Christine Lagarde quitte ses fonctions de directrice générale du Fonds monétaire international (Fmi) pour prendre, dès fin octobre prochain, les rênes de la Banque centrale européenne (Bce). En attendant que sa nomination soit entérinée par les eurodéputés, elle a choisi de partir de Washington pour Francfort-sur-le-Main en Allemagne pour succéder à Mario Draghi. Avocate de profession et ancienne ministre de l’Economie et des Finances de la France, elle a été proposée à la faveur des dernières nominations au sein des institutions européennes, soutenue par le président Emmanuel Macron.

Agée de 63 ans, à défaut d’être économiste, celle qui aura passé huit années à la tête de l’institution de Bretton Woods, s’est tapée le long de son mandat une réputation de diplomate et a fait preuve de grande écoute et de dialogue non seulement avec les autorités à travers des conseils stratégiques, l’assistance technique et financière pour améliorer les politiques et institutions économiques, mais aussi avec les différents acteurs du secteur économique et social.
La directrice générale du Fmi s’est particulièrement tournée vers l’Afrique où elle a effectué plusieurs visites. A preuve, en 2017, elle s’y est rendue deux fois, notamment au Bénin, en Centrafrique, en Ouganda, tentant de redorer le blason du Fmi qui reste, malgré le changement de paradigmes de ces dernières années, une institution « rigide » aux yeux des Africains qui ont encore en mémoire les fameux programmes d’ajustement structurel (Pas). « Nous avons adapté notre manière de penser, ainsi que nos politiques ; nous ne sommes plus ‘’le Fmi de grand-papa’’», a confié Mme Lagarde. Elle a accordé une place importante aux « filets de protection sociale » pour les populations les plus vulnérables et aux secteurs de l’éducation et de la santé. A l’en croire, l'Afrique subsaharienne reçoit environ 40 % de l'assistance technique du Fmi. Six centres régionaux d'assistance technique de l’institution desservent l'Afrique et aident les pays à renforcer leur gouvernance : la gestion des dépenses publiques, la mobilisation des recettes, ainsi que les politiques monétaires et de taux de change.
Christine Lagarde avait pris la tête du Fmi en 2011 après son compatriote Dominique Strauss-Kahn. Son successeur sera connu incessamment.

Claude Urbain PLAGBETO

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