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Célébration du vodoun, édition 2016; Athiémé fête dans l’unité, Lokossa en rangs dispersés

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Publié dans Actualités
mercredi, 11 janvier 2017 03:29

Des adeptes et dignitaires du culte vodoun du Mono et du Couffo n’étaient pas en marge de la célébration de ce 10 janvier. Pour le compte de cette édition 2017, quelques localités notamment Athiémé et Lokossa ont affiché un nouveau visage à l’occasion de la fête des religions traditionnelles.

Athiémé, 13h, ce mardi 10 janvier. Des adeptes de Mami, de Thron et d’autres chapelles du vodoun ont pris leur quartier de fête au pied du pont de franchissement du fleuve Mono. C’était sous l’égide d’un comité d’organisation présidé par Bessan Ahougnonsi qui aura réussi à faire échec aux élans de division des années précédentes. Contrairement à l’édition de 2016 par exemple, aucune autre manifestation publique n’était perceptible hier, dans la commune.

Dignitaires, vodounsis, autorités et une foule de curieux ont pris d’assaut la place commune. Une place très colorée et qui a vibré au rythme de zandro, des animations des Mamissi (adeptes de Mami), des démonstrations des adeptes de Thron Sofo d’Avédji puis des Zangbétos suivis des prestations des groupes folkloriques et des chants du fâ. Des prêtres du fâ n’ont pas manqué de faire des consultations en vue de scruter les présages de l’année en cours. Il ressort de leurs manœuvres, que l'année sera favorable et que les mânes des ancêtres bénissent l'unité retrouvée.
Et pour conjurer les mauvais sorts et apaiser les dieux, ils ont immolé un cabri blanc puis fait des libations. Tout ceci en communion avec leurs coreligionnaires de la préfecture du Bas-Mono (Togo) spécifiquement des cantons d’Afangna et d’Agomé-Glouzou. Leur chef de délégation, Hounkpè Dadessimè et hounnon Comlan Dadégnon, ancien directeur de cabinet du président de l'Assemblée nationale, ont salué, tour à tour, l’unité retrouvée au sein des dignitaires du vodoun à Athiémé. Pour Hounkpè Dadessimè, ça fait plaisir de voir toutes les chapelles célébrer ensemble vodoun, culte d'amour, à Athiémé. Cette unité retrouvée, plaide Comlan Dadégnon, doit s'accompagner de la restauration de la fonction protectrice de vodoun qui s’accommode mal de la surenchère.
« Vodoun n'est pas destiné à tuer et nous ne devons non plus laisser les politiciens nous diviser», a-t-il clamé.

Lokossa en rangs dispersés

Dans la cité des Kotafons aussi, la donne a changé mais dans le sens négatif. Beaucoup de dignitaires voire des arrondissements entiers ont refusé, contrairement à l’ambiance de 2016, de s’associer aux manifestations de la Place de l’indépendance. Une place censée être le lieu officiel au plan communal. Parmi les dissidents, il y a notamment Ouèdème-Adja et Houin. Deux arrondissements habitués à convoyer d’importants groupes d’adeptes au chef-lieu de la commune pour faire prévaloir l’esprit de discipline et d’union au sein des religions endogènes à Lokossa. En cause, selon quelques indiscrétions, la qualité de gestion des fonds dédiés aux éditions précédentes de la fête et surtout la difficulté à boucler, cette fois-ci, le budget des manifestations à travers des souscriptions propres.
Hier donc, les différentes chapelles de Ouèdème-Adja sont restées sur leur terre et ont célébré la fête à l’école primaire publique groupe A autour de Tossou Azonhoubo Bagnonsi, prêtre du vodoun Sakpata. Ceux de Houin, inscrits dans la même logique, ont choisi la forêt sacrée de leur localité pour faire des libations présidées par Sozèhouè Tchannoukin Koutougbo.
Toutefois, Koutougbo Missihou et ses groupes n’ont pas manqué d’égayer les populations ayant effectué le déplacement de la place de l’Indépendance dans la ville de Lokossa. En moins d'une heure d'horloge, toutes les étapes de la cérémonie ont été accomplies, signe d'une certaine morosité que Koutougbo Missihou a mis sur le compte de l'absence des subventions publiques.
Du côté du Couffo, le prêtre Gogoué Mèdjiko du vodoun Dan et un collège de dignitaires du département ont, eux-aussi, honoré les religions ancestrales. Selon quelques témoignages, ces dignitaires et adeptes ont surpassé leurs clivages en optant pour une célébration conjointe qui s’est déroulée sur la place publique d’Aplahoué, chef-lieu du Couffo?

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