L’université d’Abomey-Calavi est toujours secouée par une grève ‘’campus mort’’ de 96 heures. Ce mardi 3 avril, les quelques étudiants et enseignants venus pour les activités académiques ont repris le chemin de leur maison.

Selon une étudiante en première année d’économie, toute triste, rencontrée sur le chemin de retour à son domicile, ses camarades et elle ont été appelés gentiment par les responsables des fédérations d’étudiants à vider l’amphithéâtre pour cause de grève. Même témoignage de plusieurs autres étudiants. Une étudiante en deuxième année d’économie a rapporté qu’une de ses camarades qui a refusé de sortir de la salle de cours de l’Uémoa aurait reçu une paire de gifles avant de s'exécuter.
Selon d’autres témoignages d’étudiants en première année d’économie, venus prendre part au cours de microéconomie, leur professeur est arrivé ce matin au cours mais n’a pas pu enseigner sa matière. Il a évité de s’introduire dans l’amphithéâtre par peur d'être bastonné par les étudiants grévistes ‘’en faction’’.
Le cas de cet enseignant n’est pas isolé. La preuve, dans la zone de Master aussi déserte que presque toutes les entités, les enseignants, à défaut d’enseigner se sont enfermés dans une salle pour concevoir un programme de formation des étudiants de niveau doctoral, a-t-on constaté.
Selon le premier vice-président de la Fédération nationale des étudiants du Bénin (Fneb), M. Mama Moussa Mohamed, les étudiants poursuivent leur mouvement de grève démarré en début de mois de mars. Selon le calendrier des grévistes, cette semaine, le mouvement de grève passe de 72 heures antérieurement à 96 heures. Ce mouvement sera reconduit à une durée de sept jours sur sept, la semaine prochaine, si leur plateforme revendicative n’est pas satisfaite, a-t-on appris.
Rappelons que le mot d'ordre de ce mouvement de grève a été lancé, vendredi 3 mars dernier, par les responsables des trois associations estudiantines, à savoir la Fédération nationale des étudiants du Bénin (Fneb), l’Union nationale des étudiants du Bénin (Uneb) et l’Union nationale des scolaires et étudiants du Bénin (Unseb). Ils protestent contre le décret n° 2017-155 du 10 mars 2017 portant critère d’octroi des allocations d’études universitaires en République du Bénin et le décret n° 2017 – 485 définissant les modalités de collaboration des organisations estudiantines avec l’Etat et les autorités des universités publiques en République du Bénin. Pour eux, le premier décret fermera la porte des universités aux enfants de parents pauvres.
Les étudiants exigent également la réintégration de vingt-et-un étudiants exclus des cours, l’annulation de la décision du Conseil des ministres relative à la hausse des frais d’inscription dans les universités nationales du Bénin pour le compte de l’année académique à venir, le paiement des arriérés de bourses, secours, frais de mémoire et de stage et sommairement de meilleures conditions d’études dans les établissements de formation et dans les résidences.
Lors des échauffourées qui ont eu lieu, début mars, trente-huit étudiants ont été arrêtés et mis en garde en vue au commissariat de police d’Abomey-Calavi avant d’être mis en liberté grâce à la magnanimité du procureur de la République auprès du tribunal de première instance d’Abomey-Calavi et de la plaidoirie de la défense?

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