Avec Finagnon, nous avons visité une partie du village de Sado. A l’école de base de Sado, à une minute de marche de la résidence de son père, les classes y sont encore. Y compris la sienne, celle-là même où les initiateurs du livre alors en inspection l’ont découvert. Mais elles sont tombées en ruines, inexploitées. Il les parcourt la gorge nouée, tâte le tableau qui porte encore des écrits, balaie du regard la cour où jouent de petits écoliers en manque d’occupation ce mercredi soir.

La balade se poursuit, s’étend à l’emplacement du jardin scolaire d’antan et aux autres endroits contés dans les livres. A la nostalgie de Finagnon Parfait Fassinou se mêle tout de même une quinte de déception. Il se demande dans quel état serait l’école si son regretté père n’avait pas usé de ses relations avec l’ancien ministre en charge de l’Education, Léonard
Djidjoho Padonou, pour la faire doter d’un module de six classes. Fort heureusement, il salue les efforts consentis par les parents d’élèves pour l’érection d’autres salles de classe sur l’actuel site du complexe scolaire de Sado. Il en profite d’ailleurs pour lever un coin de voile sur les nombreux projets en instance, non seulement au profit de cette école, mais de tout Sado, érigé en arrondissement à la faveur de la décentralisation.
Mais, sa déception demeure. Même si personnellement son aventure dans Finagnon 3, 4, 5 et 6 ne lui a rien rapporté, il aurait souhaité tout de même que sa localité puisse en tirer quelque chose. Mais rien. « Ces ouvrages ont été des documents didactiques très célèbres qui ont retracé en son temps, des réalités socioéconomiques de Sado. Tout ce qui a été dit n’était que réalité. On peut assimiler ces livres à un témoignage tout au long des quatre éditions. Mais le village est demeuré dans un état piteux. Sado est connu sur le plan mondial, mais c’est maintenant que nous assistons à un décollage en matière de développement. C’est un village qui n’avait aucune infrastructure socio communautaire au moment où on éditait les livres. La localité n’avait même pas encore un cours secondaire», relate de son côté, Valère Kotounou, chef d’arrondissement de Sado.
Elève en classe de troisième au début de l’aventure,
Geoffroy Fassinou, frère aîné du héros, enseignant de formation, reste lui aussi quelque peu amer quant à l’issue de cette aventure. Il n’a pas, lui aussi, eu la chance d’étudier les ouvrages. Déçu, il l’est aussi. «Le regret que j’ai, c’est qu’ils n’ont pas eu l’œil attentif pour veiller sur le héros des livres. Celui qui a servi à la rédaction de ces ouvrages, il n'a rien eu. Même pas une bourse de formation! Il a étudié avec l’aide des parents et n’a volé que de ses propres ailes pour en arriver là où il est. Je suis assez fier de lui. Fier qu’il ne soit pas en train de se promener dans les palmeraies de Sado», nous a-t-il confié. « Si au moins le gouvernement avait pu faire quelque chose pour lui ou quelque chose dans le village pour son compte, on serait fier. La famille est honorée, le nom est connu, mais il n’y a pas eu de contrepartie », conclut Geoffroy Fassinou.

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