La mairie de Cotonou a adressé un ultimatum de trois jours aux occupants illégaux des berges lagunaires d’Abokicodji dans le 4e arrondissement. Ces derniers ne sachant à quel saint se vouer face à cette situation, ont tenu une séance, samedi 1er septembre dernier, date d’expiration de la sommation, pour solliciter l’aide des autorités afin que l’opération ne fasse pas d’eux des sans-abris.

C’est la désolation et la tristesse dans les rangs des habitants d’Abokicodji dans le 4e arrondissement de Cotonou. Ces populations ne trouvent plus le sommeil depuis quelques jours. Et pour cause, l’ultimatum à eux adressé par la direction des services techniques de la mairie de Cotonou pour libérer les berges lagunaires est arrivé à expiration, samedi 1er septembre. Elles doivent donc prendre cliques et claques et dégager des lieux pour ne pas subir les affres des Caterpillars de la mairie dès ce lundi. Tout en reconnaissant l’illégalité dans laquelle elles sont depuis près d’un demi-siècle, elles implorent l’indulgence des autorités au plus haut niveau pour que la date de l’ultimatum soit repoussée afin qu’elles aient le temps nécessaire de se préparer et libérer les lieux.
Selon le chef quartier d’Abokicodji qui reconnaît bien la portée de l’action, il serait cruel de procéder à cette opération à deux semaines de la rentrée scolaire, après un ultimatum de trois jours seulement. « Les Tofin qui vivent au bord de cette lagune sont aussi des Béninois qui ne vivent que de la pêche. Les jeter de cette manière à la rue serait une manière de saper les actions de Patrice Talon qui donne une place de choix au volet social dans son programme d’action », estime Délé Razack Dandjinou.
Joseph Tognon, jeune étudiant, trouve désormais ambigu son avenir ainsi que celui de beaucoup de jeunes de son âge si ce déguerpissement venait à être fait sans aucune mesure d’accompagnement. « Comment pouvons-nous organiser la rentrée qui est dans deux semaines dans ces conditions stressantes ? », s’est-il demandé.
Les femmes aussi se plaignent de voir leur seule activité génératrice de revenu issue de la vente de poissons hypothéquée. Elles s’en remettent à Dieu et aux autorités pour amoindrir leurs souffrances.

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