La question de la faible représentativité des femmes au sein du gouvernement a été abordée au cours de l’interview accordée par le président Patrice Talon, dimanche dernier, à TV5, Rfi et Le Monde, à l’occasion des deux ans de sa gestion du pouvoir. Il dit être « préoccupé » par le sujet. 

Le président de la République, Patrice Talon est loin d’être misogyne. Au cours de l’entretien accordé aux confrères de TV5, Rfi et Le Monde sur les deux ans de sa gestion, le week-end écoulé, il a fait savoir qu’il n’est pas fier du faible taux de représentativité des femmes au sein de son gouvernement. Si dans un passé récent, des critiques évoquaient son manque de volonté de faire la promotion des femmes dans son équipe, le chef de l’Etat ne se retrouve plus dans cette posture. Il semble être bien conscient du défi de la promotion de la gent féminine. 

« Je n’en suis pas fier puisque c’est une question qui me préoccupe », dit-il, soulignant que le sujet est certes préoccupant mais ne doit pas s’ériger en principe. Au regard de cette réponse du président de la République, on peut donc comprendre que le défi de la représentativité des femmes n’est plus le seul souci des féministes. Ses propos sonnent comme une reconnaissance de l’importance et du rôle des femmes au sein des instances décisionnelles, notamment au gouvernement.
Un discours sérieux et convaincant, mais qui aura davantage son sens que s’il est accompagné des actes concrets. En abordant le sujet en ces termes, Patrice Talon lance lui-même les signaux pour corriger le faible effectif numérique des femmes au sein des institutions. Il s’inscrit apparemment dans une nouvelle dynamique visant à améliorer le déséquilibre noté jusque-là dans le rang des femmes et qui handicape leur promotion.
Au plan mondial, un pourcentage d’au moins 30 % est recommandé concernant la représentativité des femmes au sein des instances. Le Bénin est encore loin du compte. Toutefois, les récents propos du chef de l’Etat viennent rassurer de sa bonne foi d’accorder plus de places aux femmes au sein de son gouvernement.
Contrairement à ses premières déclarations au lendemain de sa prise de pouvoir en ce qui concerne l’égalité du genre, le président Patrice Talon aperçoit mieux aujourd’hui la nécessité d’accorder plus de confiance en la gent féminine.
La promotion du genre étant devenue un défi planétaire, il ne doit donc pas s’en soustraire, lui qui entend rentrer dignement dans l’histoire du Bénin au soir de son mandat. Partant de ce désir, il est appelé à tenir compte de tous les aspects en matière de gouvernance. L’un des piliers essentiels de la bonne gouvernance et de l’accroissement de la richesse d’un pays, passe également par l’implication des femmes dans la gestion des affaires de la cité. Leur pourcentage démographique (plus de 51 %, selon le Recensement général de la Population et de l’Habitat 4), renseigne suffisamment sur leur poids en matière de développement.
Actuellement, les femmes représentent 18,18 %, soit 4 sur 22 ministres au gouvernement. La situation n’est pas plus reluisante au niveau des autres institutions du pays.
Au regard de la volonté affichée le week-end dernier par le chef de l’Etat, la question de la représentativité des femmes ne relève plus seulement de leur engagement. Elles qui n’ont cessé de se battre pour améliorer leur nombre et obtenir l’égalité des chances dans les instances décisionnelles. Leur plaidoyer semble enfin parvenir aux oreilles de l’autorité la plus indiquée, le chef de l’Etat, seul décideur de la politique du pays et du choix de ses collaborateurs immédiats.
Espérons que, dans les prochains gouvernements, il puisse tenir compte de ses propres préoccupations en vue d’une réelle promotion et d’une meilleure représentativité des femmes dans ses équipes.

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