Assiba et Codjo constituent un couple exemplaire mais sans le moindre enfant, après plusieurs années de vie conjugale. Les commentaires allaient bon train dans leur quartier et au sein des deux belles-familles. Les mauvaises langues traitaient l’homme d’impuissant ; d’autres estiment que c’est la femme qui a mené une mauvaise vie et se serait adonnée à des interruptions volontaires de grossesse par le passé. Les examens médicaux n’avaient révélé aucune anomalie de part et d’autre. L’attente du couple d’avoir une progéniture était devenue plus longue et les deux amoureux étaient devenus très anxieux.

Soucieuse de son sort, Assiba commença à en parler à toutes ses amies qui l’amenaient chez les charlatans et autres alphas. Après avoir parcouru plusieurs « guérisseurs » sans avoir gain de cause, elle commença à accuser une tante maternelle de son mari qui n’aurait pas aimé leur union. L’époux la calmait toujours en lui faisant comprendre que l’heure de Dieu, la meilleure, n’a pas encore sonné. Car, il a foi qu’elle mettra au monde un enfant tôt ou tard pour rendre heureux leur foyer. Il n’y a pas de jour où il ne rassurait son épouse. Les idées ne manquaient point à dame Assiba qui se résigna d’aller faire l’amour avec un autre homme en dehors du toit conjugal, en période de fécondité. C’était pour voir si elle pouvait tomber enceinte avec un homme autre que son mari. En trompant effectivement son mari, en allant faire l’amour discrètement avec le cousin de son époux, elle contracta une grossesse. Elle annonça la bonne nouvelle au mari cocu qui, tout heureux, a loué Dieu pour ce cadeau divin qui tomba enfin. Il ne savait pas que l’enfant se trouvant dans les entrailles de son épouse était le fruit de l’amour de son épouse avec son cousin. Tout lui avait été soigneusement caché par l’épouse. Le cousin du mari, auteur de la grossesse, et la femme enceinte s’entretenaient par téléphone à l’insu du mari. La communication entre eux était parfaite jusqu’à l’accouchement. C’est un beau garçon baptisé ‘’Dieudonné’’. Le sieur Codjo pensait avoir donné au nouveau-né un prénom de son choix lorsque la femme le devança auprès de la sage-femme. Il s’en offusqua et manifesta publiquement son mécontentement. Après cette altercation, dame Assiba dévoila le secret en disant que son mari n’est pas le père du nouveau-né pour lui donner un nom. Elle précisa à la belle-famille que le géniteur était bel et bien son cousin Léon avec qui elle flirtait depuis plusieurs mois, avant de tomber enceinte, sous le toit conjugal. Scandale ! A cette déclaration, toute l’assistance stupéfaite, ne savait plus quoi dire du déballage d’Assiba.
Interpellé, le sieur Léon reconnut sa relation avec Assiba, en implorant le pardon de son cousin. Il osa dire à ce dernier : « Puisque nous sommes de la même famille et que nous portons le même nom, je te demande une nouvelle fois pardon. Cet enfant est encore le tien. Tu demeures toujours mon aîné sur cette terre, malgré ce qui s’est passé entre nous ». Codjo, tout confus de honte, se mit à pleurer à chaudes larmes devant les membres de la famille. Il fit comprendre à l’assistance qu’il ne pardonnera jamais à son épouse Assiba jusqu’au jour de son dernier souffle.

Évaluer cet élément
(3 Votes)
Lu 2368 fois