Par Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau

Après plus de dix ans de crise, les deux camps protagonistes du culte Egungun dans la ville de Porto-Novo fument enfin le calumet de paix. Ils ont matérialisé leur unité ce mercredi 10 juillet, par la mise sur pied d’un Bureau transitoire consensuel, sous l’égide du préfet de l’Ouémé, Joachim Apithy.

Plus rien ne sera comme avant dans le culte Egungun dans la ville de Porto-Novo. La crise qui oppose depuis plus d’une décennie les dignitaires de ce culte avec d’un côté le Suprême conseil des adeptes du culte Egungun (Scace) et d’un autre, l’Association des adeptes Egugun Yoruba du Bénin (Aaeyob), est depuis ce mercredi 10 juillet, un vieux souvenir. Les deux camps protagonistes de ce différend décident de voir désormais dans la même direction. Ils enterrent la hache de guerre et mettent sur pied un Bureau transitoire consensuel pour un mandat d’un an. Lequel bureau a été installé hier par le préfet de l’Ouémé, Joachim Apithy, grâce à l’implication de qui cette crise a été enfin dénouée. Le bureau transitoire est composé de 13 membres et est présidé par Saïdou Agbantou. Il a été matérialisé par l’arrêté 2019 N°10-113/Sg/Sag/Sa du 10 juillet 2019 portant mise en place d’un bureau transitoire consensuel de gestion des affaires administratives du culte Egungun dans la ville de Porto-Novo. L’acte précise que ce bureau unique est mis sur pied pour des nécessités de maintien d’ordre. Ce bureau est chargé de liquider les affaires courantes et de procéder à l’élaboration des textes fondamentaux devant régir le culte Egungun dans la ville capitale et environs. Le préfet Joachim Apithy a expliqué le contenu des dispositions de l’arrêté avant d’inviter tous les dignitaires du culte Egungun à les respecter pour que tout se passe bien. L’autorité préfectorale interdit désormais le culte des Egungun les jours ouvrables dans la ville de Porto-Novo sauf cas de force majeure qui doit être spécialement autorisé par le maire avec le concours du commissaire central de Porto-Novo. Mieux, poursuit le préfet, il ne peut avoir de culte d’Egungun au-delà de 19h dans la ville de Porto-Novo. Le bureau transitoire est chargé également de faire prendre aux responsables des couvents une autorisation signée du maire avec ampliation au directeur départemental de la Police républicaine avant toute manifestation d’Egungun dans la ville capitale. « Il faut que vous soyez disciplinés et honorer dignement votre fétiche », souligne Joachim Apithy. L’autorité préfectorale est revenue sur le début de sa médiation qui est partie, dit-il, d’un message radio en date de 29 octobre 2018 adressé à tous les préfets de département par le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique au sujet des conflits entre les dignitaires de culte Egungun dans plusieurs villes du Bénin avec une guerre de leadership en toile de fond. Un second message a été envoyé le 15 février dernier. Joachim Apithy dit avoir convoqué une réunion d’urgence avec les différentes tendances du culte Egungun qui a abouti à la mise sur pied d’un comité paritaire pour le règlement de la crise. Ce comité paritaire composé des représentants des deux protagonistes de la crise, de la mairie et de la Préfecture a fait son travail. L’installation du bureau transitoire consensuel hier n’est que le couronnement de tout le processus ponctué par plusieurs séances de travail parfois houleuses dont la dernière a eu lieu le 3 juillet dernier, informe le préfet de l’Ouémé. Les efforts de l’autorité préfectorale ont été salués par les deux protagonistes de la crise. Ismaël Fatoumbi de Scace et Rachidi Odoumbakou de Aaeyob ont tous félicité le préfet Joachim Apithy qui a réussi là où ses prédécesseurs ont échoué. Ils promettent de respecter scrupuleusement les exigences de l’arrêté préfectoral qui règlemente désormais le culte Egungun dans la ville de Porto-Novo et ses environs. Le roi des Yoruba de Porto-Novo, Sa Majesté Onikoyi, a invité tous les dignitaires et adeptes du culte Egungun à l’amour et à la solidarité pour que soit davantage scellée cette unité retrouvée ce 10 juillet, une date qui doit être gravée dans les annales de l’histoire au Bénin.

Évaluer cet élément
(1 Vote)
Lu 385 fois