Dans le cadre de ses actions pour accélérer la mise en œuvre de l’Accord de la Zone de libre-échange continentale africaine, le Groupe de la Banque africaine de développement (Bad) accompagne l’Union africaine pour la mise en place de son secrétariat. C’est à travers un accord de subvention de 4,8 millions de dollars signé par les deux institutions, selon un communiqué de la Bad.

Véritable levier de la transformation économique du continent africain et de ses 55 pays, la Zone de libre-échange continentale africaine (Zleca) commence par intéresser les institutions de financement du développement. L’Union africaine vient de recevoir un appui du Groupe de la Banque africaine de développement (Bad). A travers une subvention de 4,8 millions de dollars, la banque s’inscrit dans la logique de l’accélération de la mise en place du secrétariat permanent de l’Organisation continentale.
Selon un communiqué de la Bad, l’accord de subvention, approuvé par le Conseil d’administration de la banque, le 1er avril dernier, entre dans le cadre des actions menées par l’institution pour accélérer la mise en œuvre de l’Accord de libre-échange. C’est le commissaire au commerce et à l’industrie de l’Union africaine, Albert Muchanga et Andoh O. Mensah, représentant le directeur du Département du développement de l’industrie et du commerce de la Banque, qui ont signé l’accord de subvention, donnant ainsi le coup d’envoi de la mise en œuvre du projet.
Pour Albert Muchanga, « La Zone de libre-échange continentale va fonctionner, et d’ici le 1er juillet prochain, les 55 pays auront signé et ratifié l’accord pour ainsi marquer le démarrage du processus intra-africain». Il a exhorté, selon le communiqué, les pays à tirer parti de cette période pour conclure les travaux parlementaires.
Albert Muchanga a salué le soutien ferme et constant de la Bad dans le processus de mise en œuvre de l’Accord, indiquant que la subvention serait utilisée judicieusement pour accompagner les protocoles relatifs à la structure et au mandat du secrétariat de la Zleca.
Pour le représentant du directeur du Département du développement de l’industrie et du commerce de la Bad Andoh O. Mensah, l’accord contribuera à stabiliser les pays africains. Il permettra, ajoute-t-il, aux petites et moyennes entreprises de prospérer, puis d’accélérer le processus d’industrialisation du continent et ainsi de sortir des millions de personnes de la pauvreté. «Si la Zleca s’accompagne de réformes de facilitation du commerce, d’une réduction des barrières non tarifaires, d’infrastructures améliorées et de mesures politiques visant à encourager l’emploi et les investissements du secteur privé, elle favorisera la réduction de la pauvreté et le développement socioéconomique sur tout le continent», a-t-il déclaré. Pour lui, les objectifs de la Zleca sont en droite ligne avec les cinq priorités de la Bad.

54 Etats ont signé

Pour rappel, les dirigeants africains réunis début juillet dernier à Niamey, au Niger, avaient lancé la phase de mise en œuvre de l’accord de libre-échange conclu en mars 2018. Le communiqué de la Bad indique qu’à l’heure actuelle, 54 Etats ont signé l’accord et sont sur le point d’entamer des négociations officielles avant la mise en œuvre effective, prévue pour juillet 2020.
Après le lancement de la phase de mise en œuvre de la zone de libre-échange, l’Union africaine dispose actuellement d’un secrétariat provisoire, dont la mission est de préparer la structure organisationnelle de l’organe administratif permanent et son programme de travail. Ce secrétariat provisoire doit s’occuper également de questions connexes, notamment celles relatives au budget. Lors du sommet de Niamey, il a été annoncé que le secrétariat de Zleca élirait domicile à Accra, au Ghana.
Selon le communiqué de la Bad, l’accord de libre-échange continental, réunissant 55 pays africains dont le Produit intérieur brut (Pib) total dépasse 2?500 milliards de dollars, pourrait aider le continent à créer la plus grande zone de libre-échange au monde. « C’est un atout puissant d’intégration qui peut relever le niveau du commerce intra-africain, estimé actuellement à environ 16 % », précise le communiqué.
L’accord commercial devrait permettre d’augmenter les échanges intra-africains jusqu’à 35 milliards de dollars par an, faciliter la circulation des biens, des services et des personnes sur tout le continent et réduire les importations de 10 milliards de dollars, tout en stimulant les exportations agricoles et industrielles, respectivement de 7 % et 5 %.

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