Malgré la présence des forces de l’ordre et le décret préfectoral n° 0214/Dep-lit/sg/scad/sa, en date du 7 juillet 2016 portant interdiction d’occupation des trottoirs et autres emprises dans la ville de Cotonou, certaines vendeuses du marché Dantokpa s’entêtent. Raison évoquée: la recherche du meilleur emplacement pour faire écouler leurs marchandises.

Marché Dantokpa. Rue quittant la station Sonacop Lègba pour le carrefour 4 thérapies. Il est 13 h 42 ce samedi 13 avril. Le soleil est au zénith. C’est la grande affluence au marché Dantokpa. Les vendeuses et vendeurs, divers produits sur la tête, en main ou posés à même le sol, sont à la quête de la clientèle. Ils occupent le passage piéton et l’artère principale réservée aux véhicules et motos, pour mieux faire voir leurs marchandises et les proposer aux usagers. La Police a du mal à ramener l’ordre et descend à tout moment.
Dame Rose, la trentaine environ, vendeuse des produits de beauté, a réussi à trouver une cliente. Elle se décharge et présente ses différents articles. La conversation est entamée pour trouver un consensus sur le prix de la marchandise.
A peine ont-elles fini de discuter du prix du produit qu’une voix se fit entendre de loin. « Yédja, yédja, yédja », littéralement (Ils viennent. Ils viennent). Pris de panique, tout le monde se met à courir dans tous les sens. Les vendeuses s’empressent de ranger leurs marchandises exposées sur la voie et le passage pour piéton. « Mais que se passe-t-il ? » interroge une cliente. « C’est la police », répond une vendeuse de Pure water, plastique sur la tête et fuyant.
Le marché devient alors un terrain de course entre les vendeuses et les agents de la Police républicaine. Ces derniers, matraques en main, essaient de dégager la rue en renvoyant systématiquement toutes les vendeuses qui occupent les artères, alignées l’une à côté de l’autre. Certaines qui parviennent à s’enfuir sont épargnées de la traque de la police. D’autres qui n’ont pas eu vite le signal subissent la répression. C’est le cas de Sessi, vendeuse de vêtements pour femmes, qui n’a pas eu l’alerte à temps pour se sauver. La police saisit son étalage. Elle se met à les supplier pour récupérer ses marchandises sur-le-champ, mais en vain. Finalement, ce n’est qu’après 30 minutes qu’elle a eu gain de cause. A peine eut-elle repris ses articles qu’elle se repositionne dans la même posture, sur la voie. Tout comme dame Sessi, beaucoup d’autres vendeuses reviennent quelques minutes après le passage des agents de sécurité, remettre leurs marchandises sur la voie publique. Approchée, dame Sessi confie: « Je n’ai pas de hangar pour exposer mes articles et de plus, les bonnes affaires se font à la sauvette. Les clientes pensent que les habits sont chers sous les hangars alors qu’ici, les prix sont abordables. Donc, on vend un peu plus ici ». Consciente des risques d’accident qu’elle court, Sessi pense ne pas avoir d’autre solution que de rester proche des passants pour écouler ses articles. Pour dissuader, la police est obligée de faire plusieurs rondes par jour dans le marché.

Les peines des agents de la police

L’entêtement des vendeuses occupant les espaces interdits donne du fil à retordre à la police. Vu le comportement des vendeuses dans le marché, la police est obligée de faire plusieurs fois le tour sur les principales voies du marché pour réguler la circulation. Une situation compliquée d’autant plus que les équipes de la police sont renouvelées chaque jour. Parfois même, le maintien de l’ordre dégénère en dispute. De source proche du commissariat spécial du marché Dantokpa, la persistance du phénomène peut s’expliquer par l’éducation de base et l’incivisme. « La lutte devient un éternel recommencement », précise la source. Pour y arriver, la police a adopté plusieurs techniques comme l’interpellation des récidivistes, des gardes à vue...
Toutefois, le manque de bonne foi constitue le facteur principal à la base des dérapages au niveau des usagers du marché Dantokpa. De plus, dans le marché, ce sont les détaillants qui occupent les espaces en vue de l’écoulement des produits qu’ils ont peut-être acquis à crédit, rapportent certains gérants de boutique. Cependant, les cas de vol et de bagarre ont diminué grâce à l’interdiction de la circulation des engins dans le marché et environs.

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