Une vingtaine de journalistes du Togo, du Bénin, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée et du Burkina Faso prennent part à Grand Bassam (Côte d’ivoire) depuis lundi 27 mai à un atelier sous-régional de formation en investigation économique. La rencontre est initiée dans le cadre du projet de formation et d’appui aux journalistes pour une couverture professionnelle des questions économiques par la Konrad-Adenauer-Stiftung et vise à susciter l’intérêt autour du journalisme d’investigation en économie.

Les 23 journalistes participant à l’atelier sous-régional de formation en investigation économique ont été retenus sur appel à candidatures par la Fondation Konrad-Adenauer. Ils viennent de la presse écrite et des médias en ligne du Togo, du Bénin, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée et du Burkina Faso. Il a fallu, selon Florian
Karner, représentant résident de la
Konrad-Adenauer-Stiftung en Côte d’Ivoire, procéder à une sélection rigoureuse sur plus d’une centaine de postulants pour avoir 23 meilleurs dossiers. La rencontre se déroule du 27 au 31 mai à Grand Bassam en Côte d’Ivoire et se veut une opportunité pour inverser la situation actuelle en matière de journalisme d’investigation économique dans la sous-région. Ce projet est une initiative du programme dialogue politique en Afrique de l’Ouest de la Fondation Konrad-Adenauer-Stiftung qui vise à améliorer la capacité des professionnels des médias dans le domaine de l’investigation économique afin de mieux jouer leur rôle de promotion de la démocratie et de la bonne gouvernance. Il s’agira d’apporter aux journalistes un soutien pour mener des enquêtes et faire des reportages sur des sujets économiques revêtant un enjeu capital pour les Etats de la sous-région.
A l’ouverture des travaux, Florian Karner est revenu sur les objectifs d’une telle initiative. Les journalistes sont un levier important de la bonne gouvernance, précise-t-il. Il va donc les exhorter à migrer de l’information politique qui intéresse de moins en moins le lectorat pour aller vers des sujets économiques. «Les rares articles économiques ne sont pas traités en profondeur. Il n’y a pas de démocratie sans une transparence dans la gouvernance économique. En tant que quatrième pouvoir, la presse doit jouer son rôle de contrôle de la gestion de l’Etat par les pouvoirs publics en vue d’une meilleure information de la population », suggère-t-il. Pour ce qui est de la Konrad-
Adenauer-Stiftung, il rappelle que c’est fidèle à sa mission de promotion de la bonne gouvernance qu’elle a initié ce projet à l’endroit des journalistes.
Comme lui, Raphaël Lakpé, président de l’Autorité nationale de la presse de la Côte d’ivoire (Anp), a souligné tout l’intérêt du journalisme d’investigation. Le journaliste d’investigation est formé pour informer. Sa méthode se caractérise par la diversification de ses sources, le traitement approfondi de ses sujets. Il invite alors les participants à la formation à cultiver des qualités professionnelles comme le courage, l’indépendance d’esprit, la patience et la passion. La formation prend fin le 31 mai prochain. Les dix meilleures propositions d’investigation bénéficieront d’un programme de mentorat qui les mettra en relation avec un expert en journalisme d'investigation et d’une subvention de la Konrad-Adenauer-Stiftung pour conduire les investigations sur le terrain?

De Grand Bassam, Josué F. MEHOUENOU

Évaluer cet élément
(0 Votes)
Lu 597 fois