Enseignant à la retraite depuis plus de 20 ans, ce n’est pas vraiment la craie qui a révélé Robert Oké. C’est plutôt sa carabine et ses prouesses de chasseur hors-pair.Robert Oké est tout sauf avare. C’est le genre de personne très généreuse par son sourire qui sait en offrir à tous ceux qui croisent son chemin. Autre chose qu’il sait partager le mieux, reste ses histoires de chasse. La rencontre avec cet homme plonge le visiteur dans une belle ambiance, tant son sourire fascine. Les rides et le poids de l’âge ne se remarquent pas. Apparence soignée, bonnet majestueusement dressé sur sa tête gagnée par de petits cheveux blancs, l’homme tient encore sur ses pieds. Bien qu’il ait passé le cap d’un certain âge, Bob comme l’appellent ses amis ne compte guère le temps.

Il vit sa vie, plutôt bien. Il vit surtout sa passion pour la chasse, même si depuis peu, il a baissé la garde au regard des conditions plus qu’exécrables autour de l’activité. Mais le vieux chasseur est sans regrets. Il pense avoir fait l’essentiel. Son salon est orné de têtes de bêtes sauvages abattues lors de ses expéditions. Plutôt des records et des espèces devenues rares que le vieux et ses acolytes d’antan ont pris du plaisir pendant des années à pourchasser et à abattre en forêt comme par exemple cette tête de buffle abattu en 1982 à Batia. Un géant animal dont il détient fièrement le trophée jusqu’à ce jour. Diverses espèces d’animaux sauvages sont tombées sous sa carabine. Sangliers, hippopotames, lions, éléphants, phacochères et surtout les buffles, sa passion. Se rendre dans ses résidences à Savè ou à Porto-Novo permet de toucher du doigt ses « dégâts» sur ces bêtes.

De la craie à la carabine …

Bob est un enseignant que rien ne prédestinait à la brousse. Pourtant, il s’y retrouve par la force des choses, un peu par atavisme aussi. Le destin lui a également prêté main forte, en faisant en sorte que sa carrière le projette bien souvent dans des zones de chasse. Il est à la retraite depuis 24 ans.
Depuis son jeune âge, il a suivi les traces de ses oncles, de redoutables chasseurs qui ont du flair pour la chasse et qui n’avaient pas manqué non plus de prouesses.
L’un d’entre eux se fera tout particulièrement son guide sur les sentiers qui mènent vers les animaux sauvages. L’autre, emprisonné au Nigeria pour avoir illégalement abattu un géant éléphant, s’évade de la prison et parvient à rallier Savè. Loin de tourner dos à la forêt, il renoue plutôt sa passion cette fois-ci avec à ses côtés, le jeune Robert qui n’était encore qu’un élève. C’est d’ailleurs lui son plus grand maître. Face à la farouche opposition de ses géniteurs, le jeune enfant suit son guide en cachette et se laisse instruire.
« Quand j’apercevais que mon oncle se préparait à aller à la chasse, j’allais l’attendre sur le chemin. C’est ainsi que j’ai pris goût à cette activité depuis mes 7 – 8 ans », confesse le vieux chasseur.
Devenu collégien, la providence met à nouveau sur son chemin, d’autres chasseurs. Ces professeurs expatriés dépêchés pour dispenser le savoir dans la période d’avant indépendance. Parmi eux, un passionné de chasse qui, une nouvelle fois, entraîne Robert dans les profondeurs de la brousse. Avec lui, il a assuré un autre pan de son apprentissage. Le reste du chemin, il le fera seul. Du moins jusqu’à devenir instituteur. Coup de chance, il est envoyé servir à Parakou. Cette cité à l’époque n’a rien à voir avec la ville moderne qu’est devenue Parakou. L’actuel site du lycée Mathieu Bouké était une belle zone de chasse dans laquelle Bob et d’autres chasseurs se sont amusés à descendre de petites bêtes. Mais cela a forgé son agilité. « De Parakou, j’ai été affecté à Bassila, grande région de chasse et j’ai eu la chance de connaitre un certain monsieur Thomas, un Blanc qui était à l’époque le seul exploitant forestier du Bénin et qui avait une usine d’exploitation de bois. Mais ce nouvel ami qu’il s’est fait n’était pas que forestier. Il était surtout passionné de chasse. « C’est lui qui m’a permis vraiment de tirer mon premier buffle. J’étais allé à la chasse avec lui et il a tué un buffle. Nous étions sur le chemin du retour quand nous sommes tombés sur un autre troupeau de buffles. Et c’est là qu’il me dit que lui ne peut plus tirer et me donne la carabine. Je tire et je fais mon premier buffle. Nous étions en 1964 », se souvient-il. A la suite de cette bête, des dizaines d’autres vont tomber encore. Ce qui est sûr, la carrière d’enseignant de Robert Oké l’a maintenu non loin des zones de chasse. De Bassila, il est nommé directeur dans le village lointain de Datori à plus de 75 kilomètres de Tanguiéta. « De Cotonou, il fallait une semaine entière de voyage avant d’y arriver », évoque-t-il.
« A Datori, personne ne chassait. Ils couraient derrière les animaux avec des lances. Ils faisaient la chasse à la course alors que cette méthode permettait aux chiens de foncer sur les bêtes à chasser. Ils avaient de bons gibiers ; moins de brousse certes mais beaucoup de grandes antilopes. C’est là où vraiment j’ai chassé », raconte Robert Oké, nostalgique de ses heures de gloire dans la brousse. La suite de son aventure de chasse est longue et passionnante. Il a composé avec tous les grands noms de la chasse qui ont séjourné au Bénin. Il n’est d’ailleurs pas devenu guide par hasard. Certains de ses amis français, tellement séduits par son hardiesse, son talent et son parcours de chasseur hors-pair l’invitent régulièrement dans leurs zones de chasse pour vivre leur commune passion.

