La campagne des élections législatives d’avril 2019 est effective, à en juger par les affiches qui essaiment dans les principales villes du pays et les meetings ici et là tenus par les deux partis en lice. En attendant qui sait la vitesse de croisière, elle se déroule sous un faux air bon enfant, sans doute parce que les acteurs politiques, toutes tendances confondues, ont jeté leurs énergies dans ce qu’il convient d’appeler la campagne préélectorale, plutôt anxiogène. On revient de loin eu égard au débat, quelque peu toxique, fait de mauvaise foi et de dilatoires caractéristiques du discours de certains acteurs politiques ces jours-ci. Mais, tout est bien qui finit par rentrer dans l’ordre.

Parlant d’ordre, celui légal a fini par avoir gain de cause. Et à y réfléchir bien, il faut se réjouir de ce que le corpus législatif, surtout la Constitution, ne fut pas écorché juste pour contenter une classe politique accrochée à ses mauvaises (anciennes) habitudes au nom desquelles il ne fallait rien changer, toute réforme pour peu qu’elle égratigne quelque intérêt devant être proscrite de ce fait ! Cependant, il ne faut pas se lasser de le marteler: la somme des intérêts individuels ne constitue pas l’intérêt commun, qui doit transcender les considérations personnelles et intéressées.
Cela étant, le débat préélectoral relatif à la loi électorale et à la charte des partis politiques a vécu et pourra bien reprendre droit de cité au moment opportun.
Pour l’heure, on attend de voir les deux partis rescapés de l’implacable trappe des lois, montrer véritablement les couleurs. En tout cas, mieux que les slogans timorés qu’ils affichent et qui, c’est le moins qu’on puisse en dire, ne dérident pas, ne sont pas de nature à soulever les foules. Est-ce l’effet de ce que cette campagne, inédite en raison de ce qu’il n’y a pas monde dans les starting-blocks comme à l’accoutumée, se déroule entre vis-à-vis, entre deux partis politiques que leurs détracteurs qualifient de « siamois » ?
Cela n’est pas à exclure. Toutefois, il est de la responsabilité de l’Union progressiste et du Bloc républicain, puisque c’est d’eux qu’il s’agit, les veinards, de ne pas faire regretter aux Béninois l’absence, dans l’arène politique actuellement, du trop-plein déploré au point d’inspirer la réforme du système partisan. Trop-plein qui, en vérité, quand on y réfléchit bien, n’a jamais relevé le niveau du débat politique, y compris au cours d’une joute électorale comme les législatives. Le phénomène de fils de terroir aidant, en l’absence de courants idéologiques avérés, le débat politique s’est toujours joué loin des idéaux politiques et des enjeux touchant à l’avancée du pays. Il revient par conséquent aux deux partis en lice, de prouver que les grands ensembles politiques dont les mérites ont été tant vantés, et qui ont nécessité les regroupements dont ils forment les produits, ne sont pas pour rendre terne la fête de la démocratie que constitue toute élection, à fortiori les législatives. On attend d’eux, non pas un présumé match amical, mais un ‘’pugilat’’ électoral soit-il amical, sans lequel point de piment (ingrédient indispensable à la table de tout Béninois digne du nom) à ces élections. Sous peu, cela devrait se faire, car dans le fond, de part et d’autre, sur les listes de l’Union progressiste comme du Bloc républicain, subsistent des antagonismes, de farouches adversités politiques qui, dans les circonscriptions électorales, hier comme aujourd’hui devraient s’affirmer, voire s’affronter. Il n’y aura pas donc match amical, mais un véritable pugilat, amical, si l’on veut, mais pugilat quand même. Et c’est tant mieux pour le jeu démocratique !.

Évaluer cet élément
(0 Votes)
Lu 801 fois