Des acteurs majeurs du transit en Afrique de l’Ouest et du Centre prennent part depuis ce mercredi 11 avril à Cotonou, à un atelier régional pour approfondir le dialogue sur les défis et solutions au commerce de transit. Les travaux qui durent trois jours, lanceront la mise en place d’une dynamique continentale pour mieux cerner les enjeux liés au transit.

L’atelier régional sur le transit en Afrique de l’Ouest et du Centre qui se tient, du 11 au 13 avril à Cotonou, est une initiative conjointe du Programme des politiques de transport (Ssatp), de l’Organisation mondiale des Douanes (Omd), de l’Organisation internationale du transport routier (Iru) et de l’Organisation du corridor Abidjan-Lagos (Ocal). L’Ocal en est la cheville ouvrière. Dans le domaine de la facilitation du commerce et du transport en particulier, l’Ocal produit régulièrement des données sur des indicateurs ciblés comme le temps de séjour des marchandises dans les ports, le temps de traverser des frontières des camions chargés de marchandises, le nombre de barrages routiers, le nombre d'accidents de la route, et l’état du réseau routier sur le corridor Abidjan-Lagos. 

Idissa Kone, secrétaire exécutif de l’Ocal, à l’ouverture des travaux de l’atelier a indiqué que « ces indicateurs permettent de comparer les efforts déployés par chacun des pays dans une approche régionale pour la facilitation du commerce et du transport ». Ces résultats, poursuit-il, servent de repères aux pays dans les prises de décision, et les projections sur le futur.
Malgré les efforts déployés par les pays pour améliorer au fil du temps les indicateurs de facilitation du commerce et du transport, il n’en demeure pas moins que de réels défis restent à surmonter, note-t-il. La longueur du temps de traversée des frontières des camions chargés de marchandises, les disparités de ce temps enregistrées d’un pays à l’autre, les lourdeurs administratives et les délais trop longs d’accomplissement des formalités administratives aussi bien dans les ports qu’aux frontières, les tracasseries de toutes sortes subies par les usagers de nos corridors constituent autant de défis en attente, précise-t-il. L’Ocal, faut-il le préciser, est une Organisation intergouvernementale mise en place par les cinq pays côtiers que sont la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo, le Bénin et le Nigeria pour faciliter la libre circulation des personnes et des biens et développer une réponse sous-régionale à plusieurs maux. Ce corridor est long de 1022 km et draine plus de 2/3 des activités économiques dans l’espace Cedeao et près de 50 millions de personnes y transitent chaque année.

Amélioration

En réunissant les acteurs clés, à savoir les pays, le secteur privé, la société civile, les associations professionnelles de déclarants en douane, les chambres de commerce et d’industrie et bien d’autres organisations concernées par la libre circulation des personnes et des biens sur le corridor, les initiateurs de l’atelier entendent partager les expériences « afin d'améliorer le transit en Afrique de l’Ouest et du Centre y compris les conditions de transport et d'échange le long des corridors internationaux de la région », dira également Idissa Kone, secrétaire exécutif de l’Ocal. « Les organisateurs de la présente rencontre ont vu juste et mettent le doigt sur une question qui retarde les échanges commerciaux en Afrique et freine sa croissance économique », salue-t-il par ailleurs.
Katrina Sharkey, représentante résidente de la Banque mondiale promet de son côté l’accompagnement de son organisation. « La Banque mondiale est très engagée pour la transformation du corridor actuel en un corridor économiquement rentable », assure-t-elle. Plusieurs autres intervenants, représentants des structures-parties à l’atelier se sont aussi prononcés pour saluer la pertinence d’un tel atelier qui vient solutionner pour une bonne part, des maux qui plombent le développement des pays.
Alain Ayadokoun, directeur adjoint de cabinet du ministère des Affaires étrangères, salue également pour le compte du gouvernement béninois, l’initiative d’une telle rencontre dont les objectifs et finalités épousent entièrement les ambitions contenues dans le Programme d’actions du gouvernement.

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