Les lions ? Trop facile à tuer, dit Bob !

La facilité avec laquelle Robert Oké parle du lion peut laisser pantois son interlocuteur, quand on sait que ce fauve est considéré comme le roi de la forêt. Une bête assez crainte mais qui, pour le vieux chasseur, « est l’un des animaux les plus faciles à tuer ».
Les lions ne l’intéressent pas vraiment lui. Il n’en a tué qu’un seul tout au long de sa riche carrière.
« Juste pour le prestige ». Mais à d’autres, il a fait tuer des dizaines de lions.
« Les gens disent que le lion est dangereux mais moi je trouve qu’il est assez facile à tuer et donc ça ne m’intéresse pas.
J’ai tué mon premier lion en 1970 à Koncombri au moment où je gérais à Mékou avec des amis cette zone de chasse », raconte souriant et nostalgique le chasseur sous le regard interloqué de son épouse. Ce n’est peut-être pas la première fois qu’elle l’entend raconter ses parties de chasse, mais cette facilité à parler du grand lion ne manque pas à nouveau de l’étonner. Avec le roi de la forêt, la vie est plutôt simple, si on s’en tient au récit de l’homme. Des images de lions, lionnes et lionceaux photographiés à une distance de deux mètres à peine, des troupeaux au repos photographiés sans gêne…
Ce sont autant de souvenirs de chasse captés et jalousement conservés dans ses résidences de Porto-Novo et de Savè.
« Tant que le lion n’est pas blessé, quand il vous voit, il fuit. Le lion vous voit, il se sauve, il court sur dix mètres, s’immobilise pour suivre vos mouvements et s’en va. Même dans les zones de chasse, il n’attaque pas tant qu’il n’est pas blessé. Même blessé quand ce n’est pas mortellement, il n’attaque pas », explique-t-il.
Pourquoi avoir tué alors cet animal ‘‘inoffensif’’ ? « Je me suis dit que j’amène les gens et ils tuent le lion, il faut quand même que j’en tue aussi. Donc j’en ai tué. Je dois avouer que la taxe d’abattage du lion était à 50.000 F Cfa, donc je pouvais me permettre le luxe de le faire. Mais aujourd’hui, même si je le veux, je ne peux pas, puisque cette taxe est passée à un million de francs Cfa »,
laisse-t-il entendre. Pour lui, les gens craignent le lion parce que toutes les grandes histoires d’animaux dans le monde tournent autour de lui. « Le lion est très fragile à la blessure et il est tellement fier de sa force qu’il ne craint personne. Donc, si vous avez le courage de l’approcher, jusqu’à dix mètres, vous pouvez le tuer. Lorsque vous avez par exemple une carabine 375 qui a une charge de 360 kilos à 100 mètres, vous pouvez le faire. Malgré la taille de l’éléphant, une telle charge peut l’abattre facilement. Donc imaginez un peu pour le lion », démontre-t-il.
Cette facilité à descendre le lion, tel que l’évoque Robert Oké ne manque pas non plus de menaces sur le tireur et toute l’équipe de chasse. Sur son téléphone portable et son appareil photographique, il conserve des scènes de chasse qui ont viré au rouge, la plupart avec des lions qui, à chaque fois, n’ont pas raté leur cible. La précaution essentielle qu’il enseigne, c’est de « prendre le lion à bon vent ».
Selon lui, les questions de technicité et d’expérience passent avant les aptitudes de bon tireur.
« Je n’ai jamais fait tirer sur un lion à moins de 30 mètres. Si l’approche est bien faite, on tire et on le descend. Autrement, il faut le laisser partir », conseille-t-il. Laisser partir un lion sans l’égratigner est mille fois préférable que de le blesser sans l’achever, prévient le chasseur.
« Si vous blessez mal un lion, en une fraction de secondes, il est sur vous. C’est un animal très facile à tirer mais très dangereux quand il est blessé. Il peut faire des bonds de dix à vingt mètres. Donc à quarante mètres, s’il fait deux bonds, il est sur vous », raconte-t-il au sujet de cet animal. Sa conclusion: « Le lion c’est une légende; c’est tout ». Les histoires de chasse qui tournent au drame souvent avec les lions, c’est par inexpérience, par irrespect des injonctions des guides de chasse ou par amateurisme, tranche-t-il d’un large sourire. Beaucoup de guides de chasse et tireurs perdent la vie ou s’en sortent avec séquelles, reprend avec regret le chasseur. Même s’il se veut modeste, on sent tout de même à ce niveau de son intervention que l’homme évoque son long parcours avec zéro vie humaine perdue avec fierté. C’est à peine s’il ne s’en vante pas. A raison sans doute !

