Vacances scolaires riment souvent avec distraction et plaisir. Le sexe ne manque pas au menu des activités, mais non sans conséquences. Prudence et vigilance doivent donc être de mise au niveau des vacanciers et des parents pour éviter l’irréparable.

Les vacances scolaires, période de repos et de distractions de tous genres ! Moment idéal pour les sorties, les découvertes, les loisirs mais aussi les vices. Le sexe ne fait pas exception aux nombreuses expériences des adolescents et jeunes durant cette période. Les moins avertis n’hésitent pas à tenter l’aventure qui se révèle parfois désastreuse pour certains d’entre eux, avec des cas de grossesses précoces.
On estime à plus de trois mille, le nombre d’élèves ayant contracté une grossesse en 2017. Les mesures correctives prises par le gouvernement en 2018 et 2019 ont quelque peu contribué à freiner le phénomène.
« C’est une évidence que les vacances constituent une période favorable à la survenue des grossesses et des Ist chez les jeunes filles », explique Nafissath Hounkpatin, sage-femme d’Etat et bloggueuse de la plate-forme Iléwa qui s’intéresse à la question.
Elle lie le phénomène à quatre principaux facteurs. Primo, elle estime que pendant les vacances, certains enfants se retrouvent sans occupations et donc se permettent toutes ‘’les folies’’. Le climat frais de la période s’y ajoutant, d’autres n’hésitent pas à chercher refuge ou de la chaleur auprès de leurs camarades du sexe opposé.
Le second facteur est lié au changement de cadre de vie de certains enfants ; ce qui les expose davantage au sexe, car les parents exercent moins de contrôle sur eux.
Tertio, la sage-femme évoque la défaillance de l’éducation sexuelle. « Les adolescents et jeunes ne sont pas assez préparés pour mieux gérer leur sexualité et affronter sainement les réalités auxquelles ils font face en la matière », signale-t-elle.
Le quatrième facteur tient à la pauvreté et à la démission des parents. « Parfois, les parents n’arrivent pas à subvenir aux besoins primaires de leurs enfants, les laissant à leur propre compte », se désole-t-elle.
La période des vacances rime également avec la découverte de la sexualité dans les rangs des jeunes, car ils sont avides de nouveautés et d’expériences. Cela les pousse parfois à agir de manière imprudente. La spontanéité des rapports sexuels peut les amener dans des situations déplorables en particulier les filles qui contractent les grossesses non-désirées conduisant à une interruption de celles-ci ou à un accouchement, alors qu’elles ne sont pas encore adultes. C’est le cas des filles-mères ou des élèves-mères que l’on déplore.
Plusieurs jeunes filles, épine dorsale de la société, sont malheureusement retirées du processus scolaire avant terme, du fait des grossesses précoces. C’est un phénomène dangereux dans la mesure où il désorganise la vie des victimes. Pour celles qui ont la chance de poursuivre les cours après la maternité, c’est malheureusement avec des années de retard.  
« Chaque année, dans les pays en voie de développement, 70 000 adolescentes meurent des causes liées à la grossesse et l’accouchement et la mortalité périnatale est de 50 % plus élevée parmi les enfants nés de mères âgées de moins de 20 ans que parmi ceux de mères âgées de 20 à 29 ans », renseigne l’Unicef.

Des précautions

« Si nous n’agissons pas, le nombre de filles-épouses doublera d’ici 2050 et l’Afrique deviendra la région ayant le plus grand nombre de filles-épouses au monde », lance l’Unicef aux Etats partie des Objectifs de développement durable (Odd) et de l’agenda 2063 de l’Union africaine.  
La sage-femme Nafissath Hounkpatin se veut plus précise. Elle indique quelques pistes pour permettre aux jeunes de passer de saines vacances. La première clef est le dialogue parent-enfant. « Il importe que les parents profitent des vacances pour instaurer le dialogue avec leurs enfants en matière de sexualité, apprendre à mieux les connaître tout en respectant leur intimité », conseille-t-elle.
Elle suggère également aux parents d’inscrire leurs enfants à une formation de vacances (informatique, anglais, cuisine…) et de les encourager à découvrir d’autres passions (danse, karaté, musique ...).
Eviter les grossesses non désirées et les Ist pendant les vacances revient, par ailleurs, à s’inscrire à la bibliothèque, à faire du sport ou à faire des jobs de vacances), indique la bloggueuse de la plate-forme Ilèwa.  
Avec l’évolution de la technologie, les parents ont du mal d’ailleurs à contrôler leurs enfants.
Pour soutenir les efforts des acteurs en matière de lutte contre les grossesses précoces, l’éducation civique doit être également promue pendant les vacances en vue d’endiguer le phénomène.

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