Le Bénin met depuis plusieurs mois un point d’honneur à la dématérialisation des finances publiques. Une réforme à laquelle bien d’autres ont été associés avec des bilans d’étape qui forcent l’admiration, notamment dans le rang des partenaires techniques et financiers.

Les autorités béninoises ont des raisons d’être fières de certaines de leurs options de gouvernance, vu le regard plutôt positif que portent les observateurs sur les rendements du pays ces derniers mois. Dans le domaine des finances publiques, la dématérialisation, devenue indispensable et incontournable, loin d’inquiéter suscite plutôt l’admiration. Mais il n’y a pas que cela. Bien d’autres réformes introduites dans les finances forcent aujourd’hui l’admiration des Partenaires techniques et financiers (Ptfs). La tenue de la dernière revue des finances publiques au titre de l’année 2018, sur le thème « finances publiques à l'aune de la dématérialisation » a été l’occasion pour ces derniers de dire tout le bien qu’ils pensent du travail abattu par le ministère de l’Economie et des Finances et ses cadres.
Ruben Alba Aguilera, chef de coopération de la délégation de l’Union européenne au Bénin, salue l’initiative et l’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Plan global de réformes de la gestion des finances publiques 2018-2021, lancé officiellement en mai 2017. « Cet ambitieux plan capture les priorités du Bénin en matière de gestion des finances publiques, s'aligne sur les ambitions du pays représentées dans ses différents documents de politiques (Pag, Pnd, Pcdd). Ces documents guident l'action publique tout en accordant un rôle important au secteur privé », apprécie-t-il d’entrée. Une occasion propice pour le gouvernement béninois et ses partenaires de se retrouver pour échanger sur la mise en œuvre des réformes passées et en cours, et de définir les priorités pour les années à venir, laisse-t-il entendre. Mais ce qu’apprécie encore plus le chef de file des Ptfs, c’est que « le Bénin dispose d’un cadre macro-économique stable et relativement résilient » et son économie a réussi à surmonter la crise nigériane en 2016. Pour ce qui est des estimations, elles prévoient le maintien d'un taux de croissance de près de 7% à moyen terme. « Dès lors, les réformes autour de la mobilisation des recettes internes, de la qualité de la dépense et de la gestion de la dette, mais aussi autour de la transparence et la lutte contre la corruption et l’impunité déjà entreprises par le gouvernement devront se poursuivre », souhaite-t-il.
De son analyse, il ressort que l’année 2018, dans la continuité des efforts initiés en 2017 avec la mise en œuvre du Plan global de réformes de la gestion des finances publiques, a été marquée par des avancées encourageantes dans de nombreux domaines. « On notera tout particulièrement l'accélération de la réforme de l'administration des ressources fiscales par la dématérialisation des services de la douane et des impôts, de l'autorité foncière et des services décentralisés-dématérialisation qui est au centre de cette revue». Puis il enchaine que « d’autres progrès notoires ont été enregistrés dans des réformes telles que la mise en œuvre du compte unique du trésor, le contrôle des dépenses courantes par la bancarisation des paiements, la mise en place du cadre organisationnel et institutionnel des comptables des matières, la gestion de la dette et les questions de transparence budgétaire et de participation citoyenne». Ces progrès devront être consolidés au cours des années à venir, souhaite ensuite le chef de coopération de la délégation de l’Union européenne.

Néanmoins…

Ruben Alba Aguilera convient sans ambages que de nombreux chantiers ont été ouverts et engagés sur une bonne voie. Mais il bémolise. Certaines réformes profondes, de nature plus complexe et transversale, n'ont pas connu un développement aussi rapide. « Nous pensons particulièrement au passage au budget programme. Il transformera complètement le processus budgétaire et le système de gestion des finances publiques tel que nous le connaissons aujourd'hui, en introduisant une plus grande flexibilité dans l'exécution du budget, une allocation des ressources pluriannuelle basée sur les résultats, et une information plus transparente et accessible », suggère-t-il. La bascule généralisée de l’ensemble des ministères au budget programme, prévue pour le 1er janvier 2020, représente un défi très important, insiste-t-il. S’agissant des réformes en relation avec le contrôle interne, les réformes comptables et la qualité de la dépense et la gestion des investissements publics, ils devraient également s’accélérer, indique le chef de file des Ptfs.
Pour lui en effet, avec des investissements de plus en plus conséquents, la sélection, la mise en œuvre et le suivi-évaluation des projets d'infrastructures et des dépenses sociales sont des éléments centraux pour assurer efficience et valeur ajoutée des investissements, notamment leur contribution aux objectifs des plans nationaux et aux Objectifs de développement durable. « Ces réformes clés sont plus difficiles, peut-être moins tangibles à court terme, et pourtant centrales pour optimiser l’utilisation des fonds publics et permettre au gouvernement de gérer des opérations complexes et les risques inhérents à ces opérations », dira également Ruben Alba Aguilera. Pour mener ce combat qui du moins, sera bénéfique pour la gouvernance du pays et par ricochet pour le bien-être des populations, il voudrait une «collaboration plus étroite avec les Ptfs» dont il a, à l’occasion, réaffirma la volonté et la disponibilité. « Nous sommes convaincus que le gouvernement du Bénin, par sa volonté de s'attaquer à des réformes structurelles au-delà même de la gestion des finances publiques, fera le nécessaire pour les accélérer », conclut-il.

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