans le futur ».
Pour Angélique Kidjo, la responsabilité des médias est aussi engagée : « Vous devez aller dans les communautés par moments pour vous imprégner de leurs réalités ; soyez participants dans le changement que vous avez envie de voir pour les enfants et pour votre pays ».
Mais avant, elle insiste sur le rôle de l’Etat. « Chacun d’entre nous a le devoir de veiller au respect du droit des enfants. Si on est incapable de protéger, d’aimer et d’accompagner les enfants, notre société va s’écrouler. Les traditions doivent suivre l’évolution du monde », insiste-t-elle.
Depuis 2002 où elle s’est revêtue de son manteau d’ambassadrice de bonne volonté de l’Unicef, son engagement en faveur des enfants est resté entier: « Je ne dormirai pas tranquille tant qu’il y aura un enfant dans le monde qui souffre. Ceux que j’ai vus me donnent le courage d’aller partout dans le monde pour défendre leurs droits », assure-t-elle.
La diva de la musique béninoise salue tout de même les efforts de l’Unicef sur le terrain. « L’Unicef fait des progrès en s’alliant aux communautés et aux décideurs ». Reste à chacun d’accompagner l’élan de l’institution.

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