Depuis l’avènement du régime de la Rupture, des réformes sont engagées dans le secteur de la santé pour améliorer la qualité des soins administrés aux populations. De son côté, l’Ordre national des médecins du Bénin essaie d’accompagner ces réformes à travers plusieurs actions sur le terrain. Pr Francis Dossou, son président, nous fait le bilan de sa première année à la tête de l’organisation, les objectifs atteints et les mesures pour accompagner l’Etat.

La Nation : Vous venez de faire un an à la tête de l’Ordre national des médecins du Bénin. Globalement, quel bilan peut-on faire de vos activités depuis votre prise de fonction?

Pr Francis Dossou : Parlant de  bilan, c’est difficile à retracer  parce que nous n’avons pas pu faire tout ce que nous souhaitons. Mais, nous avons quand même réussi à suivre notre feuille de route, notre plan d’action. Puisque notre mandat a commencé par un séminaire qui a permis d’établir les  bases sur lesquelles nous voulions marcher; donc un plan stratégique a été élaboré pour les quatre années de notre mandat. Et ce plan stratégique a été morcelé, avec la première phase, c’est-à-dire un plan d’action pour la première année. On s’est retrouvé ensuite pour faire un plan d’action pour l’année 2019 qu’on est en train de suivre actuellement. En fonction de ce plan, je peux dire que nous avons su rester en synergie avec cette vision et à quelques insuffisances près, on a réussi à répondre aux attentes et aux sollicitations du ministère pour ce qui est des visites de sites des demandeurs d’autorisations  d’ouverture de sites. Nous avons traité  les dossiers d’ouverture en clientèle privée et nous avons essayé de répondre à l’actualité. L’actualité au départ, c’était l’interpellation des médecins qui avaient des cabinets et des cliniques soi-disant non autorisés par le gouvernement qui avait entre-temps gelé la demande d’autorisation. Nous avons dû prendre un avocat pour essayer de laver l’honneur de nos confrères.

C’est dans notre rôle de faire en sorte que la médecine soit exécutée avec dignité. Après, nous avons essayé de changer de siège parce que celui dans lequel nous étions, était une salle annexe d’une direction au niveau du ministère. Ce n’était pas très honorable quand les collègues, les confrères venaient pour leur dossier; ils étaient obligés de rester au dehors, au soleil ou sous la pluie. Ce n’était pas du tout agréable. Donc, nous avons décidé de changer de siège même s’il a fallu dépenser un peu plus, or avant, le siège qu’on occupait était gratuit au niveau du ministère. Mais, c’est juste deux salles qu’on nous avait octroyées, une pour les réunions et l’autre pour le secrétariat mais pas très pratiques. Là maintenant, nous sommes dans un siège un peu plus spacieux où les confrères sont plus à l’aise et disposent d’une connexion wifi qui est ouverte. On essaie de les mettre à l’aise. Il reste encore des choses à faire bien sûr, comme l’amélioration de la salle d’attente avec éventuellement, beaucoup plus de commodités. Mais c’est déjà mieux qu’au départ.
Nous avons également réalisé un certain nombre d’enseignements post universitaires. Déjà en décembre 2018, nous étions à l’Institut des sciences biomédicales appliquées (Isba) où nous avons développé un thème intéressant sur le serment d’Hippocrate. Le serment d’Hippocrate qui a été développé a permis de rappeler un certain nombre de choses aux médecins. Leur rappeler le serment qu’ils ont prêté à la fin de leurs études. Nous avons fait un autre enseignement post-universitaire qui était cette fois-ci, délocalisé à Parakou où nous avons parlé de deux thèmes importants à savoir la déontologie médicale et la responsabilité professionnelle du médecin. Entre-temps, on a réussi à obtenir quelques facilités du gouvernement. Globalement, on va dire que c’est un bilan relativement positif. En tout cas, les confrères sont un peu plus fiers d’être médecins aujourd’hui. C’est vrai, on n’a pas tout fait mais on peut dire qu’on est sur  la bonne voie et on s’en va vers des lendemains meilleurs.

L’un des axes du plan stratégique de l’Ordre national des médecins du Bénin, c’est le rayonnement et le positionnement pour une visibilité de l’institution. Où en êtes-vous par rapport à ce point ?

Ça a déjà commencé par le changement de siège parce que l’Ordre des médecins, c’est quand même une institution respectable et ce n’est pas intéressant de se cacher dans un cagibi. Nous avons déjà pris un siège en location et nous sommes en train d’envisager un siège réellement définitif pour abriter l’institution. Ce n’est pas encore fait mais nous avons pris une parcelle à Cotonou et sur laquelle nous allons ériger le siège le plus respectable, qui nous ressemble un peu plus. Nous avons pu faire rayonner l’Ordre en communiquant un peu mieux. C’est important de communiquer et de dire ce que nous faisons, ce que nous sommes. Et là, l’avenir s’annonce plus radieux.

Vous avez parlé de l’exercice en clientèle privée, quel regard portez-vous sur les réformes engagées par le gouvernement dans le secteur sanitaire ?

Pour le moment, il n’y a pas de réformes, il s'agit de la mise en application des textes vieux de vingt ans. La loi que le gouvernement a déterrée, c’est la loi 97-0 20 qui organise l’exercice en clientèle privée des professions médicales et paramédicales. En mettant en application les dispositions de cette loi, ça paraît tout nouveau, ça paraît exceptionnel mais non. Le mérite du gouvernement, c’est d’avoir réussi à faire appliquer la loi. Ce n’est pas encore les réformes. Les réformes, il me semble qu’elles viennent dans l'avenir. Les premières touches avaient été envoyées entre temps et il y a eu une opposition des syndicats parce qu’ils voulaient avoir le contenu des propositions de la Commission des réformes. Ils ont fini par l’avoir mais au prix de grèves interminables. Donc, ce contenu est reporté à une autre mission plus restreinte qui étudie la mise en application. Ce qui se fait actuellement, c’est l’application stricte des textes de loi. Il y a des grincements de dents certes, mais la loi, c’est la loi. Il faut l’appliquer.

Comment se passe la collaboration de l’Ordre avec le gouvernement ?

L’Ordre des médecins participe à la délivrance des autorisations d’exercice en clientèle privée prévu par la loi. Il participe également à l’ouverture et l’exploitation d’établissements de santé prévus par la loi et suivant les règles proposées par cette même loi. Et puis nous allons sur le terrain pour nous assurer que ces différents établissements respectent les normes prescrites. On essaie aussi de convaincre les confrères afin qu’ils se mettent à jour.

Un an après votre prise de  fonction, quelles sont les perspectives ?

C’est continuer à marcher de façon orthodoxe que possible en définissant des plans d’actions annuels, en écoutant les confrères qui parlent et écrivent beaucoup sur whatsapp. On les écoute, on essaye de prendre en compte leurs propositions. On a bientôt une assemblée générale prévue pour fin juillet ou début août pour les écouter de vive voix, leur rendre compte de nos activités et repartir de l’avant. Nous  éditons en ce moment un magazine qui retrace nos actions et les perspectives, qui traite de thèmes divers tels que les comportements à avoir lorsqu’on est médecin. C’est un bulletin d’information qui sera accessible à tous, aussi bien le grand public que le public médical pur. Ça va intéresser les administrations et les laboratoires.

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