Certains clients de l’Agence pour la Promotion et l’appui aux petites et moyennes entreprises (Papme) n’ont pas cru devoir rembourser des prêts que l’agence leur avait accordés. Pour entrer en possession de ces fonds et sauver Papme, en agonie, le ministre des Pme, Modeste Kérékou, examine la possibilité d’un recouvrement forcé des créances.

Tous les citoyens (députés, politiques, agents de l’Etat, etc.) ayant contracté des prêts au niveau de l’Agence pour la Promotion et l’appui aux petites et moyennes entreprises (Papme) et qui n’ont pas cru devoir les rembourser, pourraient être sommés de le faire d’ici peu. En tout cas, l’option du recouvrement forcé est l’une des conclusions de l’audience que le ministre des petites et moyennes entreprises,
Modeste Kérékou, a récemment accordée aux représentants du Syndicat des travailleurs de Papme (Syntra-Papme). Une rencontre planifiée à la demande d’Anselme Amoussou, secrétaire général de la Confédération des syndicats autonomes du Bénin (Csa-Bénin), confédération à laquelle est affilé le Syntra-Papme. Il était question, au cours de cette séance, de la situation critique des travailleurs de Papme ; une entreprise publique de méso finance en crise depuis plus de cinq ans, et actuellement menacée de disparition. Laquelle disparition mettrait son personnel en chômage.
Ayant vu le mal venir, les travailleurs de l’agence, sous la couverture d’Anselme Amoussou, sont allés plaider auprès du ministre Modeste Kérékou pour la sauvegarde de leur emploi. Toutes choses qui passeraient par la relance des activités de l’agence. Ainsi, ils ont pu démontrer au ministre, documents à l’appui, que tous les indicateurs sont au rouge dans leur entreprise. Et si rien n’est fait, elle risque de mettre la clé sous le paillasson incessamment. Modeste Kérékou, qui maîtrise très bien le dossier Papme, selon Anselme Amoussou, dit avoir pris acte de leur plaidoyer. Il a promis d’examiner les différentes propositions du personnel de Papme, et d’en rendre compte au gouvernement. Ceci, dans l’espoir que des mesures appropriées seront prises pour relancer les activités de l’agence. Ce qui permettra de sauver les emplois comme le souhaite, si bien, le Syntra-Papme.
Dans cette perspective, les deux parties ont esquissé des pistes de solutions pouvant permettre de sortir la société de son état comateux. C’est donc parmi ce lot de solutions que figure l’idée du « recouvrement forcé des créances » de l’agence avancée par le ministre et qui, à elles seules, pourraient permettre à l’entreprise et ses employés de pousser un ouf de soulagement, selon des propos de Modeste Kérékou, rapportés par le syndicaliste Anselme Amoussou. Ce dernier ajoutera que l’autorité de tutelle de Papme estime que le recouvrement forcé des créances, comme il l’a fait au Fonds national pour la promotion de l’emploi des jeunes (Fnpej), est la première action qu’il pourrait entreprendre après, bien évidemment, le feu vert du gouvernement. Ensuite, l’Exécutif verra ce qu’il y a lieu de faire…Signalons que bien avant de formuler ses propositions, l’autorité ministérielle a condamné les actes de mauvaise gouvernance au sein des sociétés d’Etat. Modeste Kérékou a également mal digéré le silence coupable des travailleurs de Papme au moment des faits de mauvaise gestion qu’ils dénoncent aujourd’hui.

Triste sort

L’agence Papme a été mise sous administration provisoire depuis 2014 du fait de la mauvaise gestion qui y régnait. Plus de cinq ans après, elle n’a toujours pas pu se relever au point où des agents ont été licenciés. A en croire les chiffres avancés par le secrétaire général de la Csa-Bénin, Anselme Amoussou, le personnel de l’agence, estimé à plus de 300 travailleurs au départ, a été réduit, à ce jour, à moins de 190. Et le reste est encore prêt à consentir d’autres sacrifices, dit-il. « Ils ont produit un document à l’interne avec des propositions concrètes pour la relance de l’entreprise. Ils ont accepté un abattement de salaire de près de 20%. Ils ont renoncé à des avantages dont ils bénéficiaient comme l’assurance maladie ». Aux yeux du responsable de la Csa-Bénin, ce sont autant de signes qui montrent que ces travailleurs ont pris la mesure de la situation et sont prêts à se battre pour que les emplois soient préservés « parce que l’entreprise pourrait être viable ».
Malheureusement, le bout du tunnel est encore loin, et sans l’aide de l’Etat, l’agence sera obligée de déclarer la faillite. Le comble, déplore le syndicaliste, c’est qu’elle n’a pas eu la moindre attention de la part de l’Etat depuis sa situation de crise. Et aujourd’hui, des emplois sont encore menacés.
« Voilà des travailleurs qui ont l’expérience du monde de la méso finance ; qui ont l’expérience de l’épargne publique ; qui sont sur la place depuis près de trois décennies ; qui ont acquis un savoir-faire reconnu de tous. Voilà une entreprise que l’Etat a, lui-même, reconnue d’utilité publique depuis quelques années » mais qu’il a laissée à son propre sort, déclare Anselme Amoussou. Pour lui, sans un financement, Papme n’est pas en mesure d’honorer ses engagements, de faire des prêts et d’espérer les récupérer. Elle n’est également pas en mesure d’envoyer ses agents collecter de l’épargne ou recouvrer ses créances restées impayées depuis plusieurs années n

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