Le label Sweet Bénin constitué de plusieurs Ong intervenant dans la transformation, la production  et la distribution des produits dérivés de la pomme Cajou, avec l’appui du projet Benin Cajù, a organisé, vendredi 1er décembre dernier à Dassa, une rencontre d’information et d’échanges au profit des partenaires techniques et financiers (Ptf) pour davantage susciter leur engagement à ses côtés.

Le Bénin regorge de richesses inexplorées jusque-là, parmi lesquelles le cajou cultivé essentiellement au centre et au nord-Bénin. C’est bien cette pomme de cajou que des entreprises béninoises transforment en jus et autres. Et pour mieux positionner ce produit sur le marché, celles-ci ont besoin de l’appui des partenaires à tous les niveaux de la chaîne, aussi bien à la production, la transformation, la distribution qu’à l’application des normes de qualité. En tout cas, ce regroupement d’entreprises dénommé Sweet Bénin est décidé à mettre toutes les chances de son côté pour favoriser définitivement l’essor des produits issus de la transformation de la pomme cajou en jus.
Et pour y parvenir, il faut mettre à contribution les partenaires aussi bien techniques que financiers pouvant accompagner ce sous-secteur. C’est donc en s’inscrivant dans cette dynamique que l’initiative de la rencontre de Dassa a été prise. Il y était question de présenter le plan stratégique de développement du label en vue de fédérer les actions pour un développement durable de la sous-filière.
A l’ouverture de cette rencontre, Soulé Abdoulaye Manigui, coordonnateur adjoint de Benin Cajù, a insisté sur l’adhésion des partenaires techniques et financiers à la vision de développement du label Sweet Bénin. Car, la filière cajou bénéficiant déjà d’accompagnements divers et variés de plusieurs partenaires au développement, la sous filière de la pomme cajou gagnerait davantage, s’il y avait une synergie des actions et appuis. Il note que beaucoup de choses pourront changer non seulement à travers l’amélioration du niveau de revenu des acteurs engagés dans cette filière mais aussi par la création d’emploi en milieu rural. Il serait donc très important de retenir une approche d’intervention qui permettra de jeter ou de faciliter les bases pour une synergie d’actions en faveur de cette nouvelle opportunité de création de richesse et d’emplois.
Aujourd’hui, assure Adélaïde Laourou, présidente de label Sweet Bénin, « Nos entreprises sont fortement engagées dans la transformation de la pomme et affichent des résultats très éloquents. Nous ne parvenons pas encore à répondre à la forte demande de nos produits provenant du marché ».  Comme pionnier de cette révolution silencieuse, le label Sweet Bénin, un regroupement de transformateurs, se dit bien conscient de ce que le taux de transformation locale reste encore faible et qu’il faut travailler pour mettre en exergue tout le potentiel du sous-secteur.

Objectif : 200 000 bouteilles de jus en 2018

Avec le soutien des partenaires dont le plus récent est Benin Cajù, les quatre entreprises de Sweet Bénin ont pu produire 30 000 bouteilles de jus de pomme cajou en 2017. Pour les prochains mois, « Sweet Bénin projette une augmentation de la production de 600 % en 2018, passant ainsi de 30 000 à 200 000 bouteilles de jus de pomme de cajou avec d’autres produits tels la farine de pommes très riche en vitamines ». Un essor qui, s’il était atteint, va sans doute renforcer la filière d’autant qu’en Afrique, chaque année plus de 10 millions de tonnes de pomme de cajou sont perdus comme déchets.
C’est là tout l’intérêt de cette rencontre de Dassa qui vise donc à créer un cadre d’échange et de partage pour garantir une meilleure orientation et une mise en œuvre efficace des politiques d’appui des différents partenaires au développement. La production annuelle de pomme de cajou du Bénin est estimée à huit cent mille (800 000) tonnes métriques.
Entre autres partenaires techniques présents à Dassa, il y avait Samuel Akpovi, spécialiste de la chaîne des valeurs au Programme-cadre des interventions du Fida en milieu rural (Procar-Bénin). Il salue la présentation du plan stratégique de développement de Sweet Bénin faite au cours de cet atelier et indique que c’est à partir de ce plan que les Ptf pourront voir quel type d’appui apporter à ce Gie pour que demain, il puisse avoir des produits de qualité à présenter sur le marché de la sous-région et même à l’international. A cet effet, Samuel Akpovi reconnaît que Sweet Bénin peut être accompagné dans la qualité des équipements pour la transformation des pommes de cajou en jus. Aussi, Sweet Bénin a besoin d’un magasin central de stockage que les Ptf peuvent aider à construire tout comme les voyages d’étude en faveur des promoteurs des produits Made in Bénin pour aller s’inspirer d’expériences d’autres pays. Il n’oublie pas la mise aux normes des produits, il propose aussi un accompagnement de certification de qualité et de traçabilité qui permettra de mettre en confiance le consommateur sur la qualité du produit. Des soutiens qui seront sans doute traduits en actes dans les semaines à venir pour permettre à Sweet Bénin de tenir son pari d’occuper l’espace jusque-là resté inoccupé.
Mis sur pied en mars 2017, Sweet Bénin qui espère prendre un nouvel envol est un groupement d’intérêt économique qui, à l’origine est constitué de quatre entreprises locales de production de jus de fruit. Il est appuyé par Benin Cajù, un projet quinquennal (2015-2020) financé par le gouvernement américain et mis en œuvre par Techno Serve en partenariat avec Catholic Relief Services.

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