La présentation du bilan d’étape des deux ans de gestion du régime de la Rupture donne depuis quelques jours l’occasion aux membres du gouvernement de plancher sur les ambitions, atouts et réussites du pouvoir Talon, vingt-quatre mois après son avènement. Aurélien Agbénonci, ministre des Affaires étrangères était au charbon, vendredi dernier, pour exposer les quatre piliers de la diplomatie béninoise à l’ère Talon, mais aussi et surtout l’option de la diplomatie économique faite par les actuels dirigeants du pays.

Le Bénin se positionne sur l’échiquier continental et international mieux depuis avril 2016 à la faveur de l’avènement du président Patrice Talon au pouvoir, selon le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Aurélien Agbénonci. Le pays regagne la confiance des autres nations et s’offre plus de crédibilité, si l’on s’en tient aux explications du patron de la diplomatie béninoise, données au cours d’une émission télévisée présentant le bilan des deux ans de sa présence à la tête de la diplomatie béninoise.
La gestion axée sur les résultats est un principe sacro-saint du président de la République, raison pour laquelle en mars 2017, des lettres de mission ont été envoyées aux ambassadeurs, indique Aurélien Agbénonci.
Il leur est, entre autres, demandé d’établir trois partenariats stratégiques économiques, deux partenariats de coopération décentralisée (entre deux communes du Bénin et celles de leur pays de résidence) et des activités culturelles pour promouvoir la culture et révéler notre pays. A partir des rapports, des évaluations ont été faites et il y a eu des sanctions positives (félicitations) et des avertissements, a expliqué le ministre au cours de l’émission.
Pour lui, en effet, le pays mise fort sur sa nouvelle orientation diplomatique pour mobiliser les ressources indispensables au développement, et surtout financer le Programme d’action du gouvernement (Pag 2016-2021). Dans la même veine, poursuit-il, il est organisé un briefing diplomatique tous les trimestres, sans oublier l’organisation tous les mois dans les locaux du ministère d’une exposition d’œuvres d’art des artistes. La nouvelle orientation fait une place de choix à la promotion artistique et culturelle, et cela se ressent bien par les artistes dont les témoignages satisfont le gouvernement, fera savoir le ministre. Autre acquis dans ce domaine, la suppression de visa de court séjour ( moins de trois mois), pour les ressortissants africains démarrée depuis fin août 2016, puis la mise en place du e-visa, visa électronique, qui sera effectif dans les prochains jours pour faciliter les formalités et rendre attrayante la destination Bénin.

Relations avec la diaspora

De nombreuses tracasseries en ce qui concerne l’obtention du passeport ont été aussi allégées. Pour tout Béninois résidant à l’étranger, depuis fin mars dernier, il est possible de se faire établir un passeport dans un délai maximum de quinze jours quand toutes les pièces sont à jour. « Paris a été utilisé comme un test. Washington le faisait déjà. L’opération se fait au niveau des consulats les plus proches du lieu de résidence pour nos autres compatriotes », selon Aurélien Agbénonci.
Le ministre des Affaires étrangères est revenu, au cours de cette émission, sur les rapports entre le Bénin et le Nigeria pour rassurer qu’entre les deux pays, les rapports sont au beau fixe et que les chefs des deux Etats se sont vus à maintes reprises. « Le temps mis pour aller au Nigeria après l’investiture est dû à l’agenda et à la santé du président nigérian», explique-t-il. « Le Bénin a montré de la résilience face à la récession au Nigeria grâce aux mesures qui ont été prises et qui ont permis d’anticiper sur la situation. Le président Patrice Talon s’est rendu au Togo même avant son investiture et entretient de très bons rapports avec le président Faure Gnassingbé. Il est déjà allé au Niger trois fois. Au Burkina, il a été fait Grand-Croix. Il a déjà participé à plusieurs grandes réunions, etc., énumère le ministre. « Je préfère voir mon président sur les dossiers du pays que dans la figuration à l’international », dira-t-il également pour justifier l’absence du président Talon à certains sommets internationaux. « Le président Talon n’a aucune aversion pour les voyages, pour les sommets mais il faut trouver un équilibre. La diplomatie n’est pas du spectacle », renchérit Aurélien Agbénonci.

Évaluer cet élément
(2 Votes)
Lu 1130 fois