VOEUX 2016

Arts et culture: Les faits qui ont marqué l’année

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Publié dans Culture
mardi, 03 janvier 2017 06:26

La bataille autour du financement des activités culturelles aura été l’une des préoccupations majeures dans le secteur au cours de l’année qui s’achève. A cela, il faudra ajouter la querelle du renouvellement des mandats au Fonds d’aide à la culture et quelques autres faits marquants.

L’avènement du régime du Nouveau départ en avril dernier a coïncidé au plan culturel avec une guerre larvée entre acteurs culturels autour du renouvellement des mandats des administrateurs du Fond d’aide à la culture (Fac). Autrement, Patrice Talon et son ministre en charge de la Culture ont hérité d’une patate chaude autour de l’organisation ou non de l’élection des administrateurs du Fac. En effet, le 18 avril 2016 a été retenu pour le déroulement du scrutin mais avant cette date, ceux qui étaient pour l’organisation du vote et ceux qui étaient contre se livraient une guerre faite de déclarations, de concertations et d’actions diverses. Lundi 11 avril au Hall des Arts, Loisirs et Sports de Cotonou, un groupe d’acteurs culturels composé pour la plupart de responsables de la Confédération béninoise des acteurs des arts et de la culture, des fédérations et associations d’artistes, à travers une déclaration publique s’offusque des contestations et protestations d’un autre groupe d’artistes qui souhaite que le mode de désignation soit revu. «Les élections ou rien !», c’était leur cri de ralliement. A l’opposé de ceux-ci, un groupe antagonique, la plateforme Wanilo prêche pour la démocratisation du scrutin à travers le slogan : « Un acteur culturel, une voix » ! 

Pour départager les protagonistes, il fallait l’arbitrage du nouveau ministre en charge de la Culture. Et sa réaction n’a pas tardé. Par arrêté N°098/MTC/CTJ/CTC/PCA-FAC/SA, le nouveau ministre en charge de la Culture, Ange N’koué, a abrogé un arrêté antérieur, celui N°082/MCAAT/DC/SGM/CTJ/CTC/PCA-FAC/SA du 1er avril 2016 signé de Paul Hounkpè, son prédécesseur. Ce qui entraîne ipso facto, la mise en veille des élections initialement prévues du 18 au 22 mars. Mais la bataille était loin d’être terminée. Car, si par cet acte, les élections ont été vite oubliées, cela ouvrira néanmoins les vannes à une autre lutte, celle des réformes à opérer au sein des structures sous tutelle du ministère en charge de la Culture et singulièrement le Fonds d’aide à la culture qualifié de vache à lait pour certains acteurs culturels.

Le Fitheb et sa révolution

S’il y a une institution culturelle qui s’est particulièrement illustrée au cours de l’année 2016, c’est bien la direction du Festival international de théâtre du Bénin (Fitheb). Non pas pour avoir tenu le pari de l’organisation de la biennale, mais pour avoir innové au-delà de ce qui est fait jusque-là, en apportant au théâtre béninois, de nouvelles propositions à même de mieux le promouvoir. Cette prouesse, on la doit à l’actuel directeur dudit festival, Erick-Hector Hounkpè. Un homme ‘’providentiel’’ pourrait-on dire, dont la désignation avait été refusée par l’ancien ministre de la Culture, Jean Michel Abimbola, qui avait décidé par arrêté n° 0072/ MCAAT/DC/SGM/CTJ/CTC/DRFM/DRH/SA en date du 24 février 2014 de faire de Ousmane Alédji le directeur intérimaire du festival avec un comité provisoire de supervision de neuf membres. Mais ce n’était que partie remise, puisqu’Erick-Hector Hounkpè sera à nouveau désigné parmi sept autres candidats : Hermas Gbaguidi, Florent Eustache Hessou, Tola Koukoui, Marcel Orou Fico, Osséni Soubérou et l’ancien directeur Pascal Wannou. Puis, à la faveur d’une décision du Conseil des ministres, il a été nommé pour prendre les destinées du plus grand festival de théâtre en Afrique francophone.
Mais c’est beaucoup plus à l’œuvre que le nouveau patron du Fitheb méritera la confiance placée en lui. En plus de l’organisation « réussie de la biennale, le Djonon-xi comme il l’a dénommé lui-même, Erick-Hector Hounkpè a apporté à l’évènement d’autres subsidiaires pour renforcer l’aura du théâtre et pour rapprocher et intéresser davantage le public. Il y a eu en premier le Fitheb migratoire encore appelé « Xwé-xi ». Pendant plusieurs mois et de manière tournante dans plusieurs localités du pays comme Bohicon, Kandi, Dassa, Lokossa, Ouidah, le théâtre associé à d’autres arts de la scène, a égayé les populations, révélé des talents par endroits et confirmé d’autres. En somme, une fête populaire autour du théâtre pour maintenir allumée sa flamme entre deux éditions de la biennale. Cette innovation s’est aussi étendue aux plus jeunes qui ont eu droit au « Fitheb des enfants », une autre innovation de l’actuel directeur.

