La troisième édition du Festival international de Porto-Novo (Fip) s’est poursuivie, lundi 7 janvier dernier, avec le colloque scientifique sur le thème: « Les systèmes divinatoires en Afrique dans un contexte de mondialisation, une introduction à la connaissance d’Ifa : enjeux et perspectives ». Les travaux se sont tenus à l’Ecole du patrimoine africain (Epa) à Porto-Novo.

Mieux connaître les systèmes de divination et proposer de nouveaux paradigmes pour leur valorisation dans ce monde marqué par la globalisation où le positivisme est en pleine expansion et dicte sa loi. C’est l’objectif du colloque scientifique qui se tient depuis ce lundi à l’Ecole du patrimoine africain (Epa) à Porto-Novo dans le cadre de la troisième édition du Festival international de Porto-Novo (Fip). Les travaux durent deux jours et portent sur le thème: « Les systèmes divinatoires en Afrique dans un contexte de mondialisation, une introduction à la connaissance d’Ifa : enjeux et perspectives ».
Ce colloque scientifique se veut être le volet intellectuel du festival officiellement lancé samedi 5 janvier dernier au stade Charles de Gaulle de Porto-Novo et qui s’étend jusqu’au 12 janvier prochain. Il sera meublé de deux conférences inaugurales sur le Fâ avec en lumière les divers systèmes de divination en Afrique; les apports des systèmes divinatoires au développement culturel, économique et social du continent et les moyens de réhabilitation et de valorisation du Fâ. Ces questions seront débattues par des universitaires, des chercheurs, des professionnels du patrimoine, des artistes et autres passionnés du monde culturel qui réfléchiront sur le Fâ, l’une des valeurs du riche patrimoine immatériel de la ville de Porto-Novo.
Pour le maire de Porto-Novo, Emmanuel Zossou qui a lancé les travaux, hier, le choix de ce thème pour le colloque scientifique est la petite contribution qu’entend apporter le conseil municipal à la réconciliation des Africains par rapport à leurs réalités endogènes. A l’en croire, le Fâ est à la fois science et divinité. Il est un livre ouvert sur le passé, le présent et surtout l’avenir, enseignant à l’homme ses liens profonds avec la nature, tout en lui dispensant, grâce aux contes allégoriques liés à chaque signe, une grande et très profonde sagesse existentielle. Nombre d’africains continuent de recourir en dernier ressort à cette forme de divination pour résoudre leurs problèmes existentiels. Seulement, note-t-il, le Fâ est à la croisée des chemins de tous les vodoun des aires culturelles Nagot/Yoruba, Fon et Goun. Mieux, les systèmes de divination en Afrique n’ont pas toujours été bien acceptés de tous. Ils sont à tort considérés comme des pratiques obscurantistes, rétrogrades et font l’objet d’attaques et de dénigrement de toutes sortes, observe le maire Emmanuel Zossou. C’est donc pour une meilleure connaissance du Fâ, de ses enjeux et de ses perspectives que le conseil municipal a mobilisé ces acteurs pluridisciplinaires sur la question. Mais avant le maire de Porto-Novo, c’est d’abord le président du comité scientifique du colloque, Emile Koudjo, qui relève la pertinence du thème retenu et plaide avec insistance pour la réalisation et l’édition des actes écrits et audiovisuels du colloque afin qu’ils servent de mémoire pour la postérité.

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