Inventée par le professeur ivoirien Moustapha Diabaté, l’Indicamétrie se veut une science qui met l’homme au cœur de son propre développement. Selon son initiateur, elle constitue la porte de sortie de la léthargie du continent africain. Dans cette interview, il explique les tenants et les aboutissants de cette « révélation » qui devrait guider dans le choix des dirigeants et des politiques de développement.

La Nation : Qu’entend-on pas Indicamétrie ?

Professeur Moustapha Diabaté : L’Indicamétrie est la science qui érige l’irrationnel, le mystique, l’ésotérique et le caché au rang de la rationalité après avoir dégagé les limites des autres sciences. A ce titre, l’Indicamétrie dit qu’il ne suffit pas d’être compétent pour être efficace. Dès lors, elle consiste à étudier le système capacitaire intrinsèque de l’être humain et du non humain. Elle vise à établir la correspondance entre le système capacitaire et le système compétentiel, pour éviter les crises, les guerres, les tensions… Sinon, il y a le choc des grandes intelligences qui débouche sur des conflits dont la maîtrise pourrait échapper aux dirigeants.Cette approche de définition est complétée par celle du professeur Honorat Aguessy qui dit ceci : l’Indicamétrie, c’est la science de la globalité qui s’applique à tous, individu comme groupe.

Comment est-elle née ?

C’est une science révélée en 1959. J’étais au lycée de Chartre en France où je devrais poursuivre mes études. Activiste à l’époque, je rencontre des compagnons de lutte dont l’actuel président guinéen Alpha Condé, les professeurs Albert Tévoédjrè, Honorat Aguessy et maître Robert Dossou. Avec la Fédération des étudiants d’Afrique noire en France (Feanf),nous avons milité pour la libération de l’Afrique.
En 1963, avec la crise des grandes intelligences en Afrique, et suite à une conférence animée par le journaliste du quotidien Le Monde, Gilbert Conte, qui a déclaré que « Tout se passe comme si la jeunesse africaine et ses dirigeants sont atteints d’une incapacité congénitale à résoudre leurs problèmes postindépendances », le vaste chantier de l’Indicamétrie a été lancé sur mon initiative. Tous ceux qui étaient membres de la Feanf se sont pour la plupart mobilisés.

Vous soutenez que les autres sciences ont montré leurs limites pour n’avoir pas suffisamment mis l’homme au cœur de son propre développement. Que préconise alors l’Indicamétrie en la matière ?

Au regard de la définition, nous pouvons dire que l'Indicamétrie utilise ses outils pour enclencher un développement authentique. Prenons la science économique avec le taux de croissance qui a des limites pour mieux apprécier le développement humain. Il est plus facile de mieux cerner l’humain dans son développement avec le taux des bénédictions agréées (Tba) qui prend en compte les efforts des parents avant la naissance de l'enfant, durant toute son éducation jusqu’à sa scolarisation. Donc le taux de croissance tient compte du nucléaire physique qui est limité face au nucléaire baptismal (Nb) qui met en évidence le taux de bénédictions agréées (Tba). Il existe de nombreux outils de l’Indicametrie qui permettent de voir l'invisible et le visible suivant la théorie du nucléaire baptismal. D’où la naissance de l’économie du savoir qui permet d'aller au-delà de l’économie des matières premières.
Avec l’Indicamétrie, on est en train de créer en Côte d’Ivoire et ailleurs des « Akwaba villages indicamétriques » où la prospérité est partagée, la différence est respectée et où règne la paix suivant les principes de l'ancestrologie ou de la spiritualité quantitative, source de toute richesse et de l’autopromotion inter-monde.

Quels sont les indicateurs spécifiques que prend en compte cette science ?

Les indicateurs spécifiques sont déterminés par plusieurs outils. La carte capacitaire est un recueil de capacités : la capacité motrice, la capacité stratégique et la capacité spécifique (taux d'amour humain, taux de bénédictions agréées). La carte capacitaire et d'autres instruments permettent de former trois types de dirigeants à savoir: les bonificateurs d'espaces dangereux (ceux qui perçoivent, préviennent, et prennent des décisions pour transformer les espaces indésirables en espaces désirables) ; les producteurs attentifs de paix inter-monde sont différents des hommes de paix qui interviennent quand le conflit est ouvert. Ceux-ci sont capables de tuer pour avoir la paix. Alors que les producteurs attentifs de paix inter-mondes prévoient et appliquent les résultats de la prévision de telle sorte que les conflits ne se produisent pas. Ainsi la paix est préservée à l'échelle inter-mondes parce que réalisée avec la complicité des vivants et des morts. Le protecteur de l'espace de souveraineté inter-monde découle des deux premières catégories. Car l'espace de paix devient un espace de souveraineté.
Le choix des meilleurs dirigeants se fait en Indicamétrie selon des indicateurs précis. C'est comme cela que nous procédons pour choisir les membres du Gouvernement panafricain mondial-Feanf (Fédération des États de l'Afrique Nouvelle et Féconde). Ce gouvernement chargé d'appliquer les cinquante recommandations du symposium de novembre 2010 à Cotonou, utilise le Nyama comme monnaie dont la valeur unitaire est égale à 750 francs Cfa.

