Des acteurs institutionnels se sont retrouvés en atelier, ce mardi 10 septembre, à Cotonou, autour de l’état des lieux du delta du bassin de l’Ouémé. Les problématiques liées à la gestion des ressources en eau ont été passées au peigne fin et des propositions recueillies pour inverser les tendances négatives, tel que prévu dans le programme OmiDelta.

Pression accrue sur les ressources en eau et les terres ; salinisation des eaux de surface et souterraines; épuisement des ressources halieutiques ; conflits d’usage de l’eau ; érosion côtière accrue ; inondations pluviales et fluviales, sécheresses, vents violents ; pollutions des eaux … Le rapport sur l’état des lieux du delta de l’Ouémé et de la zone côtière est sans ambages : les menaces des eaux continentales et océaniques sont prégnantes et appellent à des solutions idoines pour inverser ces tendances négatives.
Réalisée par l’Institut national de l’eau (Ine) dans le cadre d’une étude globale relative à la planification et à la gestion des ressources en eau du delta de l’Ouémé et de la zone côtière intitulée « Plan Delta », l’analyse diagnostique a fait, hier à Cotonou, l’objet d’un atelier de concertation entre les acteurs étatiques (administration publique, collectivités), après celui des parties prenantes à la base tenu le 25 juillet dernier. Il était question d’informer les participants sur les résultats de l’étude, de recueillir leurs commentaires et observations sur les enjeux et défis du delta de l’Ouémé, afin qu’ils soient mieux imprégnés des problématiques et surtout de leurs rôle et responsabilités dans la réduction des menaces des eaux, a indiqué Philippe Armand Adjomayi, directeur général de l’Eau, à l’entame des travaux.
Vallée la plus riche au monde après le Nil, le bassin de l’Ouémé présente une importance particulière pour le Bénin tant par la superficie qu’il occupe que par ses diverses possibilités d’aménagement, fait observer le professeur Abou Youssouf, secrétaire général adjoint du ministère de l’Eau et des Mines. S’étendant de
Zagnanado jusqu’à la côte sur une superficie de 2520 km2, soit 2 % de la superficie nationale, le delta de l’Ouémé qui comprend dix-huit communes, est très peuplé (plus de 3 millions d’habitants) et à fort potentiel agricole (70 000 ha dont 30 % seulement exploité). Il mérite une étude approfondie au regard de son importance, a laissé entendre M. Abou pour justifier le bien-fondé de l’étude initiée dans le cadre de la composante Gestion intégrée des ressources en eau (Gire) du programme OmiDelta 2017-2021 financé par la République du Bénin avec l’appui du Royaume des Pays-Bas. Il est question de faire face à la problématique de la disponibilité de l’eau, de sa gestion et de son utilisation pour le développement socioéconomique dans un contexte de ressources limitées, précise l’expert Eau, Michiel Smet, premier secrétaire de l’ambassade des Pays-Bas près le Bénin.
Présentant la synthèse de l’état des lieux et des évolutions tendancielles du delta, première étape de l’étude, le directeur de l’Ine, le professeur Mama Daouda, a insisté sur les difficultés liées au faible niveau de gestion de l’eau (connaissance, suivi, planification et application de la réglementation) ; à la répartition inégale des ressources en eau dans le temps et dans l’espace en l’absence d’ouvrages de régulation et au faible niveau de développement économique du Bénin. Les menaces résultent de la forte croissance de la population qui va doubler à l’horizon 2030 et de la forte urbanisation avec comme corollaire l’augmentation des pollutions et des effets du changement climatique, souligne le rapport. Comment utiliser les eaux et les terres du delta de façon rationnelle tout en préservant les écosystèmes en vue d’un développement
socioéconomique sûr et durable? Tel est le défi majeur qui ressort de l’analyse diagnostique préliminaire sur le delta qui, s’il est bien géré, peut être un moteur de croissance et de développement du Bénin à travers l’agriculture, l’agro-industrie, les services et le tourisme.

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