Les festivités marquant le 58e anniversaire de l’accession du Bénin à la souveraineté nationale et internationale se sont tenues dans une ambiance particulièrement sobre à Natitingou. Une belle cérémonie ponctuée par le défilé militaire mais vite écourtée par l’absence de celui civil auquel s’identifient souvent les populations.

La ferveur des populations pour les festivités du 1er août s’est tôt manifestée par leur ruée sur la place où devront se tenir les manifestations officielles. Des signaux qui annoncent une belle cérémonie sur la RNIE3. Le tronçon est vite bondé de monde et les agents de la Police républicaine se déploient à contenir cette foule enthousiaste ce matin. Dans leur nouvelle tenue impeccablement dressée sur leur corps, les agents orientent les spectateurs qui dans la discipline se rangent des deux côtés de la voie le long du parcours tracé pour la circonstance. Certains d’entre eux retrouvent une place confortable du haut des murs du stade municipal de Natitingou pour vivre ces moments empreints de solennité. En face du stade municipal se dresse la tribune officielle. 

Le décor planté, le brouhaha de la foule sur l’axe laisse place désormais aux fanfares qui donneront du rythme aux pas cadencés des divers corps militaires et paramilitaires invités à défiler pour les autorités politico-administratives et le public.
L’arrivée du préfet de l’Atacora sur les lieux, après le dépôt de gerbe à la place de l’indépendance de la commune annonce les couleurs. Successivement chacune des unités programmées se met en place et s’ensuit le défilé militaire des limites du grand carrefour de la ville vers la fin de la clôture du stade municipal en venant de Tanguiéta.
Les éléments du 6e bataillon interarmes de Natitingou prennent le contrôle des lieux avec cette force majestueuse qui caractérise leur allure de soldats déployés au front. Baïonnettes en main, obus à l’épaule pour certains et fusils en bandoulière pour d’autres, ils offrent au public de plus belles prestations. L’air grave et imposant, le sens du service et de la discipline, ils arpentent le tronçon sous les applaudissements nourris du public et le salut du préfet de l’Atacora et de leur commandant. Ils exécuteront alternativement de nombreux tableaux sur les airs de la fanfare et les commentaires des speakers.
La Police républicaine, dans son camouflet bleu nuit, séduit par sa classe et son ton modéré contrairement à la hargne affichée par les militaires. Idem pour les sapeurs-pompiers qui témoignent à travers leur tenue et leurs gestes de la mission à laquelle ils sont conviés pour la vie des citoyens.
La particularité de ce défilé, outre le nouvel uniforme de la Police républicaine, reste le passage des Rangers du parc de la Pendjari, force de défense de cette réserve de biosphère protégée. Baluchons au dos et armes d’assaut à la poitrine, ils n’ont pas été en marge de la fête, démontrant leurs aptitudes.

Pour des lendemains enchanteurs

Habitués qu’ils sont au faste qui caractérise cette célébration, les citoyens ont toutefois déploré l’absence du défilé civil à travers lequel les forces vives de la commune égaient par leurs prestations artistiques et culturelles. « Nous ne comprenons pas cette mesure de supprimer le défilé civil des manifestations sachant bien qu’il entretient la ferveur autour de la célébration. C’est après tout notre fête, pas seulement celle des militaires », note Luc Tabé, resté sur sa faim.
Il convient de souligner qu’avant le défilé militaire, le maire de la commune de Natitingou et le préfet de l’Atacora ont adressé aux populations leurs messages. Antoine N’da a invité toutes les forces vives de la commune à participer activement, quelle que soit leur position, à son développement. Une obligation dont elles doivent s’acquitter d’autant plus que la mairie n’a jamais fermé ses portes aux personnes désireuses d’apporter leur pierre à la construction de la ville.
Le préfet Lydie Déré Chabi Nah a indiqué qu’après 58 ans de son accession à l’indépendance, le Bénin à l’instar de bon nombre de pays africains, continue sa marche irréversible vers la quête de lendemains plus enchanteurs au bonheur de ses populations. La présente célébration, selon elle, intervient dans un contexte socio-politique marqué par une volonté manifeste du chef de l’Etat de poursuivre les chantiers prioritaires de son programme d’actions et d’assainir la gestion des finances publiques, condition sine qua non pour garantir une réelle indépendance financière à l’Etat. Invitant les forces vives du département à le soutenir afin d’assurer un développement durable et équilibré au pays, elle a présenté à l’assistance la position privilégiée de l’Atacora au cœur de la politique nationale de développement conduite par ce dernier.

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