Les échanges de bons procédés, au sein de l’opposition, tournent au drame kafkaïen. Certains de ses acteurs ne se limitant plus aux accusations de fauteur de troubles, d’empêcheur de s’unir…

Le paysage politique national fait sa mue, en raison de nouvelles dispositions légales, suite à la réforme du système partisan qui impose une dynamique nouvelle. Dans la perspective des prochaines élections législatives, cette dynamique nouvelle est plus qu’un impératif. Pour l’avoir compris, le Bloc de la majorité présidentielle a pris les dispositions idoines et, conformément aux vœux de son patron, mis en place deux principaux partis imposants de par leurs compositions et la qualité de leurs adhérents. On revient de loin, et on doit en vérité admettre, au regard de l’existant que c’est une avancée considérable, qu’aujourd’hui au Bénin, en plus de ces deux grands partis, à savoir l’Union progressiste et les Républicains, il existe quelques autres dont le Parti du Renouveau démocratique (Prd), l’Ubdn ou le Dud…Quoi qu’il en soit, demeure la dynamique de fédération des énergies, même en ce qui concerne ces éléments « rebelles » de la mouvance présidentielle qu’on pourrait, a priori, considérer comme faisant « cavaliers seuls » tels le Prd, l’Ubdn ou le Dud. Ça, c’est côté face du landernau politique.

Qu’en est-il de l’Opposition, côté pile ?

Au-delà de la conformité au Code électoral et à la Charte des partis, nécessaires, à laquelle doivent souscrire toutes les formations politiques, au risque de disparaître, la dynamique reste à l’unité, la fédération des forces pour une marge d’action plus importante, au regard des contingences des nouvelles dispositions légales régissant les partis. La conditionnalité de
10 % des suffrages requis sur le plan national pour pouvoir être attributaire de siège de député n’étant plus à la portée des fameux clubs électoraux tant stigmatisés, et qui ont jadis essaimé sur le paysage politique national, prendre le risque d’une aventure solitaire aujourd’hui, au cours d’une élection comme les législatives, c’est prendre aussi le pari d’un échec assuré, à moins d’avoir les reins solides, de jouir d’un ancrage politique solide voire séculaire… L’opposition tout comme la mouvance est condamnée à affronter cette réalité qui s’avère une évidence aujourd’hui pour la classe politique nationale.
Mais si, pour la mouvance, cette évidence est inscrite dans son Adn, il n’en est pas de même pour son vis-à-vis qui s’empêtre dans une querelle de chiffonniers...Alors que l’échéance, en l’occurrence des législatives, s’avance à grands pas ! Le comble est que même les noms d’oiseaux fusent dans les rangs de l’opposition. Voire pire !

Et moi, et moi, et moi…

Du côté de l’Union sociale libérale (Usl) de Sébastien Ajavon, on indexe l’allié (en principe objectif) qu’est censé être Restaurer l’espoir de Candide
Azannaï d’être la cause de l’impossible union, et vice-versa. Selon la légende urbaine, qui n’en est pas une en réalité, car elle est largement étayée par les bons soins des protagonistes eux-mêmes, l’union serait impossible entre Restaurer l’espoir, Union sociale libérale et Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). L’un invitant l’autre à laisser son parti pour intégrer le sien, et vice-versa. On s’y perd dans ce méli-mélo d’égos surdimensionnés, préjudiciables aux intérêts de ladite opposition, tant qu’on y perdra son latin…

Ça tourne à l’eau de boudin !

Candide Azannaï, lui, n’a rien perdu de sa verve. Si bien qu’il ne s’est pas embarrassé à traiter celui qui devrait être son allié objectif pour conforter les gains de l’opposition, de « trafiquant de drogue ». Du moins, si l’on fait foi à une vidéo devenue virale récemment sur le net, et jusqu’à présent non remise en cause par l’intéressé. Décidément, ça part en vrille, voire en cacahuète du côté de l’opposition, dirait-on.
S’offusquant en effet des prétentions de l’Usl, de ses appels de pied à le voir, entre autres, lui, il est vrai, le professionnel expérimenté de la politique, aller aux prochaines élections législatives sur la liste d’un parti qui n’a pas encore perdu ses dents de lait, Candide Azannaï assimile cela à une affliction, et sort les crocs, alléguant que « Les trafiquants de drogue ne peuvent me donner aucune leçon… ». De sa voix fluette bien identifiable, mais ferme, en langue nationale fon, il n’y est pas allé du dos de la cuillère, sonnant ainsi le requiem de l’unité de l’opposition, véritable coup de boutoir. Au demeurant, il s’agit d’une estocade qu’il porte au leader de l’Usl, coulant ainsi par ailleurs la ligne de défense de celui-ci, à savoir sa non-culpabilité clamée suite à la sentence prononcée par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet).
On ne peut que donner quitus à Candide Azannaï de faire valoir ses acquis de désormais taulier de la politique, et l’orgueil qui est le sien de s’accrocher à son parti, Restaurer l’espoir qu’il s’emploie à conformer aux nouvelles normes, d’accommodement jugé peu facile du reste. Mais pour si peu, doit-il se faire, dans ce qui est devenu l’échange de bons procédés entre gens de l’opposition, le bourreau de son ami de l’opposition reconnu à travers ses propos ? La loi de la jungle qui, dit-on, est de mise en politique serait-elle sans limite ?

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