Les arts plastiques de plus en plus visibles

Les arts plastiques ont été particulièrement sous les feux de la rampe au cours de l’année écoulée. Résidences, créations, expositions, jeu-concours, rencontres, catalogues… les manifestations grandeur nature se sont enchainées durant les 12 mois de l’année. Au devant de cette série de manifestations, la Fédération des associations professionnelles des plasticiens et graphistes du Bénin (Faplag-Bénin). La célébration de la Journée internationale des arts plastiques sur le thème «Arts plastiques et patrimoine endogène pour le développement du tourisme » aura laissé aussi un grand souvenir à plus d’un. Mais il y a surtout eu dans le cadre de la promotion des arts plastiques, l’édition du catalogue Bénin’art. Une initiative de valorisation des arts plastiques et du graphisme organisée avec le soutien du Conseil de l’Entente et des autorités béninoises. En recevant ledit catalogue et le film résumant le déroulement de l’exposition internationale Bénin’art 2015 des mains du président de la Fédération des associations professionnelles des plasticiens et graphistes du Bénin (Faplag-Bénin), Philippe Abayi, le ministre du Tourisme et de la Culture, Ange N’koué, n’a pas caché sa satisfaction. Selon lui, la réalisation de ce projet d’envergure internationale, le respect des engagements pris par les organisateurs et surtout l’utilisation judicieuse des fonds mis à leur disposition constituent des éléments essentiels par lesquels on peut jauger le sérieux qui caractérise le regroupement des plasticiens et graphistes.

Le ballet national aux Folkloriades 2016

Le ministre en charge de la Culture et le Gouvernement ont eu raison d’avoir autorisé le voyage sur le Mexique du Ballet national dans le cadre des Folkloriades 2016. La moisson du côté de Zacatecas, un des trente-deux Etats du Mexique, ville hôte des Folkloriades 2016, a été bonne. Le Bénin s’est adjugé deux distinctions sur son parcours au titre de cette manifestation où il faisait office de seul représentant du continent africain. Le directeur du Ballet national, sous les ovations de ses poulains, a reçu des mains du gouverneur de Zacatecas Miguel Alonso Reyes, « un trophée Toma de Zacatecas ». Une distinction qui se justifie en partie par le caractère authentique et patrimonial des prestations du ballet béninois. Un tableau de reconnaissance avait été décerné aux danseurs du ballet en reconnaissance de la préservation du patrimoine culturel immatériel, par la présidente de la municipalité de Sombrerete au Mexique. L’originalité du tableau artistique de la délégation béninoise a été une grande découverte pour la population de Zacatecas. Apres plusieurs spectacles dans huit villes du Mexique, le ballet national du Bénin a été aussi sollicité pour échanger avec des étudiants de l’université Querétaro sur certains de ses tableaux. Occasion pour le directeur du ballet national, Marcel Zounon de leur fournir des explications sur le contenu historique des danses exécutées. De nombreuses distinctions, des invitations pour des festivals à Porto-Rico, Honduras, Chalco (Mexique)... un partenariat avec le Mexique dans les domaines artistique, culturel, touristique et agricole, des Mexicains impatients de visiter le Bénin pour mieux s’imprégner de sa culture et contempler ses sites touristiques. Ce sont, entre entres, les retombées de cette tournée effectuée par le ballet national au Mexique.

Thibaut a du talent !

On ne peut pas faire le bilan culturel de l’année finissante au Bénin sans évoquer le nom de Thibaut Adotanou. Thibaut Le Magicien, comme on l’appelle, a porté très loin les couleurs béninoises au cours de l’émission « L’Afrique a un incroyable talent » qui mettait aux prises de jeunes talents culturels du continent. Seul Béninois en lice dans les phases finales, le jeune magicien a fait montre d’un talent extraordinaire en se hissant en demi-finale de cette compétition dans laquelle concurrents et membres du jury ne faisaient aucun cadeau aux participants. Mais le rêve de Thibaut de pousser le Bénin en finale de la compétition s’est heurté à la détermination d’un challenger qui ne lui a fait la moindre concession. Toujours est-il que le magicien s’en est bien sorti en occupant au bout du rouleau la troisième place de la compétition?

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