Les eaux du fleuve Mono ont débordé, hier mercredi 12 septembre, jusqu’à 6,5 mètres au niveau d’Athiémé faisant craindre une sortie brusque de son lit dès le lâcher des eaux du barrage de Nangbéto. La situation a induit la mobilisation des acteurs de la plateforme communale chargée de la réduction des risques de catastrophe et une forte délégation de l’Agence nationale de la protection civile (Anpc). Ensemble, ils ont élaboré avec la mairie, des actions prioritaires de riposte contre les inondations imminentes qui découleraient de la crue.

Plusieurs localités sont déjà inondées à Athiémé, commune bordée par le fleuve Mono dans le département du même nom. Cette situation annoncée pour s’aggraver dès la soirée d’hier mercredi où des lâchers d’eaux du barrage de Nangbéto sont attendus n’a pas laissé indifférents l’Agence nationale de la protection civile (Anpc), les acteurs locaux de la réduction des risques de catastrophe et les partenaires techniques et financiers de la commune. Ceux-ci ont procédé hier, entre autres, à l’actualisation du plan de contingence communal assorti d’un plan d’actions prioritaires. Et ce, en plus des activités déjà entreprises dans le cadre de l’activation de leur plateforme.
La nouvelle version du plan de contingence, un document programmatique validé par acclamations, retrace les aléas prioritaires de la commune en permettant leur prise en compte dans une planification en lien avec des actions de riposte, explique Marain Assongba, le chef d’antenne centre de l'Agence nationale de la protection civile. En l’espèce, c’est sur les inondations cycliques qu’enregistre la commune que les attentions se sont focalisées. Et face à leur imminence, un plan d’actions prioritaires a été concocté après évaluation des faiblesses et des potentialités de la commune en termes de ressources humaines et matérielles pour faire face à la catastrophe. Ce plan porte, entre autres, sur l’aménagement des deux sites d'accueil des sinistrés installés respectivement à Athiémé-centre et dans l’arrondissement d’Adohoun ainsi que sur la prise en charge sanitaire et le traitement des eaux de boisson. Un accent particulier a été également mis sur le renforcement des campagnes de sensibilisation tant par les crieurs publics que sur les antennes de la radio locale. A toutes ces actions entend s’associer la délégation de l’Anpc qui comprend le capitaine Georgino Houessou, chef du département prévention civile pour qui les documents programmatiques mis en place devront permettre au conseil communal d’aller à la mobilisation des moyens auprès de ses partenaires.
Le secrétaire général de la mairie, Nicéphore Agossa, représentant le maire consent, à son tour, que le plan de contingence actualisé est un document assez important et spécifique. « Mais ce n’est qu'un pas de franchi», fait-il observer. Pour lui, l’urgence est de déclencher, tout de suite, l’opérationnalisation du plan de contingence communal. Aussi n’a-t-il pas oublié d’appeler tous à la vigilance en ce moment d’exception afin qu’aucune vie humaine ne périsse cette année.

Veillée d’armes

Terme militaire, la veillée d’armes est la nuit précédant un événement décisif, un combat. A Athiémé, l’ambiance d’hier en avait l’air et le secrétaire général de la mairie n’a pas hésité à parler de situation d’exception. L’événement décisif attendu et qui a suscité la grande mobilisation c'est des lâchers d’eaux du barrage de Nangbéto dans le fleuve Mono frontalier à la commune. Très craintes pour les inondations qu’elles provoquent, notamment à Athiémé et à Grand-Popo dans le département du Mono, les eaux du barrage devraient se déverser dans le fleuve dès la nuit d’hier à ce jeudi 13 septembre, selon la délégation de l’Anpc. Désireuses de parer au plus pressé, la mairie et l’Anpc ont pris le taureau par les cornes en activant non seulement la plateforme communale mais aussi en se jetant à l’eau. Coude-à-coude, les deux institutions ont relevé le niveau de vigilance depuis la soirée d’hier et ont décidé de sillonner les localités à hauts risques.
Marain Assongba, le chef d’antenne centre de l'Agence nationale de la protection civile, et son collègue le capitaine Houessou, par exemple, prennent activement par part aux campagnes de sensibilisation lancées par la mairie. « Nous allons rester sur le terrain pendant quelques jours pour accompagner la commune, notamment dans la gestion de la communication », a promis le capitaine Houessou. Sont également mobilisés des secouristes et pairs éducateurs, des responsables des services déconcentrés de l’Etat, des conseillers communaux, la police fluviale et maritime ainsi que des acteurs de la Société civile et des enseignants. « L'alerte est maximale, il faut maintenir la veille », justifie le secrétaire général de la mairie, Nicéphore Agossa. Si aucune précision n’a été fournie par les autorités du barrage sur le volume d’eaux à lâcher, le niveau du fleuve relevé hier se situe à 6,5 mètres alors que des prévisions métrologiques seraient davantage favorables à la crue du fleuve, selon la délégation de l’Anpc.

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