La prison civile d’Akpro-Missérété a été le théâtre, vendredi dernier, d’un mouvement d’humeur des prisonniers qui se sont soulevés contre les réformes mises en œuvre dans cette maison d’arrêt. Mais la situation a été maîtrisée par les autorités dont le directeur général de l’Agence pénitentiaire, Jiles SèdjroYèkpè qui se sont vite mobilisées sur les lieux pour calmer le jeu.

Un certain nombre d’habitudes sont désormais interdites à la prison civile d’Akpro-Missérété. L'utilisation du téléphone portable et des réseaux sociaux avec toutes ses conséquences sur les enquêtes judiciaires et la consommation de produits prohibés comme l'alcool et autres, ne sont plus désormais autorisées. Ces mesures ont été prises par l’Agence pénitentiaire du Bénin qui a jugé utile de mettre aux normes l'administration pénitentiaire, au regard, non seulement des textes nationaux mais également des engagements pris par le Bénin à l'international. C'est dans ce contexte qu’un certain nombre de réformes sont mises en oeuvre dans les prisons civiles pour ramener l'administration pénitentiaire à sa mission principale. Cela, pour mieux assurer la sécurité des détenus et des installations et favoriser la réinsertion socioprofessionnelle de ces derniers. Mais ces réformes n’ont pas été du goût des prisonniers de la maison d’arrêt d’Akpro-Missérété qui se sont soulevés, vendredi dernier, pour manifester leur mécontentement. Le mouvement d’humeur qui a commencé quatre jours plus tôt, a donc dégénéré vendredi dernier. Des détenus ont vandalisé des installations en brisant plusieurs portes des bâtiments de la prison et en incendiant certains objets. Mais, la situation a été maîtrisée par les éléments de la Police républicaine qui ont largué quelques gaz lacrymogènes et les sapeurs-pompiers qui ont éteint le feu. Toutefois, il n’a été noté aucun blessé. L’ampleur du mouvement a donc mobilisé, vendredi dernier, les autorités en charge de la prison civile d’Akpro-Missérété. Il y avait le directeur général de l’Agence pénitentiaire du Bénin, Jiles Yèkpè, le directeur général de la Police républicaine, Nazaire Hounnonkpè, le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), Gilbert-Ulrich Togbonon et le procureur de la République près le Tribunal de première instance de première classe de Porto-Novo, Florentin Gbodou. La délégation a écouté les revendications des prisonniers qui réclameraient qu'il leur soit accordé notamment des temps de visite inconsidérés; l'autorisation de faire rentrer à l'intérieur de la prison des quantités très exorbitantes d'aliments et de produits de toutes sortes et la suppression du port de gilet qui les identifie (une humiliation à leurs yeux).

Les vandales menacés de poursuites

Selon Jiles Sèdjro Yèkpè, une commission dont font partie cinq représentants des détenus va examiner toutes ces revendications. Cependant, le directeur général de l’Agence pénitentiaire insiste que les aspects soulevés par les détenus sont prévus par les textes. Car, tout détenu doit porter un gilet pour la gestion efficiente de leur présence à l'intérieur de la prison. « Mais ils sont en train de comprendre et tout rentrera dans l'ordre », assure Jiles Sèdjro Yèkpè.
Le directeur général de l’Agence pénitentiaire a été soutenu dans ses propos par le procureur de la République près le Tribunal de première instance de première classe de Porto-Novo, Florentin Gbodou. Selon celui-ci, les réformes mises en place par le nouveau régisseur sont inspirées par l'insécurité qui règne au sein des prisons civiles notamment celles que gère le parquet de Porto-Novo. Des cas de poursuites pour trafic de chanvre indien sont régulièrement enregistrés dans la prison dont certaines procédures sont encore pendantes devant des juridictions. « Jusque-là, nous ne savons comment ces produits prohibés entrent dans les prisons », explique le procureur. Les réformes mises en place visent à éradiquer ces genres de pratiques, précise le procureur. C’est pour cela, poursuit Florentin Gbodou, que le décret n°73-293 du 15 septembre 1973 portant régime pénitentiaire et le règlement intérieur qui régit la prison civile d’Akpro-Missérété ont été remis aux représentants des prisonniers membres du comité mis sur pied. Ces documents leur ont été remis pour qu'ils aillent en prendre connaissance, enrichir les débats et faire des propositions dans le sens de l'amélioration de leurs conditions de détention, souligne le procureur de la République qui n’écarte pas de poursuivre les auteurs des casses perpétrées lors du mouvement d’humeur du vendredi dernier.

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