Le marché de Gbègo sis non loin de l’Ecole normale supérieure de Porto-Novo n’est pas qu’un lieu de commerce. C’est un site où beaucoup de jeunes techniciens et réparateurs de téléphones portables ont pris leur quartier et se battent contre le chômage pour joindre les deux bouts.

Le marché de Gbègo situé en plein cœur de la ville de Porto-Novo est un lieu incontournable pour la réparation et la maintenance des téléphones portables de toutes marques. Plusieurs jeunes techniciens s’y sont installés et exercent vaille que vaille leurs activités. Ils sont près d’une quarantaine de jeunes, en majorité des Béninois et des Nigérians, à se battre tous les jours pour satisfaire la clientèle. C’est le cas de Germain Ninkpo, un des techniciens installés dans ce marché. Vêtu d’une tunique de couleur blanche, il est assis en face d’une table jonchée de plaquettes de téléphones mobiles disposées pêle-mêle. Sur-le-champ, il répare un portable de marque Techno qui a une panne de bout de charge et dont le prix de réparation, selon lui, est estimé à deux mille francs Cfa. Le même téléphone a un problème d’écran tactile dont le changement nécessite dix mille francs Cfa. A quelques mètres de lui se trouve une vieille dame debout, les mains au menton face au technicien Ambroise Kessou, assis, téléphone en main. A l’en croire, elle est venue réparer son portable Khk qui a un souci de charge batterie. Elle dit être une habituée des lieux qu’elle recommande d’ailleurs à ses amis. La particularité des techniciens du marché de Gbègo, selon cette vieille dame, est la satisfaction du client en un temps record.
« Lorsque le client amène son téléphone, on lui dit d’attendre pour le récupérer, juste le temps de la détection ou de la réparation de la panne», souligne-t-elle. La réparation peut durer jusqu’à dix voire quinze minutes et même au-delà pour des cas exceptionnels.
Les clients sont de toutes les catégories socioprofessionnelles, informe François-Xavier Saï Hodonou, président de la troisième sous-section de l’Association des techniciens en groupe mobile (Atgsm) de l’Ouémé-Plateau. Des magistrats, des avocats, des policiers, des autorités communales, des étudiants, des élèves, des opérateurs économiques, des députés, des artisans et autres y affluent pour faire réparer leurs téléphones portables. Certaines personnalités telles que les députés par exemple, ne viennent pas directement vers eux, fait savoir François-Xavier Saï Hodonou. Elles préfèrent envoyer leurs chauffeurs ou leurs gardes du corps pour la réparation ou la maintenance de leurs téléphones en cas de panne.

Envahissement du secteur

De toutes les façons, les techniciens ne se plaignent pas trop de l’affluence des clients même si tous les jours ne se ressemblent pas en matière de chiffre d’affaires.
Pour Ambroise Kessou, chaque jour avec son lot de chance. « J’étais entouré par exemple de monde hier. Aujourd’hui, je n’ai pas assez de clients », observe-t-il. Toutefois, il reste confiant et serein.« Etant donné que je ne suis le seul dans le marché, je ne peux donc prétendre avoir le même nombre de clients chaque jour », poursuit-il. Selon lui, le prix de la maintenance est lié à la valeur ou au prix d’achat du téléphone. Ainsi, la réparation des portables Androïd encore appelés intelligents coûte plus cher que celle de téléphones ordinaires dépourvus des systèmes whatsapp, facebook, twitter et autres. La plupart des clients rencontrés sur les lieux sont satisfaits par rapport à la qualité du travail qu’effectuent ces techniciens. C’est le cas de Chédrac Dénakpo qui se dit être ‘’passionné’’ par le travail de son technicien préféré. Raison pour laquelle, il fait toujours recours à lui quand son téléphone a des problèmes. Avec cette activité, les techniciens arrivent à s’en sortir et à subvenir aux besoins de leurs familles. Selon Francois- Xavier Saï Hodonou, un technicien de Gbègo n’a rien à envier à un agent de l’Etat qui gagne 60 mille F Cfa par exemple le mois. Toutefois, informe-t-il, tout n’est pas rose dans le métier. Ils sont par exemple confrontés à beaucoup de difficultés et d’embûches. « Certains clients exigent de nous l’achat de leurs téléphones portables en cas de perte », relève le président de la troisième sous-section de l’Atgsm Ouémé/Plateau. Il dénonce par ailleurs l’envahissement du secteur par des faux techniciens et des bricoleurs. Ce qui crée parfois un problème de confiance entre eux autres professionnels aguerris et les clients qui ne savent plus à quel saint se vouer. Mais l’association n’est pas restée les bras croisés face à la situation. François-Xavier Saï Hodonou dit avoir pris à cet effet un certain nombre de mesures pour assainir le secteur. Il cite au nombre de ces actions fortes le recensement de tous les techniciens et autres réparateurs de téléphones portables dans le département et leur formation et recyclage périodique. Ce qui lui permet de pallier un tant soit peu les problèmes auxquels est confrontée leur corporation dans le marché de Gbégo.

Par Marius AHOUANDJINOU (Stag.) A/R Ouémé-Plateau

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