Une femme devrait être à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie, au terme de l’élection du secrétaire général de l’organisation qui aura lieu ce vendredi à Erevan (Arménie) où se tient le 17e sommet de l’institution. Les féministes n’auraient pas de raison de se plaindre, car le patron de l’OIF serait, quoi qu’il advienne, une patronne. La question d’une femme à la tête de l’organisation étant réglée, il est tout de même amusant de noter qu’aucun garçon ne se soit mêlé à cette élection restée depuis des mois un combat de…poules.

Tant mieux, dirait-on, car qui s’y mêlait y laisserait des plumes. D’autant que, se trouvaient dans l’arène, deux fortes personnalités, pas du tout des poules mouillées, à savoir la Rwandaise Louise Mushikiwabo et Michäelle Jean la Canadienne et patronne sortante de l’OIF.
Emasculés les coqs de la basse-cour ? Il n’en est rien, car comme dirait François Mitterrand, une élection répond toujours à une dynamique irrationnelle. Ce fut le cas il y a quelques années avec Michäelle Jean dont le destin n’est pas sans rappeler celui de Barack Obama, de par la fulgurance de sa carrière, d’élue locale propulsée sur la scène internationale sans coup férir. Il en sera de même pour Louise Mushikiwabo sur qui, quand bien même elle aura dirigé la diplomatie rwandaise, personne n’aurait misé le moindre sou, il y a encore quelques semaines, au challenge de ce poste. Toujours est-il que le combat âpre que se sont livré ces deux dames jusqu’au bout, n’est pas sans rappeler Shakespeare ou Corneille. Avec la variante que chez ces deux dramaturges, classiques littéraires, ce n’est pas souvent que deux dames sont mises en relief, héroïnes appelées à s’étriper en vis-à-vis. Ce manquement vient d’être corrigé à Erevan, quelques siècles après, mais toujours sous les mêmes coutures shakespearienne et cornélienne.
Les femmes, on le sait, savent se crêper les chignons, même pour des broutilles, mais telles deux lionnes déchaînées dans l’arène, Louise Mushikiwabo et Michäelle Jean n’ayant rien lâché jusqu’au bout pour le secrétariat général de l’Oif, sont impressionnantes ! L’une, la Canadienne s’accrochant à son poste, en dépit d’un soutien des pays réduits à peau de chagrin, et l’autre, tenace contre vents et marées, résistant à toutes les critiques relatives au désintérêt dont a fait montre le Rwanda à l’endroit de la francophonie, le français ayant été remplacé dans le pays par l’anglais qui a pris le pas sur la langue de Molière. Ambiance électrique, décrit-on, depuis que ce sommet s’est ouvert ce jeudi !
Amère, car lâchée par ceux qui l’avaient portée il y a quelques années, la Canadienne s’est fendue d’un discours sans ménagement, dénonçant les « petits arrangements entre Etats », pourfendant une «organisation moribonde qui ruse avec ses valeurs et ses principes». C’est pourtant bien grâce aux mêmes « arrangements » qu’elle dénonce aujourd’hui que dame Michäelle Jean avait été élue avant d’être priée de descendre du secrétariat général sur lequel elle perchait ! Les filles font, en politique, elles aussi preuve d’une telle mauvaise foi !, on le voit, au même titre que les garçons. La vertu n’a pas de sexe. Ses avatars non plus !
Au risque d’écorner le féminisme tout-va, on gagnerait à le savoir, à surtout savoir que comme les garçons les filles peuvent servir de joker pour évincer leur congénère, que comme les garçons, elles sont capables de coups bas, que comme les garçons elles sont susceptibles contrairement à une idée répandue de mauvaise gestionnaire, de se rendre coupables de prévarication de deniers publics, etc. Et le dire, n’est pas de la misogynie?

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