Un tombeur de buffles

Faire tomber de géants buffles, les offrir à des amis ou encore aux populations environnantes. Cet exercice, Robert Oké l’a fait pendant des décennies. Les buffles il en a tué tout au moins 80 et a fait tuer plus de 200 à d’autres chasseurs de par son profil de guide de chasse. Son premier buffle, il l’a tué en 1964 alors qu’il n’était encore qu’un tout jeune chasseur. Pourquoi avoir fait de cette espèce sa passion ? « Parce qu’un buffle est redoutable. Ne le fait pas tomber qui veut. Il est plus difficile à chasser qu’un fauve comme le lion ou l’éléphant… Ma passion c’est de pister, mon plaisir, c’est de tirer. Quand je finis de tirer, je ne touche plus». Ce passionné de chasse aide parfois certains de ses amis à disposer d’une quantité énorme de viande pour leurs cérémonies. Pour y arriver, il remplit les formalités, saisit sa carabine, monte en brousse, piste, surveille, tire, descend les bêtes et les fait transporter.
Les convives présents aux obsèques du père du regretté colonel Léopold Ahouéya ne le savaient peut-être pas mais ils ont été gâtés de viande de buffle. Qui était allé court-circuiter la bête dans son allure en brousse pour la faire passer par la cuisson et la dégustation ?
Encore ce bon vieux Bob.
« Il lui fallait trouver une grosse bête et par l’intermédiaire de ses cousins, ils m’ont contacté et je l’ai aidé. Il a mis les moyens à ma disposition : un véhicule et les taxes d’abattage. Je lui ai tué deux buffles et un coba. Si vous allez sur la tombe de son père à ce jour, vous verrez les trophées des trois animaux. Le coba est une grande antilope qui est comme un cheval et qui a des cornes. Donc on l’appelle antilope cheval ».
Robert Oké révèle aussi que le père Florent de l’hôpital de Tanguiéta est un grand ami à lui. Un autre passionné de chasse qui a fini par laisser les obligations dans son centre de santé prendre le pas sur la brousse. Mais jusqu’en 2012, il faisait tuer par an, sans doute pour son plaisir et pour disposer de la viande, un buffle par son ami. A chaque buffle tué, il n’emporte que le trophée et la peau, mais toute la viande c’est pour les populations. Sauf ce que je tue pour l’hôpital qu’on donne aux malades ».
Robert Oké, c’est aussi le record du Bénin à ce jour pour le plus grand buffle jamais abattu dans le pays. En 1978, de son adresse, il a descendu le buffle record du Bénin avec des cornes de 69 centimètres. Ce trophée a même visité la Bulgarie
à l’occasion de l’exposition internationale de chasse. Le chasseur y était aux côtés de l’ancien ministre Roger Garba. Ce souvenir lui reste, non pas parce qu’il n’avait jamais abattu un buffle auparavant, mais parce que celui-là était particulièrement grand et depuis lors, plus aucun de sa taille n’a pu être tué. Ce trophée est jalousement conservé à ce jour et il ne le présente qu’à qui il veut.

