L’environnement est menacé par diverses pollutions auxquelles s’ajoute la contamination par des métaux toxiques avec ses conséquences sur le cadre de vie et la santé. Selon les spécialistes, celle-ci est due à l’alimentation. Face à la persistante dégradation qu’elle occasionne sur la santé des populations, les autorités sont appelées à intensifier des actions de sensibilisation aux fins d’une meilleure espérance de vie.

Les métaux toxiques, éléments chimiques dangereux pour la santé humaine sont partout dans l’environnement ; dans les eaux, les aliments de consommation notamment les produits bruts et puis les produits transformés, par les processus industriels et agricoles, donc du fait des activités humaines. Les métaux particulièrement préoccupants au regard des effets nocifs sur la santé sont le mercure, le plomb, le cadmium, l’étain et l’arsenic. Le mercure et le plomb sont appelés métaux lourds en raison de leur poids atomique élevé au même titre que d’autres métaux potentiellement toxiques. C’est le cas du chrome et l’uranium qui sont pour la plupart présents dans l’alimentation ou dans l’eau. Un certain nombre de métaux sont associés à des effets sur la santé des personnes exposées au lieu de travail. Il s’agit du béryllium et le nickel dont les effets nocifs sont associés à l’inhalation de poussières métalliques, provoquant des lésions pulmonaires. La toxicité de ces métaux est en partie due au fait qu’ils s’accumulent dans les tissus biologiques, à travers un processus connu sous le nom de bioaccumulation. Il se produit chez tous les organismes vivants du fait de l’exposition aux métaux présents dans les aliments et dans l’environnement, y compris les animaux destinés à l’alimentation tels que le poisson et les bovins ainsi que chez les humains. « Nous devons faire l’effort de contrôler nos produits et notre alimentation par rapport à ces éléments chimiques », conseille Mathias Abléto, chef département de la physicochimie et des formulations du Laboratoire central du contrôle de la sécurité sanitaire des aliments.

Potentielle source des métaux toxiques

Les métaux toxiques peuvent se retrouver dans les aliments par diverses sources. Il y en a qui proviennent de l’environnement dont les gaz d’échappement, les odeurs dégagées par les usines, notamment les déchets que les industriels déversent dans les eaux dont les huiles des vidanges qui sont contaminées par des métaux. Ils déversent ces eaux dans les caniveaux qui vont dans les rivières, les lacs et la mer et contaminent les poissons et les crabes très prisés des humains. La liste n’est pas exhaustive, selon Mathias Abléto. Il explique également que des machines utilisées pour la fabrique de différents produits de consommation étant faites à base de ferraille, chaque fois que les produits passent, elle s’y dégrade et contamine l’homme. « Même les casseroles et les louches que nous utilisons en aluminium sont contaminées. Par exemple, une bonne dame qui achète une casserole et l’utilise pendant deux ans, cette casserole va se dégrader. L’aluminium se repartit dans la sauce et la pâte que nous consommons au jour le jour. Lorsque la concentration dans l’organisme va atteindre un seuil donné, on commence par tenir le ventre et la tête », a expliqué le chef département de la physicochimie et des formulations du Laboratoire central du contrôle de la sécurité sanitaire des aliments.

Quelles solutions ?

Certains effets des métaux toxiques peuvent être évités, en revanche d’autres ne peuvent pas l’être d’après les explications de Mathias Abléto. « Ceux qu’on peut éviter, ce sont les parties culinaires, c’est-à-dire nos habitudes alimentaires. On peut changer de temps en temps les ustensiles de cuisine ou ils doivent être en inox, même les moulinettes », a-t-il expliqué. « Au niveau de l’environnement, s’il y a une bonne politique de surveillance et de protection, on peut éviter les impacts de la pollution. Par exemple, les décharges des déchets généralement versés dans les eaux et les tas d’ordures qui sont des sources de contamination potentielle », insiste Mathias Abléto. Il revient aux dirigeants, rappelle-t-il, de prendre les dispositions pour éviter ces genres de contamination. Les populations doivent également s’habituer aux matériels en inox ; cela permettra de réduire les contaminations par des métaux toxiques. Il faut par ailleurs, soutient-il, que les importateurs fassent de l’analyse, une priorité avant de déverser leurs produits sur le marché. Car, l’analyse permet de déterminer si le produit est contaminé ou pas. La contamination est un phénomène naturel et chimique qui se produit au moment de la production, du stockage, du transport… que nul ne maitrise. « Le produit fini doit être systématiquement contrôlé au laboratoire pour être sûr de la qualité. Même si ce sont des produits bio, la nature elle-même ajoute des choses que nous ignorons. Ceux qui disent que les produits sont bio ne font pas des analyses or ils doivent le faire parce qu’il n’y a pas de produit bio », a détaillé le technicien. Il y a des substances chimiques qui rentrent dans les plantes par des mécanismes rationnels. On doit prendre le thème bio avec beaucoup de réserves, a martelé le chef département physicochimie et des formulations du Laboratoire central du contrôle de la sécurité sanitaire des aliments.

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