Bonne nouvelle pour l’école et l’Administration publiques béninoises ! Le mouvement de grève qui paralyse, depuis des mois, le fonctionnement d’une bonne partie des secteurs vitaux du pays est en train de se conjuguer au passé. En plus de la Cspib qui l’avait fait depuis la semaine dernière, trois centrales et confédérations syndicales ont rendu publique, lundi 9 avril, une déclaration commune de suspension de la grève.

« Nous décidons de la suspension de la motion de grève en cours depuis le 16 janvier 2018 et appelons l’ensemble des travailleurs à reprendre le travail dès le mardi 10 avril ». L’adresse des secrétaires généraux de la Confédération des syndicats autonomes du Bénin (Csa-Bénin), de la Confédération générale des travailleurs du Bénin (Cgtb) et de la Centrale des syndicats unis du Bénin (Csub) à l’endroit de leurs syndiqués, à travers une déclaration commune de suspension de motion de grève est formelle. Elle invite par conséquent les travailleurs à tourner dos à la grève pour reprendre le travail dès ce jour. 

Le mouvement de grève en cours depuis le 16 janvier dernier connaît ainsi sa fin du côté de ces trois organisations qui ont clairement exprimé leur intention de sauver l’année en cours. « Pour nous, aucun prix n’est assez fort pour éviter à notre peuple le chaos que le gouvernement lui-même a fait l’option de lui offrir », précise la déclaration dont l’effectivité a été confirmée par l’un des trois signataires contactés par notre Rédaction. « Au niveau syndical, il s’agit pour nous de ne pas cautionner l’abus de confiance et l’escroquerie. En effet, nous savons tous que ceux qui prétendent que nous les avons rejoints dans le mouvement et qui s’efforcent désespérément dans leurs machinations habituelles de prendre le lead d’un mouvement dont ils ne sont pas géniteurs, ne sont pas les plus vertueux », indiquent également les signataires de la lettre.
La levée de la motion de grève est aussi analysée par ces trois entités syndicales comme « la nécessité de démontrer une énième fois encore notre bonne foi à la face du monde ». Néanmoins, ils rejettent aussi « les propositions humiliantes du gouvernement » relatives notamment aux statuts particuliers des enseignants et dénoncent son silence sur les autres points de revendication. Seulement, préviennent-ils, « Il ne s’agit que d’un repli tactique » pour laisser « le gouvernement face à ses responsabilités pour expérimenter ses solutions messianiques unilatérales en vue de permettre au peuple, seul détenteur de la souveraineté nationale, de lui appliquer la sanction appropriée ».

Sévère réquisitoire

La décision de suspension de la grève voulue par la Csa-Bénin, la Cgtb et la Csub est loin d’être le fruit d’un quelconque consensus avec le gouvernement, eu égard aux négociations en cours depuis plusieurs semaines. Il s’agit plutôt pour les syndicalistes, si on s’en tient à la déclaration, de prouver leur bonne foi et de dégager leur responsabilité si l’année venait à être perdue dans les écoles. « Non à une année blanche voulue et planifiée par le gouvernement », ainsi s’intitule cette déclaration à travers laquelle les trois organisations sus citées tournent dos à la grève en faisant le constat que « notre administration et notamment les secteurs de l’éducation, de la santé et de la justice ont été sérieusement secoués ».
Dans cette affaire, les syndicalistes semblent avoir très mal pris la réaction du gouvernement. « Au lieu de mettre sa foi dans un dialogue franc et sincère, il s’est illustré dans un déni de droit et une expérimentation diabolique de tortures et d’actes attentatoires aux libertés individuelles et collectives », déplorent-ils dans la déclaration. « Mépris, humiliation, infiltration en vue de déstabilisation, réquisition à tour de bras, limogeages, lynchages médiatiques, intimidations, trafic d’influence de tout genre, menaces », leur auraient été opposés sans oublier « le traitement partiel et parfois expéditif des revendications, objets de la motion de grève en raison de l’emprise étouffante de la ruse et de la rage sur les négociations tant au niveau sectoriel que central », lit-on également dans cette déclaration.

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