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Fête des religions endogènes: Une célébration en rangs dispersés à Parakou

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Publié dans Actualités
mercredi, 11 janvier 2017 03:27

Le Bénin a célébré, hier mardi 10 janvier, la 22e édition de la fête des religions endogènes communément appelée "fête du Vodoun". Quand bien même les manifestations officielles ont eu lieu à Allada, Parakou à l’instar des autres localités du pays n’est pas restée en marge de la célébration. C’est en rangs dispersés que les dignitaires et les adeptes des différentes divinités ou cultes Vodoun ont vécu cette fête qui se veut pourtant un grand moment de prières et d’adorations.

Le Vodoun était à l’honneur, hier mardi 10 janvier, sur toute l’étendue du territoire national. A l’occasion, les différentes divinités ont eu droit à des sacrifices et autres offrandes, comme le recommande le rituel qui leur est dévolue, par leurs adeptes et initiés, en signe de la foi qu’ils leur vouent.Cette célébration a été officiellement instituée en 1995, pour promouvoir la laïcité du Bénin, valoriser et donner davantage de visibilité aux religions endogènes qui reflètent son identité.

A Parakou, une ville fortement islamisée, la 22e édition de la fête des religions endogènes célébrée, hier mardi 10 janvier, n’a pas connu un grand engouement. Au-delà du souci de sacrifier à la tradition, les dignitaires et les adeptes de chaque divinité ont voulu, chacun de son côté ou dans son couvent, remplir tout simplement une formalité. En témoigne la division dans laquelle les festivités se sont déroulées à divers endroits de la ville.
En dépit de la morosité qui sévit, Alexis Botchi, secrétaire général du couvent Sounko Zangnanlan d’Allaga et ses adeptes étaient sur le terrain Cheminot, aux côtés de leurs collègues d’autres divinités comme les Abikou, Oro et Egun-gun. « Nous n’avons pas attendu l’aide du gouvernement. Entre couvents, nous nous sommes cotisés pour pouvoir réunir tout ce qu’il faut, comme les cabris, les poulets et autres ingrédients, pour les libations et sacrifices. Après, chacun rejoindra son couvent pour la suite des festivités », a confié Alexis Botchi.
Quant à la congrégation départementale du Vodoun Thron Kpéto Déka Alafia et son président, Hounnongan Atchékpè Yélian, c’est dans la plus grande simplicité qu’ils ont célébré ce 10 janvier. « Nous avons toujours décrié ce fonds qui a souvent été affecté pour la célébration de l’évènement. Il n’a jamais été utilisé à bon escient. L’année dernière dans le septentrion, ma congrégation n’a reçu que 20 000 F CFA. Qu’est-ce que cette somme peut couvrir ? », s’est plaint Hounnongan Atchékpè Yélian. Déjà la veille à la place où est érigé le temple départemental à Tiangourou, il a procédé à la cérémonie « Zodrandran » avec les adeptes de Thron.
Hier mardi, aussitôt le top donné par ses supérieurs Hounnongan Tchédji et Hounnongan Atchèfon, Hounnongan Aïdo du Thron Kpéto Déka à Okédama a prié pour la paix au Bénin et le monde entier. Assisté de ses fidèles, il a ensuite sacrifié un mouton pour sa divinité. En l’absence de moyens pour se déplacer, il a préféré ne pas quitter son couvent. « Pour le moment, l’appui que le gouvernement a pris l’habitude de nous apporter à l’occasion de la célébration de cette fête, ne nous est pas encore parvenu. J’espère qu’il arrivera après la fête », a laissé entendre Hounnongan Aïdo.
Le chef de la spiritualité des Batumbu à Parakou, Sa majesté Orou Douarou Baranon, a aussi immolé des bêtes à ses fétiches. A Gannon, dans le 3e arrondissement, le cérémonial était le même au couvent du fâ. C’est le prêtre Anasthase Okioh qui l’a officié, en faisant des prières, adorations et sacrifices aux fétiches Ogou et Elègbara?

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