Le Bénin fait parler de lui depuis quelques jours sur l’échiquier international à travers l’un de ses fils, l’écrivain Florent Couao-Zotti. L’Académie française lui a, en effet, décerné le prestigieux prix Roland de Jouvenel.

« Depuis 1995 où ma première œuvre a été publiée  (Ce Soleil où j'ai toujours soif, L’Harmattan), c’est la première fois où je suis ému, très ému ». Ces mots sont de l’écrivain Florent Couao-Zotti. On a rarement vu ce grand homme de plume s’extasier ainsi publiquement. L’auteur de « Western Tchoukoutou » a pourtant toutes les raisons d’être si heureux. Le 5 décembre prochain, sous la coupole, c’est-à-dire au siège même de l’Académie française, à l'occasion de la séance plénière annuelle de l’institution, il recevra le Prix Roland de Jouvenel. Même si pour lui, « cela ne veut rien dire », il est tout de même le premier Africain à recevoir ce prix. Un honneur et une fierté pour ce grand homme de lettres dont les écrits ont cumulé au fil des années de nombreuses distinctions dans le monde entier.
Chaque année, l’Académie française décerne sur la base de critères bien précis des prix et distinctions aux écrivains dans différents genres et selon le parcours d’un certain nombre d’auteurs. Cette année, le Bénin fait aussi parler de lui grâce à Florent Couao-Zotti et c’est la secrétaire perpétuelle de l'Académie, Hélène Dencausse qui lui a porté la nouvelle. « Le fait qu’une institution aussi prestigieuse comme l’Académie française me décerne ce prix provoquera un focus sur notre littérature. D’ailleurs, par ce seul fait, la presse internationale en parle », confie l’écrivain dans un bref échange. Ce focus le rend davantage célèbre et c’est sans doute, l’une des raisons pour lesquelles il le dédie à la famille littéraire de son pays. « J'ai reçu beaucoup de distinctions, c'est vrai; certaines à l'échelle africaine, certaines internationales, certaines françaises, mais c'est la première fois que je me sens très heureux au point de vouloir partager le prix avec les auteurs béninois », laisse-t-il entendre. « Vous savez, les auteurs béninois ne sont pas très visibles dans le paysage africain et international. À part nos petits cercles africains, on a de la peine à se faire un nom », enchaine l’écrivain.
Loin de sa seule personne, c’est toute la littérature béninoise qui est honorée, soutient sans ambages Florent Couao-Zotti.
Pour rappel, cet écrivain béninois a déjà reçu de nombreuses distinctions comme le Grand prix de littérature africaine pour l’enfance de la Francophonie en 1996, le Prix Ahmadou Kourouma à Genève en 2010, le Prix du salon du livre d’Abbeville en 2017.

Que savoir du prix Roland de Jouvenel ?

« Roland de Jouvenel était un jeune homme brillant, mort très tôt à 14 ans d’une maladie incurable. Il a développé des qualités de réflexion et de projections étonnantes. Il a prédit des situations sur sa famille et sur les enjeux politiques de son époque (il est né en 1931 et est mort en 1946) qui se sont avérées. À sa mort, sa mère reproduit, "sous sa dictée" des textes entiers qui feront objet de publications. Ce sont des réflexions philosophiques profondes qui continuent, à ce jour, de nourrir les débats. Le prix qui porte son nom a été créé en 1974 et récompense les œuvres littéraires ayant contribué à la littérature et à la philosophie. Au nombre de ceux qui ont eu cette distinction, on peut citer Amélie Nothomb, Édouardo Manet, Jean Mettelus, etc. » .

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