En quoi peut-elle contribuer au développement de l’Afrique ?

Notre principal objectif est de créer des Akwaba-Villages (villages indicamétriques) dans tous les États africains et du monde. Ces villages sont dotés de structures de veille indicamétrique dont l'Agence de contrôle indicamétrique de médicaments, aliments, produits et personnes (Acimap) fait partie. Ils sont créés en respectant les cinquante recommandations du Symposium de novembre 2010 à Cotonou. Les responsables de ces villages sont formés et bénéficient des concentrés d'énergies véhiculées par les biens cultuels et rituels de l'Afrique Monde intégré et solidaire (Amis) différent de l'Afrique Monde intégré et barbare (Amib). Bâtir cet espace de paix et de souveraineté est donc une œuvre de développement multi-capacitaire sans précédent. Nous parlons aussi de la convergence des compétences multi-capacitaires. Ainsi, il n'y a plus de conflits, les diplômés travaillent pour l’intérêt de l’être humain et non humain.

Aucun développement n’étant possible sans l’intégration de la culture, quelle est la place de la promotion des valeurs endogènes dans l’indicamétrie ?

Le siège de toutes les institutions promotionnelles, éducationnelles et opérationnelles de l’Indicametrie se trouve à l’Institut de développement et d'échanges endogènes (Idée) à Ouidah. Mieux, la spiritualité quantitative, source de toute richesse, est l'un des fondements du développement de l’Indicamètrie, autant que l'Acimap qui réconcilie l’être avec le flux vital et l'environnement. Tout ceci montre l’importance que nous accordons aux valeurs endogènes que nous intégrons dans le processus de développement multi-capacitaire de l’Inter-monde.

Quelle est votre stratégie de vulgarisation pour que cette science soit intégrée dans les politiques nationales sur le continent ?

Notre stratégie n'est pas différente de celle préconisée aux pages 42 et 44 du manifeste de l'Union africaine qui recommande à tous et particulièrement aux Africains, la diffusion et la vulgarisation de l’Indicamétrie. Nos partenaires agissent dans cette optique et drainent des fonds importants pour nous accompagner. Et ces fonds sont placés jusqu’à nouvel ordre sous le contrôle du cabinet de maître Dossou Robert et d'autres cabinets ivoiriens. Précisons que le développement de l’Indicamètrie se fait sur fonds propres. Donc les fonds apportés par les partenaires pour accompagner l’inventeur de l’Indicamètrie, ne sont pas touchés jusqu’à présent. Ils ne le seront que lorsque les différents cabinets auront terminé leur mission d'analyse des fondements juridiques, de protection et de valorisation de la science au profit des populations africaines et du monde. Ces fonds sont pour le moment évalués à environ 20 millions de dollars soit 11 milliards de francs Cfa et 15 millions de Nyama, la monnaie indicamétrique.

Votre mot de la fin

Nous invitons tous les Africains et les partenaires à soutenir l’Indicamétrie comme ça a été fait par l'Union africaine et d'autres partenaires. Il faut que le principe qui consiste à faire le meilleur choix des dirigeants en faveur des trois catégories que nous avons signalé soit respecté. A savoir les bonificateurs d'espaces dangereux affichant le taux de bénédictions agréées Tba de puissance 225 NS, des producteurs attentifs de paix inter-mondes affichant Tba de puissance 240NS et les protecteurs d'espace de souveraineté affichant Tba de puissance 253 NS.
Ce qui se fait déjà avec le Gouvernement panafricain mondial qui est un gouvernement de contribution et de consensus continental comme indiqué dans le document d'orientation transmis au sommet des chefs d'Etat à Accra en juillet 2007. A ce titre, 75% de revenus générés par les produits industriels du savoir indicamétrique (Pisi) sont versés aux trésors des États de l'Union africaine ; tandis que l'ancienne métropole, la France, et l'Union européenne sont fortement appuyées en cas de crise suivant le principe de Bêta Caro et du Fonisséréa.

Propos recueillis par Claude Urbain PLAGBETO

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