Le Conseil national du dialogue social (Cnds) a ouvert les travaux de sa première session ordinaire au titre de l’année 2018, vendredi 13 avril dernier à Cotonou. Cette session de deux semaines qui porte sur le thème « Analyse et appréciations du climat social au Bénin : rôle et responsabilités des partenaires tripartites », sera une occasion pour arrêter la stratégie de vulgarisation des documents fondamentaux du Cnds. Mais elle a été boycottée par trois centrales et confédérations syndicales.

La crise sociale que traverse le Bénin depuis plus de trois mois et qui paralyse certains secteurs préoccupe le Conseil national du dialogue social (Cnds). La question occupe une bonne place dans les points inscrits à l’ordre du jour de la première session ordinaire de deux semaines dudit conseil au titre de l’année 2018 dont les travaux ont démarré vendredi dernier.
A l’ouverture des travaux de la session, le président du Cnds, Guillaume Attigbé, a rappelé que le Bénin est confronté depuis un moment à des crises sociales graves et récurrentes. Ces crises, dit-il, mettent à mal la cohésion sociale, la paix et la stabilité, conditions indispensables d’un développement économique harmonieux et de progrès social. Ces crises apparaissent comme les conséquences des politiques engagées par les gouvernements successifs et constituent, de fait, un sérieux handicap au processus entamé depuis 1990 pour l’édification d’une nation démocratique et prospère, estime-t-il.
Guillaume Attigbé souligne que le Bénin dispose d’un arsenal juridique dont la mise en œuvre conséquente devrait permettre une meilleure gestion des crises sociales récurrentes. Au nombre des textes en la matière, il cite : la Constitution du 11 décembre 1990 ; la loi portant Code du travail en République du Bénin, la loi portant statut général de la Fonction publique et la loi portant exercice du droit de grève. Malgré ce dispositif, il est difficile de trouver une solution aux différentes crises. Et c’est pour relever ces défis et impliquer les partenaires tripartites dans un processus de développement harmonieux et durable qu’il a été créé le Conseil national du dialogue social, souligne-t-il.
Après avoir rappelé les missions du Cnds, son président estime que le plus important est de tirer toutes les leçons et les conséquences qui découlent des différentes crises tout en mettant en lumière le rôle que doit jouer le Cnds. Sans désemparer, l’institution selon Guillaume Attigbé, a rencontré à maintes reprises les centrales et confédérations syndicales, les syndicats sectoriels et plusieurs membres du gouvernement pour des propositions de sortie de crise. C’est dans ce prolongement et dans cette dynamique que la première session ordinaire au titre de l’année 2018 du Cnds se tient autour du thème « Analyse et appréciations du climat social au Bénin : rôle et responsabilités des partenaires tripartites ».
Sur un autre plan, les membres du Cnds auront à réexaminer au cours de cette session leur programme d’activité et le budget y afférent; échanger sur le mode opératoire du Cnds ; engager la réflexion devant mener à la structuration de l’institution ; puis arrêter la stratégie de vulgarisation des documents fondamentaux du Cnds mis sous plaquettes.

Boycott de la session par trois centrales syndicales

L’ouverture des travaux de la première session ordinaire du Conseil national du dialogue social (Cnds) au titre de l’année 2018, a été boycottée par trois centrales et confédérations syndicales. Il s’agit de l’Union nationale des syndicats des travailleurs du Bénin (Unstb), de la Confédération des organisations syndicales du Bénin (Cosi-Bénin) et la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (Cstb).
Selon le secrétaire général de l’Unstb, Emmanuel Zounon contacté, leur absence à cette première session ordinaire se justifie par le fait que lors d’une dernière session ordinaire du Conseil, en décembre dernier, toutes les centrales et confédérations syndicales avaient décidé de ne plus participer aux activités si le gouvernement persiste dans le non respect de la Charte nationale du dialogue social qu’ils ont signée.

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