L’étude sectorielle du projet de loi de finances de l’Etat gestion 2019 s’est poursuivie, ce mardi 27 novembre, en commission budgétaire du Parlement avec le président de la Commission électorale nationale autonome (Céna), Emmanuel Tiando, et les ministres chargés de l’Eau, Samou Adambi, des Affaires sociales, Bintou Chabi Adam Taro, des Petites et moyennes entreprises, Modeste Kérékou, et de la Décentralisation, Barnabé Dassigli. Tour à tour, ils ont présenté leurs projets de budget pour l’année 2019 et annoncé les actions phares prévues.
Lire les propos de chacun d’eux à la sortie de la séance budgétaire…

Emmanuel Tiando, président de la Commission électorale nationale autonome (Céna)

Un crédit additionnel de 464 millions F Cfa nécessaire  

«  Nous venons d’avoir une séance avec la Commission budgétaire autour du budget de la Commission électorale nationale autonome Céna) au titre de l’année 2019. Nous avons présenté un budget de 800 millions F Cfa, un budget de fonctionnement qui est en baisse par rapport à celui de 2018 qui était d’un milliard FCfa. Les députés se sont naturellement inquiétés de la baisse de ce budget compte tenu du fait que l’année 2019 sera une année électorale. Ce que prévoit ce budget de 800 millions F Cfa, c’est tout simplement tout ce qui a trait au fonctionnement de l’institution, à savoir le paiement des salaires du personnel, l’achat de biens et de services et les dépenses de transfert. Il n’est pas possible pour la Céna de faire de grands investissements. Compte tenu de la situation, nous avons demandé qu’il nous soit accordé un espace budgétaire pour que nous puissions effectivement réaliser un certain nombre d’activités qui concourent à la bonne préparation du scrutin de 2019. Il s’agit en l’occurrence de l’organisation de la vulgarisation du code électoral, parce que c’est un nouvel instrument qui sera utilisé dans le cadre des prochaines élections. Nous devons aussi organiser des rencontres avec tous les acteurs impliqués dans le processus électoral qu’il s’agisse des membres de la Céna, qu’il s’agisse des institutions de la République, qu’il s’agisse des acteurs politiques et des acteurs de la Société civile. Voilà pourquoi, au-delà de ce qui a été retenu par la lettre de cadrage du ministère de l’Economie et des Finances, nous avons demandé un espace budgétaire de 464 millions FCfa. Nous avons aussi la volonté d’améliorer un peu le visage de la Céna, réfectionner un peu ce bâtiment qui constitue quelque chose qui n’est pas acceptable pour une institution d’où sortent les présidents de la République, les honorables députés et les maires. Fort heureusement, nous avons vu une disponibilité auprès des députés à faire en sorte qu’un plaidoyer soit fait en direction du ministère de l’Economie et des Finances ».

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Modeste Kérékou, ministre en charge des Petites et moyennes entreprises et de la Promotion de l’emploi

La promotion de l’emploi, la priorité en 2019

« J’ai eu l’honneur de défendre devant la commission budgétaire, à la suite de mes collègues, le projet de budget, gestion 2019 du ministère en charge des Petites et moyennes entreprises et de la Promotion de l’emploi qui s’élève à 7 milliards 594 millions 243 mille Francs Cfa. Il faut dire que, pour l’année 2019, le gouvernement entre dans son ensemble dans la phase d’exécution plus concrète des projets phares et des projets prioritaires du Programme d’actions du gouvernement (Pag). Le ministère en charge des Pme et de la Promotion de l’emploi ne pilote pas directement ni de projet phare ni de projet prioritaire, mais nous avons au niveau de notre département le Projet emploi des jeunes qui tire à sa fin. C’est un projet que nous exécutons depuis 2014. C’est le seul projet au niveau de notre département ministériel et qui devra prendre fin au cours du premier semestre de 2019. Il bénéficie des ressources d’un milliard 486 millions de Francs Cfa. Ce que nous avons à faire prioritairement au niveau de notre département, c’est la poursuite des réformes. J’ai salué la sollicitude des députés qui ont voté un certain nombre de lois importantes parce que sur le chantier de la promotion de l’emploi, nous avons besoin d’un cadre réglementaire et législatif favorable à la création de l’emploi. J’ai informé les députés que le gouvernement les saisira bientôt d’un texte de loi relatif à la promotion des micro, petites et moyennes entreprises. C’est un texte de loi important dans le contexte actuel. Les députés se sont préoccupés en tant que représentants du peuple d’avoir plus de visibilité sur un certain nombre d’initiatives, de projets et programmes que nous conduisons au sein de notre département, notamment ceux relatifs à nos structures comme l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi et l’Office béninois des services du volontariat.
A toutes les préoccupations évoquées par les députés, nous avons donné les éléments de réponse. Ils ont promis de formuler quelques recommandations lors de la discussion générale du budget de l’Etat, gestion 2019 afin que le ministère puisse avoir des ressources pour que notre action puisse se faire de manière vigoureuse ».
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Bintou Chabi Adam Taro, ministre des Affaires sociales et de la Microfinance

