Le directeur d’Amnesty International Bénin, Fidèle Marcos Kikan, a lancé ce jeudi 12 avril à Cotonou, le rapport mondial 2017 sur la peine de mort. C’était devant la presse et des personnalités de la société civile. Il a retenu à l’occasion que l’Afrique subsaharienne constitue une lueur d’espoir en termes d’élimination de la peine capitale.

Dans un contexte de baisse à l’échelle mondiale du nombre d’exécutions et de sentences capitales, Fidèle Marcos Kikan, directeur d’Amnesty International Bénin (Aib) a déclaré lors du lancement officiel du rapport mondial 2017 sur la peine de mort que l’Afrique subsaharienne constitue une lueur d’espoir. Mais avant lui, c’est Glory Cyriaque Hossou, coordonnateur du Comité peine de mort et actions urgentes, qui a présenté les grandes lignes dudit rapport. A l’en croire, l’Afrique subsaharienne a  réalisé d’importants progrès en vue de l’abolition de la peine de mort, avec une diminution significative du nombre de sentences capitales recensées dans toute la région comme le souligne le rapport lancé hier.
La Guinée, relève-t-il, est le vingtième Etat de l’Afrique subsaharienne ayant aboli la peine de mort pour tous les crimes. Le Kenya, quant à lui, a supprimé le recours obligatoire à ce châtiment en cas de meurtre. Il ajoute que le Burkina Faso et le Tchad ont également pris des mesures pour le supprimer en adoptant de nouvelles lois ou en déposant des projets de lois dans ce sens.
Du fait des progrès enregistrés en Afrique subsaharienne, cette région continue, selon lui, de représenter une source d’espoir en ce qui concerne l’abolition. Les dirigeants de certains pays de la région ont pris des mesures qui permettent d’espérer que « le châtiment le plus cruel, inhumain et dégradant » qui soit, sera prochainement aboli, a déclaré Salil Shetty, le secrétaire général d’Amnesty International cité par Glory Cyriaque Hossou.
Les pays qui continuent à travers le monde de procéder à des exécutions seront isolés si les pays abolitionnistes continuent de prendre des mesures pour restreindre le recours à la peine de mort ou pour la supprimer, estime le coordonnateur du Comité peine de mort et actions urgentes.
Amnesty International a enregistré une baisse du nombre de pays procédant à des exécutions en Afrique subsaharienne, ce dernier étant passé de cinq en 2016 à deux en 2017 : la Somalie et le Soudan du Sud sont les seuls pays, selon l’organisation, ayant procédé à des exécutions en 2017.
Le fait que le Botswana et le Soudan aient repris les exécutions en 2018 ne doit pas faire oublier toutes les avancées réalisées par d’autres pays dans toute la région, estime l’organisation.
Les progrès enregistrés en Afrique subsaharienne en 2017 sont représentatifs des tendances positives relevées dans le reste du monde, car les recherches d’Amnesty International indiquent un nouveau recul du recours à la peine de mort en 2017 à l’échelle mondiale.
Amnesty International a recensé au moins 993 exécutions dans 23 pays en 2017, note Fidèle Marcos Kikan, soit 4 % de moins qu’en 2016 (où 1032 exécutions avaient été enregistrées), et 39 % de moins qu’en 2015 (année où l’organisation avait relevé le chiffre le plus élevé depuis 1989  à savoir 1634 exécutions). L’organisation a enregistré au moins 2591 condamnations à mort dans 53 pays en 2017, ce qui représente une baisse notable par rapport au chiffre record de 3117 enregistrés en 2016. Ces chiffres n’incluent pas, selon lui, les milliers de sentences capitales prononcées en Chine et d’exécutions ayant eu lieu dans ce pays, les statistiques en la matière relevant toujours du secret d’Etat dans ce pays.

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