Mon secret, c’est ma carabine

Robert est formel. Et même incisif. La chasse, c’est une histoire de passion, de méthodes, de règles à observer. Les gris-gris, il n’en a que faire. Pour lui, gris-gris et chasse sont comme deux droites parallèles. Le chrétien catholique fervent croit plus en son signe de croix et ses prières qu’à ses nombreux talismans pour échapper à la fureur des bêtes.
« Mon secret, c’est ma carabine. Tant que je suis avec ma carabine et que j’ai les balles dedans, c’est bon »,
lâche-t-il. Devrait-on faire de cette déclaration une parole d’évangile et avancer sans se poser plus de questions ?
Ce qui est sûr, le vieux chasseur ne s’attarde pas sur ces détails. On fait des prouesses à la chasse avec des gris-gris, tranche-t-il d’un petit sourire moqueur. Et pour en donner la preuve, il raconte l’une de ses dernières parties de chasse. Du moins avant les nouvelles réglementations en vigueur. Parti en brousse avec deux chasseurs qui devraient chacun tirer un buffle, les choses ne se sont pas bien passées. « On tombe sur deux buffles le matin à 6h45 qui traversaient la route. Ils pistent et le plus jeune des deux descend le buffle après l’avoir bien visé. La bête tombe. Le deuxième buffle court, s’en va, mais essaie de revenir vers celui qui était déjà tombé à 40 mètres de nous. Et comme il nous a remarqués, il s’arrête et nous observe. On appelle le second chasseur pour tirer mais il dit non qu’il n’est pas prêt. Il prend la carabine, charge et tire dans le ventre du buffle qui chancelle mais court », raconte-t-il avec de grands gestes.
Et comme s’il était encore devant la bête, on peut lire dans son regard une certaine inquiétude.
« Il fallait l’achever. On ne peut le laisser ainsi », lance-t-il les mains levées.
« Quand un buffle est blessé comme ça, il a un pisteur qui le suit à la trace, et on met un chasseur à gauche, un autre à droite et si vous êtes trois, on met l’autre derrière. Le buffle quand il est blessé, il se cache, il n’attaque jamais celui qui est sur sa piste, il attaque toujours par derrière, à gauche ou à droite. Donc le pisteur qui est sur la piste n’a pas d’arme »,
précise-t-il. (Petite pause de cinq secondes), puis il enchaine: Nous avons marché pendant deux heures avant de voir le buffle adossé à un arbre. Il coulait du sang. J’ai vu qu’il était sérieusement atteint mais il était déjà dangereux puisqu’il sent déjà la douleur.
A ce moment, ces accompagnateurs distraits bavardent. Il les aurait priés de s’éloigner pour ne pas faire fuir la bête. Auquel cas, ils devraient marcher toute la journée pour le retrouver et l’achever parce que laisser un animal ainsi blessé dans la nature est dangereux pour tout passant, mais aussi puni par la réglementation. Ou alors, le buffle va se cacher et nous attaquer. « Au moment où je parlais, le buffle qui était couché sous un arbre s’est mis en position d’attaque. J’avance un peu et je vois une ombre. J’attends parce qu’un buffle ne peut rester 30 secondes sans bouger. Et juste après, il bouge et je vois qu’il est déjà en position d’attaque, prêt à bondir. Je leur fais signe mais eux ne me voyaient pas. Ils avançaient seulement. Donc là je vois que si je ne réagis pas vite, il risque de tuer mais je ne voyais rien. Aucune position pour tirer.
Alors en une fraction de seconde, je me dis qu’il faut tirer une balle au moins pour qu’il tombe. Donc j’ai visé et la balle a traversé sa tête entre ses cornes. Et il est tombé, les quatre pattes en l’air. C’est là que les autres se sont ravisés. Heureusement que je lui ai cassé le cou et il est tombé. On aurait pu se faire facilement prendre par ce buffle ». Cette histoire, il la raconte non sans émotion, sans doute au regard de la menace qu’il y avait en l’air. En réalité, Robert Oké, même lorsqu’il est en posture de guide de chasse, prend toujours la précaution de tenir sa carabine à portée de main et est toujours prêt à dégainer. Cette précaution lui a permis de sauver la vie à bien des compagnons de chasse. La vidéo de l’un des derniers cas en date est conservée par ses soins. Une belle partie de chasse aux lions filmée parce que tout roulait à merveille. Mais juste parce que le tireur a manqué de deux secondes d’agilité, le lion en deux bonds a foncé sur lui mais a raté de peu son cou et s’en est pris à son épaule. Fort heureusement, son compère de chasse et le guide Robert ont réagi à temps pour achever la bête qui a laissé sa victime dans une mare de sang avec une blessure profonde.

