Sur les neuf mois qu’elle compte, l’année académique 2018-2019 vient d’en égrener plus de sept sans une seule journée de grève. Une dynamique qui favorise la tenue à bonne date des examens.

Le regard attentif du gouvernement sur le secteur éducatif porte ses fruits. C’est du moins ce qu’on peut affirmer au regard de l’accalmie qui a caractérisé cette année académique 2018-2019 passée sans la moindre perturbation. Une année qui n’a connu aucun mouvement de grève pouvant mettre à mal le déroulement normal du calendrier scolaire.
Cette atmosphère rare au Bénin est favorisée par les différentes réformes engagées par le gouvernement pour redorer le blason du secteur de l’enseignement fréquemment plombé par des grèves perlées jusqu’à un passé récent. L’école béninoise avait connu des heures chaudes avec des mouvements de grèves sur plusieurs mois. Il a été souvent question de sauver les meubles pour éviter une année blanche. Les enseignants ont à peine deux mois pour finir un programme d’études censé être dispensé sur neuf mois. La grève a toujours été l’arme première que les travailleurs brandissent pour revendiquer, faisant fi du dialogue. C’est le cas des mouvements de grève qui ont secoué la communauté universitaire en 2018 alors que les points inscrits sur la plateforme revendicative,bien que pertinents, ne nécessitent pas forcément un mouvement de grève. Un dialogue franc et sincère pouvait contribuer à régler la situation. En son temps, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Marie-Odile Attanasso, a expliqué que son cabinet était ouvert pour apporter des solutions appropriées si la voie du dialogue était privilégiée.

Anticipation

La loi sur la réglementation des mouvements de grève est venue à point nommé pour sauver ce secteur vital qu’est l’éducation. Les députés ont encadré la grève et la limitent désormais à dix jours dans une année, sept jours au cours d’un même semestre et deux jours au cours d’un même mois. La loi prescrit que toute grève qui ne respecte pas ces dispositions préétablies est illégale et ses auteurs sont passibles de révocation ou de licenciement de plein droit. Une loi qui ne rencontre pas l’assentiment des travailleurs. Ces derniers estiment que c’est une violation de leurs droits. Soit ! Aujourd’hui, le calendrier des examens est respecté et ne sera plus affecté par un quelconque mouvement de grève comme par le passé. Les candidats se préparent activement pour les différents examens de cette fin d’année.
Le gouvernement a aussi compris qu’il faille désormais anticiper sur les éventuels conflits en faisant asseoir un cadre de dialogue permanent. Des réformes importantes ont conduit à la création du Conseil national du dialogue social (Cnds). Cet espace vise à renforcer les capacités d'intervention des différents organes et structures du dialogue social sur la base des principes fondamentaux et valeurs de référence à promouvoir en vue d'un dialogue constructif et productif. De même, le Conseil national de l’éducation (Cne) a vu le jour. Cette institution est l’organe d’orientation et de coordination qui s’occupera de tous les projets du système éducatif, y compris les préoccupations de tous les ordres d’enseignement.
« Aux grands maux, les grands remèdes », dit l’adage. Des décisions majeures prises pour sortir l’éducation de sa léthargie. Le jeu en vaut la chandelle.

Évaluer cet élément
(1 Vote)
Lu 269 fois