Dans un contexte où la cohésion au sein des forces politiques de l’opposition se délite, que représenterait encore l’appel de Sèmè-Podji marquant leur engagement commun, sinon une farce ?

Nicéphore Dieudonné Soglo et Thomas Boni Yayi tentent de sauver les meubles et donnent le ton en sonnant la mobilisation de l’opposition au sein d’un seul et même creuset. Le mot d’ordre est lancé. «Il faut laisser de côté nos petits problèmes, ce que j’appelle les contradictions secondaires», invite l’ancien président Nicéphore Dieudonné Soglo. Il en donne lui-même l’exemple. Sinon, comment comprendre que le couple Soglo qui avait peint la gestion de Boni Yayi avec les pires qualificatifs, se mette à jouer dans la même cour que celui-ci ?
L’appel retentira-t-il favorablement dans le cœur des autres forces de l’opposition, au regard notamment des époustouflantes déclarations du ténor de Restaurer l’espoir et d’autre part des désirs de grandeur de l’Union sociale libérale d’autre part. On attend de voir. Mais pour sa survie, et pour ne pas faire piètre figure aux législatives prochaines, l’effort de cohésion fait par la paire Soglo-Yayi n’est pas des moindres.

Ont-ils le choix ?

Les deux leaders, pour un mariage de raison, en dépit de leurs légendaires différends, ont choisi de se mettre ensemble. Dans la perspective du rassemblement des forces politiques et de constitution de grands blocs politiques, l’on a pu voir des fusions les unes aussi étonnantes que les autres. Du côté de l’opposition, ce pari était loin d’être gagné, si ce n’est Soglo et Yayi qui œuvrent pour sauver les meubles. En politique, tous les revirements sont possibles. Et la nouvelle configuration du paysage politique béninois ne laisse d’ailleurs aucune chance aux partis politiques individualistes.
En plus, et de loin, la contrainte pour les leaders de l’opposition, demeure les lignes groupées de la mouvance. Ce qui fait du regroupement de l’opposition plus qu’une nécessité, une urgence devant l’imminence des joutes électorales. Et, au-delà, cette conjugaison de volonté entre les deux anciens chefs d’État traduit une certaine crainte face aux forces politiques de la mouvance. C’est peut-être ce qui amène Rosine Soglo à exhorter les forces de l’opposition à se serrer les coudes pour ne pas se faire laminer aux élections.

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