Dans le département des Collines, notamment dans la commune de Dassa-Zoumè, ce qui préoccupe le plus, c’est l’intensification de la production de manioc et de la fabrication de gari pour satisfaire la forte demande. Ainsi, les acteurs de ce département s’apprêtent à accueillir la deuxième phase du programme Approche communale pour le marché agricole (Acma 2) déjà expérimenté dans les communes de Kétou, Ifangni, Pobè, Adja-Ouèrè et le plateau d’Abomey pour la première phase.

L’avènement de ce programme est l’aboutissement du plaidoyer de Nicaise Fagnon, maire de Dassa-Zoumè, président du Groupement intercommunal des Collines. « Mon plaidoyer en tant que président du Groupement intercommunal des Collines a reçu un écho favorable et a débouché sur le programme Acma 2 dont bénéficient les Collines pour un montant de plus de six milliards de francs Cfa », se réjouit le maire. « Le programme Acma 2 vise à montrer que le commerce des produits agricoles peut être plus bénéfique, plus optimal et assurer un meilleur revenu aux producteurs », a-t-il ajouté. Le programme s’intéresse aussi bien à la production qu’à la transformation pour un certain nombre de filières.
L’expérience a prouvé, affirme le maire Nicaise Fagnon, que les communes d’Ifangni, Adja-Ouèrè, Pobè… ont démarché le marché du Nigéria. Il y a en effet des préalables pour jouir de ce programme. Les acteurs seront organisés en pôles d’entrepreneurs agricoles par filière. Les filières prises en compte sont le manioc, les céréales, le piment … « Et c’est à Dassa-Zoumè, précisément à Gankpétin, sous l’approbation préfectorale que l’unité moderne de transformation du manioc en gari sera installée », annonce le maire, Nicaise Fagnon. Il s’agit d’une unité communale et l’approche de la mise en œuvre du programme concerne comment les communes du département des Collines pourront augmenter la production. Il est certain que l’installation de cette unité sortira les femmes transformatrices de la méthode artisanale, pour faciliter la commercialisation du gari et tapioca à Gankpétin, Paouignan, Dassa-Zoumè où on note une forte vente de ces produits au bord de la voie inter-états.
Selon les propos de Yao Agbowakounou, producteur et chef du village Batoko-Doho, une ferme dans la commune de Savalou, le département sortira de la transformation artisanale qui n’est pas adéquate pour aller à une économie d’échelle. Lorsqu’on veut s’adresser à un marché de plus de cent millions d’âmes comme le Nigéria, qui est un grand marché porteur, selon le maire de Dassa, il faut passer à la modernité. « La production du manioc doit changer d’échelle, le programme est prêt à accompagner les acteurs producteurs du manioc au niveau de la commune », rassure le président du Gicc. Enumérant entre autres avantages, Symphorien Dénonkpon, producteur de manioc à Savalou, confie que l’unité moderne de transformation va amoindrir la pénibilité de l’activité agricole. « Les femmes vont s’organiser en coopérative. Ceux ou celles qui ont de manioc à transformer peuvent quitter un autre arrondissement et venir là. Et il y aura un magasin de stockage du produit fini parce qu’on va identifier les potentiels acheteurs ; c’est intéressant », souligne Nicaise Fagnon. La condition pour accéder au développement, c’est la mécanisation agricole martèle-t-il. « Si nous n’allons pas au développement agricole, notre pays continuera d’être pauvre. Si nous continuons d’être dépendants de l’extérieur, notre pays sera toujours pauvre. Il faut une intensification de la production. Je partage cette approche du gouvernement qui a su créer des pôles agricoles sur toute l’étendue du territoire national », confie-t-il. Le défi qui se pose, c’est celui de l’organisation de la filière manioc. Les acteurs doivent avoir des groupements de producteurs, de transformateurs ainsi que de commerçants parce qu’ils n’ont pas les mêmes problèmes. C’est le sens de l’unité moderne de transformation qui doit avoir une certaine capacité, pour satisfaire le marché. Mais dans cet élan, la plupart des productrices de gari soutiennent que l’installation de cette unité devra permettre l’emploi de la main d’œuvre locale. Dès lors, elles en appellent à la compréhension des autorités afin que la chaîne de production ne soit pas rompue du fait de l’installation de l’unité.
Le programme Approche communale pour le marché agricole (Acma 2) est à la phase d’étude de faisabilité, selon certains agents d’enquête rencontrés dans la commune de Dassa-Zoumè. Celle-ci va permettre de mieux cerner les acteurs, appréhender la sécurité foncière, la disponibilité de la terre. Les communes rêvent en réalité d’une organisation de la filière manioc de sorte qu’à l’instar de la filière coton qui a un marché certain, celle-ci et bien d’autres qui sont porteuses d’espoir puissent aussi bénéficier de marché. Lorsque les producteurs savent que la demande de gari est forte et qu’ils produisent pour un marché, il n’y a pas de raisons qu’ils ne puissent pas multiplier leurs productions, estime Nicaise Fagnon.
Il faut souligner que le département des Collines, avec comme cultures le coton, les produits vivriers et l’anacarde, se situe au pôle 4 dans la constitution des pôles agricoles, qui réunit les communes de Dassa-Zoumè, Glazoué, Bantè, Savalou, Savè et Ouèssè.

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