Les microcrédits mobiles intensifiés en 2019

« Le projet de budget 2019 du ministère des Affaires sociales et de la Microfinance s’élève à 6 milliards 173 millions 013 mille Francs Cfa. Les actions prévues sont régaliennes. Elles concernent l’amélioration des conditions de travail, les charges salariales, la construction et l’équipement des infrastructures de base et l’assistance aux couches vulnérables sur le terrain, en l’occurrence, les orphelins, les veuves, les handicapés, les personnes du 3e âge. Les attributions du ministère sont de deux grands volets : les affaires sociales et la micro finance. Il s’agit des micro-crédits que nous octroyons à travers la structure du Fonds national de micro finance (Fnm) aux couches vulnérables, aux femmes et aux gens bien organisés qui sont en mesure de mener des activités. Aujourd’hui, nous l’appelons microcrédit mobile parce que nous sommes passés de l’étape ordinaire à l’étape des finances digitales. On entend par mobile ce que nous appelons porte-monnaie électronique que les bénéficiaires obtiennent avant d’aller vers les agents marchands utilisateurs terminaux de paiement mobile. C’est cette réforme que nous sommes en train de mener en phase pilote et qui va être généralisée. Aujourd’hui, la finance digitale permet de limiter la cavalerie. Cela permet d’éviter les confusions et assure la traçabilité des opérations. Le second volet que le Fonds national de microfinance mène, c’est des crédits octroyés à des hommes qui mènent des activités et de l’autre côté, c’est des femmes qui mènent des activités génératrices de revenus…Nous ne faisons pas de discrimination. Nous demandons aux Sfd de prendre tous les dossiers. Il n’y a pas de parti pris. Il suffit simplement que le demandeur soit en règle et qu’il soit en mesure de rembourser et on va lui faire gravir les échelons jusqu’à ce qu’il puisse sortir du cadre des microcrédits pour accéder aux crédits plus importants ».

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Barnabé Dassigni, ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale

Poursuite du transfert des ressources aux communes en 2019

« Nous venons de passer devant la Représentation nationale pour présenter notre budget, celui du ministère de la Décentralisation et de la Gouvernance locale. Notre budget pour 2019 est de 47 milliards 240 millions F Cfa comparativement à l’année 2018 qui est de 38 milliards 741 millions de FCfa. Nous avons une augmentation de 22%. Cette augmentation est due au fait que l’Etat fait beaucoup d’efforts pour transférer des ressources à nos communes. Le transfert des ressources permet aux collectivités territoriales de faire face aux problèmes de nos populations puisqu’il faut le développement de l’économie locale. Nous avons ensuite la construction du Centre de formation pour l’administration locale (Cefal). L’entreprise qui doit construire ce centre est déjà connue et les travaux démarreront incessamment.  L’autre chose, c’est la poursuite du processus de la délimitation des communes et de leurs unités administratives. Nous avons également la construction des douze préfectures qui démarrera très prochainement…Nous avons aussi la relecture des textes de la décentralisation. Il faut les revoir un peu ; ils datent de dix à quinze ans. Il est nécessaire de revisiter ces textes. En plus, il y a aussi la mise en œuvre des plans de décentralisation et de déconcentration et le plan départemental de coordination des actions de développement. Les députés sont restés dans notre dynamique surtout qu’ils ont été agréablement surpris qu’au 30 septembre 2018, nous sommes déjà à 83% d’exécution de notre budget. Et l’année dernière, il y a eu quelques recommandations que nous avons respectées et les députés en étaient très satisfaits… »

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Samou Adambi, ministre de l’Eau et des Mines
 
Un budget en hausse de 142 % pour des actions d’envergure

« Le projet de budget exercice 2019 du ministère de l’Eau et des Mines se chiffre à environ 58 milliards 500 millions de F Cfa contre 24 milliards 100 millions en 2018, soit un accroissement d’environ 142%. Ce qui montre la volonté du gouvernement de réellement régler la question de l’eau d’ici 2021. C’est pour cela que ce coup de pouce a été donné au budget du ministère de l’Eau et des Mines. Les 97,5% de ce budget sont destinés à l’investissement et dont le volet minier n’a que seulement 0,33% et tout le reste est destiné à l’eau en milieu urbain comme en milieu rural. Il faut dire que c’est un programme sans arrêt jusqu’en 2021. En ce sens que les projets lancés sont en cours, les visites de chantiers, les inaugurations, les lancements vont continuer jusqu’en 2020. Les derniers projets vont être lancés en 2020 pour que nous ayons au moins un an pour voir leur achèvement. Le milieu urbain a véritablement démarré et environ 55 communes sont déjà impactées. Les ouvrages vont être construits pour la distribution de l’eau parce que ce sont des adductions d’eau villageoises (Aev) multi-villages. Les extensions seront faites pour que les populations puissent avoir accès à l’eau potable. Avec les députés à l’Assemblée nationale, nous avons eu droit d’abord aux remerciements et aux félicitations à l’endroit du chef de l’Etat et de son gouvernement et ensuite à l’équipe du ministère de l’Eau et des Mines pour tout ce qui est fait. Les députés nous encouragent à aller plus vite et à faire mieux. Il n’y a pas eu d’Opposition ni de Mouvance au sein du Parlement. Les deux parties ont eu le même langage vis-à-vis du gouvernement et cela nous motive et nous donne envie de faire mieux, que cela soit au niveau du gouvernement ou bien au niveau du ministère sectoriel de l’Eau et des Mines… ».

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