Grand homme de foi !

Il ne fait l’ombre d’aucun doute que Robert Oké fait la fierté des siens. Son épouse comme ses enfants se sentent honorés par la réputation de l’homme. Son fils Franck Oké, doctorant en droit, a un refrain bien connu de ses amis. « Je suis le fils d’un des plus grands chasseurs du Bénin », aime-t-il répéter quand l’occasion se présente. Mais le vieux Bob ne réclame aucun laurier. Il pense avoir eu son parcours, avec des hauts et des bas, mais aussi beaucoup d’opportunités et de concours de circonstances qui, ajoutés à sa passion, lui ont permis de se hisser dans le high level de la chasse au Bénin.
Fierté, le vieux l’est aussi pour son épouse. Et les occasions pour le lui faire savoir ne manquent pas. Les passes entre le vieux couple sont souvent amicales. Un samedi soir, nous avons pu surprendre une de ses discussions entre Robert Oké et son épouse. « Tu commences par vieillir. Réajuste ta posture pour te faire de belles images », lui lance-t-elle souriante. Avec un petit sourire, le vieux réplique et revendique sa jeunesse.
« Tu refuses toujours d’assumer ta vieillesse », réplique-t-elle. Bob réagit à nouveau.
« Je te répète toujours que je suis jeune et que je le demeure», insiste-t-il, réajustant son bonnet sur sa tête. A quelques mètres de ses parents, Franck les observe sans intervenir, habitué sans doute à ses moments d’échanges entre eux. Pour appréhender davantage la fierté de cette enseignante à la retraite, il faut observer l’affection et le regard admiratif qu’elle adopte lorsque Bob raconte ses histoires de chasse.
Robert Oké n’est pas que passionné de chasse. Il a bien d’autres qualités que lui reconnaît le père Frumence Marie Pascal Vodounou, un de ses plus grands admirateurs. « Ma rencontre avec Bob remonte à l’an 2000. Elle est passée par les enfants, leur maman pour échouer à ses pieds. Il n’est pas homme à se faire marcher dessus », reconnaît-il. « Grand chasseur devant l’Eternel, il est passionné des safaris qu’il organise. Il tient et manipule l’arme à feu comme les vieux instituteurs manipulent la plume ou le stylo », poursuit-il. Le père Frumence révèle aussi que le vieux chasseur est également un grand routier qui préfère tenir le volant que de se faire conduire.
« Autant il est passionné de chasse, autant il est passionné de conduite », fait-il savoir. Autre révélation de l’homme d’église, Robert Oké est « un homme de foi » et « la religion pour lui n’est pas un verni qu’il a passé ». Les chasseurs sont connus pour être des hommes énigmatiques, mais souvent attachés à d’autres croyances qui les éloignent des chapelles. Mais Bob, c’est tout le contraire. Il est plutôt attaché à sa foi chrétienne et continue d’être un fervent chrétien catholique. Pas étonnant donc que sa maison soit « hospitalière et ouverte » à un prêtre catholique qui, aux dires de Franck Oké, serait l’un des plus grands amis du vieux chasseur.

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