Dans le cadre de la 16e Journée mondiale contre la peine de mort, ce mercredi 10 octobre, l'Ambassade de France au Bénin et Amnesty International Bénin ont organisé, une table ronde sur «vindicte populaire au Bénin» à l'Institut français du Bénin. C’est l’occasion pour les participants de faire leur plaidoyer contre ce phénomène.

Amnesty International Bénin et l’Ambassade de France au Bénin ont réuni à l'Institut français du Bénin, les leaders religieux et traditionnels, les autorités politico-administratives ainsi que les organisations de la société civile autour du thème « Vindicte populaire au Bénin ».
Au cours de cette table ronde, Glory Cyriaque Hossou, coordonnateur de la Commission peine de mort et actions urgentes, à Amnesty Bénin se réjouit que le Bénin soit partie prenante de la lutte contre la vindicte populaire à travers plusieurs dispositions prises par le gouvernement béninois. Selon lui, la présence des leaders religieux et traditionnels ainsi que de la société civile témoigne de leur contribution à enrayer ce mal. A cet effet, il les invite à travailler davantage afin que ce phénomène soit banni du Bénin.Pour lui, il s’agit de mener un plaidoyer efficace non seulement pour l’abolition intégrale de la peine de mort mais surtout pour la défense des droits humains. « Nous devons nous indigner contre la négation des droits humains » a-t-il martelé.
Le directeur d’Amnesty International Bénin, Fidèle Kikan, félicite le gouvernement béninois pour avoir joué sa partition dans ce combat contre la vindicte populaire. Selon lui, à travers le Conseil des ministres du 26 juin 2016, le gouvernement du président Patrice Talon a pris ses responsabilités suite à la mort de plus d’une dizaine de citoyens suite au phénomène de la vindicte populaire entre avril et juin 2016. Pour lui, cette démarche a favorisé la réduction de ses actes de vandalisme sur toute l’étendue du territoire national. Il invite les leaders religieux, les organisations de la société civile et les autorités à divers niveaux à travailler à la sensibilisation des populations contre la vindicte populaire.
Sandra Adjaho, réalisatrice et secrétaire chargée de la promotion du genre à la Fédération nationale du cinéma et de l’audiovisuel du Bénin, pense que le cinéma peut être utilisé pour montrer les dangers de ce phénomène qui fait perdre la vie à des millions d’individus dans le monde. « Le cinéma constitue l’un des moyens de communication porteurs d’information de sensibilisation contre ce fléau», a-t-elle déclaré. A sa suite, le film de la réalisatrice béninoise, Fidèle Kossou, intitulé « La mort au coin de rue » sur la vindicte populaire, a été diffusé à l’assistance.
Bernard Klein, attaché de coopération à l’Ambassade de France au Bénin a réitéré le soutien de l’ambassade dans le cadre de cette lutte contre la peine de mort et la vindicte populaire. « C’est un combat commun. Nous sommes disposés à accompagner les organisations de la société civile dans la défense des droits fondamentaux », a-t-il promis. Les différents panels animés par les leaders religieux et les organisations de la société civile ont permis d’aboutir à des recommandations visant l’éradication de ce phénomène. A l’unanimité, les participants plaident la mise en application des décisions du Conseil des ministres du 26 juin 2016, le vote d’une loi contre ce fléau, le rétablissement de l’Etat de droit, le renforcement de l’enseignement des droits humains à l’école et la sensibilisation à la sacralisation de la vie humaine.

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