Le Laboratoire d’analyse régionale et d’expertise sociale (Lares) organise du 8 au 21 octobre à Cotonou, la quinzaine de l’éducation des filles au Bénin. Divers acteurs intervenant dans la scolarisation et l’éducation des filles, des partenaires techniques et financiers sont attendus à cette quinzaine pour faire avec le Lares, le bilan de 18 ans d’intervention dans ce secteur.  

Le Laboratoire d’analyse régionale et d’expertise sociale (Lares) est un laboratoire privé de recherche qui intervient depuis 30 ans au Bénin et dans la sous-région dans  trois principaux secteurs que sont l’agriculture, le développement territorial et l’éducation. Depuis 18 ans, en partenariat avec la Coopération suisse, ce laboratoire a fait ses preuves en matière de promotion de l’éducation des filles. Plusieurs projets ont été conduits et ont « permis de couvrir 33 communes avec des objectifs variés qui tiennent compte des leçons apprises du contexte, tout en s’arrimant aux politiques nationales de l’éducation et du genre. Aujourd’hui, 18 ans après, des résultats majeurs ont été obtenus avec des effets assez visibles », révèle Dr Esther Adimi, coordonnatrice des projets éducation au Lares. La quinzaine qu’organise sa structure depuis mardi 8 octobre donne l’opportunité de partager les acquis capitalisés. Une aubaine, d’autant plus que « nous sommes au démarrage de la mise en œuvre du Plan sectoriel pour l’éducation (Pse) 2018-2030 dans lequel, l’éducation des filles et la qualité de l’éducation sont de grands défis à relever », apprécie-t-elle. Dr Esther Adimi se dit aussi convaincue que les bonnes pratiques capitalisées au cours de cette expérience pourront contribuer à l’opérationnalisation du Pse.
Si aujourd’hui, le Lares peut se vanter d’un tel bilan, c’est parce que depuis 2000, il a fait de l’éducation des filles son cheval de bataille avec l’appui technique et financier de la Coopération suisse à travers la mise en œuvre de programmes et projets visant à contribuer au développement équilibré des localités béninoises, rappelle de son côté, le professeur Servais  Afouda, représentant le directeur du Lares. Aujourd’hui, « nous sommes à l’heure du bilan de ces nombreuses années d’efforts, de soutien, de conception, d’initiatives, d’orientation et même d’insertion professionnelle de nos filles », estime-t-il. Ce qui est certain, selon ses explications, c’est « un bond assez considérable en terme d’amélioration de la rétention des apprenants, mais aussi en matière de qualité de l’éducation ».  

Des actions urgentes à mener

Autant que les responsables du Lares, la Coopération suisse, bras financier et appui technique de cette longue marche vers l’amélioration de l’offre éducative, a des raisons d’être satisfaite. C’est une longue expérience dont les fruits méritent d’être partagés et le seront à l’occasion de cette quinzaine, dira à l’ouverture des travaux, Valérie Liechti, représentante résidente de la Coopération suisse. Plus précise, elle souligne qu’au Bénin, « s’il est à constater qu’il y a très peu de différence dans les chances d’accéder en première année du primaire pour les filles et les garçons, il est à noter que ce constat s’amenuise au fur et à mesure que nous évoluons dans le cursus scolaire ». Pour preuve, illustre-t-elle, l’indice de parité sur le taux brut d’accès qui est respectivement de 0,98 en sixième, de 0,77 en troisième et de 0,48 en Terminale.    
Dans l’enseignement technique, les filles représentent 26% des effectifs scolarisés dans le public et sont plus présentes dans les filières hôtellerie, restauration et médico-sociale, souligne ensuite Valérie Liechti qui appuie son intervention par d’autres chiffres plus indicatifs sur le secteur. Finalement, plaide-t-elle, cet état des lieux fait appel à « des actions urgentes à mener pour améliorer de façon significative les différents taux et réduire les disparités de genre par sous-secteur du système éducatif au Bénin ».
L’œuvre de ces deux organisations est saluée par Jean-Benoît Alokpon, directeur de cabinet du ministère des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle. Grâce à elles, reconnaît-il, la situation en ce qui concerne l’éducation des filles a été améliorée et la réduction des inégalités de genre connaît des avancées. Son vœu, c’est qu’au cours de cette quinzaine, les acquis, , les bonnes pratiques et les leçons apprises soient partagés avec tous les acteurs du système éducatif béninois.  
La quinzaine de l’éducation des filles au Bénin prend fin le 21 octobre prochain.

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