Prévue pour le samedi 12 janvier dernier sur toute l’étendue du territoire national, l’évaluation diagnostique et intellectuelle des enseignants du secondaire n’a pas connu d’engouement dans la plupart des communes du Borgou et de l’Alibori. Et pour cause, les concernés ont mis à exécution leur menace de boycott.

Invités par leur ministre de tutelle pour se soumettre à une évaluation diagnostique et intellectuelle, samedi 12 janvier dernier, les enseignants du secondaire intervenant dans les départements du Borgou et de l’Alibori n’ont pas cru devoir s’exécuter. Malgré la sensibilisation organisée dans les différents établissements à leur intention, ils ont largement suivi le mot d’ordre de boycott.
L’objectif poursuivi, en initiant cette évaluation, assure le gouvernement, c’est d’améliorer la qualité de l’éducation et de la formation dans les établissements d’enseignement du secondaire. Il s’agit d’apprécier le niveau du personnel enseignant et voir, sur le plan intellectuel, les actions à mettre en oeuvre en matière de renforcement de capacités. Loin donc du gouvernement toute intention de sanctionner ceux qui ne se montreront pas à la hauteur des épreuves qui leur auront été proposées. Autant d’engagements qui, malheureusement, n’ont pas convaincu la majorité des enseignants du Borgou.
Au lycée Mathieu Bouké, seul centre de composition retenu à Parakou, alors que les membres du corps de surveillance s’affairaient, il n’y avait eu qu’une trentaine d’enseignants dans les salles au démarrage de la première épreuve à 8h 25 mn, le gros de leur effectif ayant préféré se regrouper au dehors, à l’entrée de l’établissement. C’est pour exprimer leur désapprobation. Sous prétexte que le système a déjà prévu toutes les formes d’évaluations nécessaires pour les jauger, ils trouvent la présente démarche du gouvernement inopportune. Selon eux, le problème de l’éducation, dans le public au Bénin, n’est pas au niveau de la capacité intellectuelle des enseignants, mais ailleurs. Près de 714 enseignants étaient pourtant attendus au centre de composition du lycée Mathieu Bouké.
« Nous protestons contre cette évaluation. Nous ne sommes pas preneurs et ne voulons pas nous faire embarquer dans un navire dont nous ignorons la destination », a indiqué le président de l’intersyndicale des enseignants du secondaire dans le Borgou, Karim Rachidi. Avec ses collègues, ils dénoncent la méthode et les motivations de cette réforme.
Le constat était pratiquement le même au Ceg 1 de Kandi, dans le département de l’Alibori. Venus en curieux, nombreux sont les enseignants qui sont tout simplement rentrés chez eux. Sur les 239 enseignants attendus, seulement 20 ont composé.
A Malanville, Tchaourou et Kalalé, les enseignants n’ont également pas répondu à l’appel. Ils se sont insurgés contre l’évaluation. Tout comme à Parakou et Kandi, il y avait une forte présence des éléments de la Police républicaine pour assurer le maintien de l’ordre.

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