Sylvain Dahouè assure désormais l’intérim du maire d’Aplahoué suspendu pour deux mois, depuis le jeudi 22 mars dernier, par le ministre de tutelle, rapporte l’Agence Bénin Presse (Abp). A l’occasion, le maire suspendu, Casimir Sossou, se serait félicité d’avoir œuvré pour le rayonnement d’Aplahoué au cours des trente-et-un mois passés à la tête de la commune, malgré les turbulences.
Le maire entrant par intérim, pour sa part, s’est engagé à relever les défis, tout en plaidant pour l’entente, le pardon et l’amour du prochain, renseigne la même source.

Le maire Casimir Sossou aurait commis des « fautes lourdes » dans l’exercice de ses fonctions, qui ont motivé la décision du ministre de tutelle, Barnabé Dassigli. Sa suspension fait suite à son audition par le Conseil départemental de concertation et de coordination (Cdcc) du Couffo sous l’égide du préfet Christophe Amègbédji, conformément à l’article 54 de la loi sur la décentralisation qui dispose qu'en cas de fautes lourdes, que « Le ministre peut prononcer la suspension du maire ou de l'adjoint et proposer, le cas échéant, la révocation au Conseil des ministres ». Le Conseil des ministres devra donc se prononcer sur le rapport qui sera déposé par le ministre en charge de la Décentralisation et de la Gouvernance locale.
Franck Kinninvo, spécialiste des questions de décentralisation, joint au téléphone, estime que la révocation de Casimir Sossou pourrait intervenir, compte tenu des faits retenus à sa charge dans l’arrêté de suspension.
Le cas d’Aplahoué n’est pas inédit. En juillet 2017, l’ancien maire de Cotonou, Léhady Vinagnon Soglo, avait été suspendu pour fautes lourdes un vendredi a été révoqué le mercredi suivant en Conseil des ministres.
Au total, onze griefs sont portés à l’encontre du maire d’Aplahoué. L’on évoque, entre autres, « des manquements par rapport à la passation des marchés publics, le non reversement des recettes issues de la vente des tickets de droit de stationnement au titre de l’année 2016, le non-respect des procédures requises ou de bonnes pratiques à l’occasion du recrutement et de la nomination à des postes de responsabilités de divers agents, le paiement des indemnités à un ancien conseiller, malgré l’invalidation de l’élection de celui-ci par un arrêt de la Cour suprême rendu en septembre 2016, la délivrance d’un faux certificat de travail en qualité de conseiller juridique à un intéressé, qui n’aurait jamais servi à la mairie d’Aplahoué ».
Des chefs d’accusation par rapport auxquels le maire Casimir Sossou était appelé à se défendre, lors de son audition à huis clos, le 2 mars dernier à la préfecture d’Aplahoué. Aux dires du préfet du Couffo, Christophe Mègbédji, le maire a reconnu certains faits qui lui sont reprochés et a demandé la clémence du Cdcc, du gouvernement et du chef de l’Etat.

 

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